Les Assises inter-haïtiennes contestent la légitimité du mandat d’Alix Didier Fils-Aimé après le 7 juin 2026

Les Assises inter-haïtiennes estiment que le mandat intérimaire d’Alix Didier Fils-Aimé prendra fin le 7 juin 2026 selon la Constitution.
Les Assises de suivi du dialogue inter-haïtien ont publié, le 20 mai 2026 à Port-au-Prince, un communiqué affirmant que le mandat intérimaire exercé par Alix Didier Fils-Aimé arrivera légalement à échéance le 7 juin 2026.
Dans ce document, les Assises soutiennent que cette date constitue un “jalon juridique majeur” dans le processus de rétablissement de l’ordre constitutionnel en Haïti. Elles appellent également à une solution haïtienne souveraine, tout en saluant les bons offices de CARICOM.
Selon le communiqué, les Assises rappellent que depuis le décret du 7 février 2026, Alix Didier Fils-Aimé exercerait un “mandat de fait” sans fondement constitutionnel clair concernant l’intérim de l’Exécutif.
Les responsables du dialogue inter-haïtien s’appuient notamment sur l’article 149 de la Constitution haïtienne, qui fixe à 120 jours la durée maximale d’un mandat intérimaire.
Dans cette logique, les Assises inter-haïtiennes considèrent que le 7 juin 2026 marque automatiquement la fin légale de cette période transitoire, indépendamment des décisions prises par les autorités actuelles.
Le communiqué souligne également que les Assises travaillent à la mise en place d’un exécutif bicéphale conforme à la Constitution de 1987 amendée.
Cette position intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et institutionnelles, alors que plusieurs secteurs réclament une transition plus inclusive et davantage de consensus national.
Les Assises inter-haïtiennes disent avoir multiplié les consultations avec des acteurs politiques, universitaires, économiques, communautaires ainsi qu’avec la diaspora haïtienne afin de proposer une sortie durable à la crise.
Au-delà du débat constitutionnel, les Assises affirment vouloir restaurer la sécurité publique, renforcer la légitimité des institutions et organiser des élections crédibles.
Le document insiste aussi sur la nécessité de reconstruire la confiance entre les différents acteurs nationaux, dans un pays confronté à une crise sécuritaire, institutionnelle et sociale persistante.
Les signataires du communiqué estiment qu’une solution durable doit respecter à la fois la souveraineté nationale et les principes de légalité constitutionnelle.
Les Assises saluent la mobilisation croissante des partis politiques, des organisations de la société civile, des secteurs professionnels et de la diaspora.
Elles invitent également la CARICOM et les partenaires internationaux à poursuivre leurs efforts diplomatiques afin d’accompagner une solution “véritablement haïtienne, inclusive et durable”.
Le communiqué a été signé notamment par Émile Brutus, Alexandre Jh. Dieunor et Delson Cius.
À quelques semaines du 7 juin 2026, la question de la légitimité du pouvoir exécutif pourrait devenir un nouveau point de tension dans une crise déjà marquée par l’instabilité politique et les défis sécuritaires majeurs.


