Journée internationale de la Jeunesse : la CTSP mise sur la formation pour renforcer l’autonomie des jeunes
À l’occasion de la Journée internationale de la Jeunesse, la Confédération des Travailleurs-euses des Secteurs Public et Privé a réuni une centaine de jeunes autour de leur rôle dans la transformation sociale et économique d’Haïti.
Par : Wilgins VALESCOT
Delmas, 12 août 2026.- La Confédération des Travailleurs et Travailleuses des Secteurs Public et Privé (CTSP) a célébré ce mercredi 12 août la Journée internationale de la Jeunesse en organisant un atelier de réflexion axé sur la formation, l’autonomisation et la participation des jeunes à la transformation de la société haïtienne.
L’événement a rassemblé une cinquantaine de jeunes travailleurs affiliés aux syndicats de base de la CTSP, autour du thème : « L’émergence sociale des jeunes par la formation : un levier de transformation et d’autonomisation ».
Plusieurs intervenants se sont exprimés lors de cette activité, parmi lesquels le président de la CTSP, Jean Bonald Golinsky FATAL, l’ancien ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique, Edwin Charles, ainsi que la jeune participante, Natalie Désire, et le secrétaire général, Yvel Admettre, qui a exposé les initiatives de formation envisagées par la CTSP.
Au cours de son intervention, le président de la CTSP, Jean Bonald Golinsky FATAL, a mis en exergue l’importance de rassembler les jeunes afin qu’ils réfléchissent à leur avenir ainsi qu’à celui de leur pays.
Il a également tenu à saluer la présence de l’ancien ministre Edwin Charles, qui a participé aux échanges à l’occasion de cette Journée internationale de la Jeunesse.
Pour le dirigeant syndical, cette journée représente une opportunité de réfléchir aux aspirations de la jeunesse dans un contexte national particulièrement complexe.
« Les jeunes constituent l’avenir du pays », a-t-il souligné, en appelant à une meilleure compréhension de leurs attentes et des défis auxquels ils font face.
Jean Bonald Golinsky FATAL considère que la CTSP doit jouer un rôle d’accompagnement auprès des jeunes dans leur démarche de réflexion et veiller à ce que leurs revendications soient entendues.
Il a également mis en exergue l’importance d’une participation accrue des jeunes aux décisions relatives à leur avenir.
Ancien ministre des Sports et de l’Action civique, Edwin Charles a également pris part aux échanges.
Dans son intervention, il a souligné que les Nations Unies ont désigné le 12 août comme la Journée internationale de la Jeunesse, une date qui, selon lui, devrait sensibiliser les autorités et l’ensemble de la société haïtienne.
Il a mentionné que 54 % de la population est constituée de jeunes de moins de 25 ans, estimant que cette réalité constitue un potentiel considérable pour le développement du pays.
« Les jeunes constituent un atout majeur pour la progression de cette nation », a-t-il précisé.
Selon l’ancien ministre, cette réalité démographique pourrait générer un véritable dividende démographique, à condition que la jeunesse reçoive l’accompagnement approprié. Edwin Charles souligne cependant que les jeunes demeurent insuffisamment impliqués dans les processus de décision publique.
Il appelle ainsi à une mobilisation qui ne se limite pas à l’État. Selon lui, le secteur privé, les organisations de la société civile, les institutions religieuses et l’ensemble des composantes de la société ont également un rôle à jouer dans l’accompagnement de la jeunesse.
Parmi les intervenantes de l’activité, Natalie Désire a partagé un témoignage mettant en lumière les défis quotidiens auxquels font face de nombreux jeunes Haïtiens.
Elle a exprimé sa satisfaction de prendre part à cette Journée internationale de la Jeunesse organisée par la CTSP, tout en soulignant les nombreuses limitations auxquelles la jeunesse doit faire face.
« En tant que jeune, je souhaite que mon pays connaisse un changement positif », a-t-elle affirmé.
Natalie Désire a souligné les défis auxquels sont confrontés les jeunes entrepreneurs. Elle a indiqué que, bien que certains jeunes possèdent des projets innovants et des compétences prometteuses, ils rencontrent souvent des obstacles à leur réalisation, en raison de l’insécurité, des déplacements fréquents et des difficultés économiques.
Elle considère que les jeunes nécessitent un accompagnement accru de la part de l’État et des professionnels pour pouvoir développer pleinement leurs initiatives.
La jeune participante a également souligné un autre problème : la stigmatisation des jeunes résidant dans les quartiers affectés par la violence des gangs. Elle en appelle aux autorités et à la société pour qu’ils évitent de faire une assimilation automatique entre les jeunes de ces zones et les groupes armés.
Selon elle, de nombreux jeunes résidant dans ces zones ne participent pas aux activités criminelles et nécessitent également un soutien.
« Il est essentiel de ne pas stigmatiser en considérant que tous les jeunes vivant dans les ghettos sont des délinquants », a-t-elle souligné.
Natalie Désire appelle en particulier à renforcer l’accès à la formation, à l’éducation et aux opportunités économiques pour les jeunes issus des quartiers défavorisés.
Yvel Admettre, secrétaire général de la CTSP, a présenté les initiatives de formation que l’organisation prévoit de déployer dans les semaines à venir.
Il a souligné que l’événement du 12 août ne se limite pas à la célébration de la Journée internationale de la Jeunesse, mais constitue également le point de départ d’une série de programmes de formation destinés à une centaine de jeunes.
Il a expliqué que les participants bénéficieront d’un accompagnement logistique de la CTSP, ainsi que du soutien de l’Organisation internationale du Travail (OIT), qui vise notamment à financer les formations.
« Les jeunes ne seront pas tenus de payer pour ces formations. Elles seront entièrement gratuites pour les participants », a-t-il souligné.
Yvel Admettre affirme que la CTSP s’efforce également de renforcer ses partenariats dans le but d’accroître le nombre de jeunes pouvant bénéficier de ces programmes. Il souligne que certaines formations précédemment organisées ont déjà permis à des jeunes de développer des activités entrepreneuriales.
Pour lui, la formation constitue un moyen concret de lutter contre la délinquance juvénile, la misère et la pauvreté.
Yvel Admettre a également annoncé que la CTSP souhaite enrichir ses programmes en intégrant un plus grand nombre de formations technologiques.
Selon lui, la maîtrise des nouvelles technologies est devenue essentielle pour permettre aux jeunes de développer de nouvelles compétences et de mieux s’insérer dans la société.
Il est important de noter que la CTSP a l’intention de continuer à rechercher des partenaires susceptibles de contribuer au financement de ces programmes.
Il mentionne en particulier le soutien apporté par l’OIT, ainsi que celui d’une organisation syndicale belge collaborant avec la CTSP.
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