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Insécurité, hausse de l’IRI et élections : la CTSP appelle à une réponse urgente face à la crise

La Confédération des Travailleurs-euses des Secteurs Public et Privé (CTSP) dénonce la dégradation de la situation sécuritaire, s’oppose à la hausse annoncée de l’Impôt sur le Revenu Individuel et met en garde contre l’organisation d’élections sans garanties suffisantes de sécurité.

La crise sécuritaire, la pression fiscale sur les travailleurs et les incertitudes autour du processus électoral étaient au cœur de la conférence de presse organisée ce mardi 1er septembre 2026 par la Confédération des Travailleurs-euses des Secteurs Public et Privé (CTSP), à Delmas.

Face aux travailleurs de la presse, les responsables de la confédération ont dressé un constat particulièrement préoccupant de la situation du pays. Ils ont notamment appelé les autorités à revoir leurs priorités et à engager un dialogue plus large avec les différents secteurs de la société.

Pour Yvel Admettre, la hausse annoncée de l’Impôt sur le Revenu Individuel (IRI) constitue une nouvelle pression sur les travailleurs, alors que le pouvoir d’achat continue de se dégrader.

Le responsable syndical affirme que le taux de l’impôt devrait passer de 10 % à 15 % à compter du 1er octobre. Il estime que cette décision intervient alors que les travailleurs, notamment dans la fonction publique, attendent toujours des augmentations ou des ajustements salariaux significatifs.

Selon lui, l’État devrait plutôt chercher des solutions permettant de faire contribuer davantage les secteurs disposant de revenus plus importants, au lieu d’alourdir la charge fiscale des salariés du secteur public et du secteur privé.

Yvel Admettre considère cette orientation comme révélatrice d’un manque de sensibilité sociale des autorités face aux difficultés quotidiennes de la population.

La CTSP s’inquiète également des conditions dans lesquelles doit se dérouler la rentrée scolaire 2026-2027.

Yvel Admettre estime que la situation sécuritaire rend la reprise des classes encore plus difficile pour les familles. Il déplore notamment l’absence, selon lui, de mesures d’accompagnement suffisamment visibles de la part des autorités pour répondre aux difficultés auxquelles sont confrontés les parents et les établissements scolaires.

À ses yeux, la question de la rentrée ne peut être séparée des problèmes d’infrastructures, de transport, d’assainissement et surtout de sécurité.

La crise économique et sociale touche également l’emploi. Le dirigeant syndical évoque notamment la situation du secteur textile, affirmant que le nombre d’emplois serait passé d’environ 60 000 à moins de 22 000.

Pour lui, cette contraction du marché du travail participe au désespoir d’une partie de la jeunesse et crée un terrain favorable au recrutement de jeunes par les groupes armés.

La question électorale occupe également une place importante dans le discours de Yvel Admettre.

Le syndicaliste s’interroge sur la capacité du pays à organiser des élections crédibles dans un contexte où une partie de la population vit sous la menace des groupes armés et où les déplacements demeurent difficiles.

Il pose notamment la question des conditions dans lesquelles les électeurs pourraient se rendre aux urnes et exercer leur droit de vote.

Pour la CTSP, une élection ne peut être considérée comme une solution à la crise si elle risque, au contraire, d’aggraver les tensions existantes.

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Yvel Admettre appelle ainsi à un dialogue entre les différentes forces vives du pays afin de déterminer une formule permettant de sortir Haïti de la crise et de reconstruire des institutions capables de répondre aux besoins de la population.

Pierre Michel Félix a, de son côté, concentré son intervention sur les conséquences de l’insécurité et sur la nécessité de mettre en place des réponses rapides, notamment en ce qui concerne le processus électoral.

Il estime que des moyens techniques et technologiques doivent être mobilisés afin de permettre aux autorités de prendre rapidement les décisions nécessaires sur la question des élections.

Mais pour le responsable de la CTSP, le problème dépasse largement la seule organisation du scrutin.

Il dénonce une situation dans laquelle l’insécurité pèse directement sur l’économie nationale et sur les conditions de vie de la population. Le transport, l’acheminement des marchandises par voie maritime et aérienne ainsi que différentes activités économiques seraient devenus particulièrement difficiles dans plusieurs zones du pays.

Selon Pierre Michel Félix, cette situation contribue à concentrer davantage les richesses entre les mains d’un nombre limité d’acteurs, tandis qu’une grande partie de la population continue de subir les conséquences de la crise.

Pierre Michel Félix souligne également que, malgré les annonces relatives au renforcement des forces de sécurité et à l’arrivée de nouveaux moyens matériels, l’insécurité continue de provoquer des violences dans plusieurs régions.

La CTSP dénonce notamment les massacres, les incendies de maisons et les déplacements de populations.

Pour le syndicaliste, le retour à la sécurité constitue une condition préalable à toute véritable politique de développement. Une population contrainte de fuir son quartier ou incapable de circuler normalement ne peut, selon lui, participer pleinement à la relance économique du pays.

La confédération réclame donc des mesures concrètes pour mettre fin aux violences et permettre aux citoyens de retrouver des conditions de vie normales.

Au-delà des critiques adressées aux autorités, les deux responsables syndicaux défendent la nécessité d’une démarche collective.

Yvel Admettre appelle à une mobilisation des forces sociales et progressistes afin de proposer une autre direction au pays. Pierre Michel Félix insiste, lui aussi, sur la nécessité de décisions rapides et adaptées à l’ampleur de la crise.

Pour la CTSP, la sortie de crise ne peut pas reposer uniquement sur les autorités publiques. Elle doit également impliquer les organisations syndicales, les acteurs sociaux, les organisations politiques et les autres secteurs de la société.

La confédération estime enfin que les choix qui seront faits dans les prochains mois auront des conséquences importantes sur la sécurité, l’emploi, le pouvoir d’achat, l’éducation et l’avenir institutionnel du pays.

Dans ce sens, elle appelle à une réflexion collective sur les conditions nécessaires pour rétablir la sécurité, protéger les travailleurs et créer les bases d’une stabilité durable en Haïti.

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