Insécurité et élections : l’Accord de Montana interpelle le BINUH et le gouvernement

L’Accord de Montana critique les déclarations du BINUH et du gouvernement haïtien sur la tenue d’élections malgré l’insécurité, évoquant une contradiction avec la réalité du terrain.
L’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana accuse le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et le gouvernement haïtien de minimiser la crise sécuritaire afin de justifier la tenue d’élections. Dans un communiqué publié le 22 juillet 2026, elle estime que ces prises de position sont en contradiction avec les rapports officiels des Nations Unies et la situation sur le terrain.
Le Comité de pilotage de l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana a publié, mercredi 22 juillet 2026, un communiqué dénonçant les déclarations du Représentant spécial du BINUH lors de la 10198ᵉ séance du Conseil de sécurité des Nations Unies, tenue le 20 juillet. Selon cette organisation, affirmer que l’insécurité ne constitue pas un obstacle à l’organisation d’élections est incompatible avec la réalité vécue par la population haïtienne.
Dans son communiqué, l’Accord de Montana critique également les déclarations de la ministre des Affaires étrangères, qui a évoqué une amélioration significative de la situation sécuritaire en Haïti.
Selon les signataires, ces déclarations constituent leur appréciation de la situation et ne reflètent pas, selon eux, les conditions actuelles du pays. Ils estiment qu’elles portent atteinte à la mémoire des victimes de la violence armée, aux personnes déplacées internes ainsi qu’aux Haïtiens ayant quitté le pays.
Le mouvement affirme que le BINUH et le gouvernement privilégient, selon lui, un discours politique favorable à l’organisation rapide d’élections plutôt qu’une lecture fidèle de la réalité sécuritaire.
Pour étayer son argumentation, l’Accord de Montana cite le rapport du Secrétaire général des Nations Unies publié le 14 avril 2026 (S/2026/325), qui décrit une aggravation des violences des groupes armés, l’extension de leur contrôle territorial, les déplacements massifs de populations et les difficultés persistantes des forces de sécurité à reprendre le contrôle de plusieurs zones.
Le communiqué souligne également ce qu’il présente comme une contradiction entre ce rapport et les récentes déclarations du Représentant spécial du BINUH devant le Conseil de sécurité.
L’organisation s’appuie en outre sur les déclarations de l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies, Mike Waltz, qui a évoqué devant le Conseil de sécurité un bilan de plus de 1,5 million de personnes déplacées, plus de 2 300 morts et 1 100 blessés depuis le début de l’année 2026. Selon les chiffres cités dans le communiqué, environ 70 % de la région métropolitaine de Port-au-Prince resterait sous le contrôle ou l’influence de groupes armés.


