Carburant de mauvaise qualité : la Table Alternative annonce un accompagnement juridique pour les consommateurs
Carburant de mauvaise qualité : la Table Alternative annonce un accompagnement juridique pour les consommateurs
Port-au-Prince, 20 septembre 2026.- La Table Alternative et ses alliés durcissent le ton à l’égard des autorités haïtiennes. Dans une note de presse, le regroupement politique dénonce ce qu’il qualifie d’« irresponsabilité de l’État » face à la dégradation des conditions de vie de la population et met particulièrement en cause le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), dirigé par James Monazard, sur la question de la qualité du carburant vendu sur le marché national.
Selon la Table Alternative, la situation affecterait directement les consommateurs, notamment les automobilistes qui auraient subi des dommages après avoir acheté du carburant présenté comme étant de mauvaise qualité.
Le regroupement annonce, en conséquence, la mise à disposition gratuite d’un cabinet d’avocats pour accompagner les consommateurs qui s’estiment victimes. Il affirme vouloir engager des démarches judiciaires et civiles visant notamment le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard.
Cette prise de position intervient alors que les préoccupations concernant la qualité des produits pétroliers se sont intensifiées ces derniers jours en Haïti. Des chauffeurs, des syndicalistes et des professionnels de la mécanique ont notamment rapporté des problèmes attribués à du carburant suspect, selon des informations publiées dans la presse haïtienne.
Face à ces plaintes, le ministère du Commerce et de l’Industrie a lancé des opérations de contrôle. Le 18 septembre, une dizaine d’inspecteurs ont été mobilisés dans plusieurs stations-service de la région métropolitaine de Port-au-Prince afin de vérifier la conformité des produits pétroliers. Des échantillons ont été prélevés pour être soumis à des analyses en laboratoire.
Le MCI a également mis en place un dispositif permettant aux automobilistes estimant avoir subi des dommages de déposer une plainte en précisant notamment la station concernée, son adresse, la date du ravitaillement et les problèmes constatés sur leur véhicule. Des reçus et autres éléments de preuve peuvent être joints aux dossiers.
Le Conseil consultatif de suivi du marché pétrolier (CCSMP) a, de son côté, demandé au ministère du Commerce et de l’Industrie de lui transmettre les certificats de contrôle de qualité et d’analyse concernant des échantillons de carburant stockés au terminal de Varreux. Le Conseil a également sollicité de nouvelles analyses afin de vérifier la conformité réelle des produits commercialisés.
Ces démarches interviennent dans un contexte où le prix des produits pétroliers demeure également un sujet sensible. Depuis le 10 août 2026, les prix officiels à la pompe sont fixés à 700 gourdes pour la gazoline, 770 gourdes pour le gasoil et 765 gourdes pour le kérosène, selon l’avis conjoint du ministère de l’Économie et des Finances et du ministère du Commerce et de l’Industrie.
Pour la Table Alternative et ses alliés, la question du carburant s’inscrit dans une problématique plus large de gouvernance et de protection des consommateurs. Le regroupement, dirigé au niveau national par Me Valéry Dutreil Jacques, a multiplié ces dernières semaines les prises de position sur la situation politique, économique et sécuritaire du pays.
Dans sa note, la structure réaffirme ainsi sa volonté de poursuivre ce qu’elle présente comme une « bataille pour une nouvelle Haïti ».
La mise à disposition annoncée d’un cabinet d’avocats pourrait désormais ouvrir un nouveau front dans la controverse autour de la qualité des carburants. Les résultats des analyses effectuées par les autorités et les éventuelles démarches judiciaires permettront notamment d’établir, sur la base d’éléments techniques et juridiques, l’étendue des dommages allégués et les responsabilités qui pourraient être engagées.


