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Insécurité

Massacre de Kenscoff : deux rapports auraient alerté la hiérarchie policière avant l’attaque

Pierre Espérance affirme que des alertes avaient été signalées avant l’attaque de Kenscoff et appelle à établir clairement les responsabilités.

Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), déclare que le massacre survenu dans la commune de Kenscoff, durant la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août 2026, aurait pu être évité.

Lors d’une interview accordée à RÉALITÉ INFO ce mercredi 2 septembre 2026 à Port-au-Prince, il soutient que les autorités avaient été informées de la situation sécuritaire préoccupante dans la commune avant l’attaque.

Selon Pierre Espérance, le responsable du commissariat de Kenscoff avait notamment alerté sa hiérarchie sur l’existence de menaces visant la ville.

Le responsable du RNDDH affirme avoir pris connaissance de deux rapports transmis par le responsable du commissariat de Kenscoff au directeur départemental de l’Ouest de la Police nationale d’Haïti.

Le premier rapport, qui daterait de la fin du mois de juillet, aurait présenté la situation sécuritaire dans la commune. Le second, daté du 17 août 2026, aurait alerté sur une diminution importante des effectifs des unités spécialisées chargées de sécuriser Kenscoff.

Pierre Espérance évoque également la présence, à proximité du commissariat, d’un véhicule blindé de la BRI positionné dans une zone stratégique. Selon son témoignage, le responsable du commissariat aurait averti que le retrait ou le non-remplacement de ce véhicule pouvait exposer la ville à une attaque.

Pour le directeur exécutif du RNDDH, ces éléments soulèvent une question centrale : pourquoi les mesures nécessaires n’ont-elles pas été prises alors que des alertes existaient ?

Pierre Espérance affirme également que plusieurs informations faisaient état de la présence de groupes armés dans la ville plusieurs jours avant l’attaque.

Il estime que les responsabilités ne doivent toutefois pas être recherchées uniquement du côté du policier responsable du commissariat. D’après lui, cet inspecteur avait, au contraire, rempli son devoir en transmettant des informations à ses supérieurs.

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Le numéro 1 du RNDDH dénonce par ailleurs ce qu’il décrit comme une campagne visant à discréditer cet inspecteur. Il affirme que certaines personnes impliquées ou soupçonnées de l’être dans les événements pourraient, selon les résultats de l’enquête, ne pas avoir été inquiétées.

Le directeur exécutif annonce que son organisation entend poursuivre ses investigations afin de comprendre le comportement des autorités avant, pendant et après l’attaque.

L’attention du RNDDH devrait notamment porter sur les autorités locales, les responsables policiers ainsi que les brigades présentes dans la zone et encadrées par les autorités centrales.

Il évoque également des interrogations autour de certaines décisions prises au niveau de la hiérarchie policière, tout en indiquant que son organisation entend rester prudente avant de tirer des conclusions définitives.

« Nous allons enquêter », laisse entendre le responsable du RNDDH, qui affirme disposer d’informations supplémentaires mais refuse, à ce stade, de tout dévoiler.

Au-delà du bilan humain du massacre à Kenscoff, une question domine désormais les interrogations : les autorités disposaient-elles suffisamment d’informations pour empêcher ou limiter l’attaque ?

Si les rapports évoqués par Pierre Espérance sont authentifiés et si leur contenu confirme l’existence d’alertes précises avant le 24 août, la question de la réaction des autorités pourrait devenir un élément majeur de l’enquête.

Le RNDDH affirme vouloir documenter les faits, établir les responsabilités éventuelles et surtout défendre les victimes. Pierre Espérance insiste sur la nécessité d’apporter une attention particulière aux personnes tuées ou blessées, aux familles des victimes et aux habitants dont les maisons ont été attaquées.

Pour l’heure, les interrogations restent nombreuses. L’enquête devra déterminer ce qui a été signalé, ce qui a été décidé et pourquoi certaines mesures de protection n’auraient pas été prises à temps.

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