Le RHAJAC exige la démission d’Alix Didier Fils-Aimé après de nouvelles révélations sur des contrats controversés

Le RHAJAC exige la démission d’Alix Didier Fils-Aimé après de nouvelles révélations sur des contrats controversés
Port-au-Prince, 7 mars 2026.- Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) réclame la démission immédiate du Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé, estimant que son maintien au pouvoir constitue une menace pour la souveraineté nationale et la stabilité institutionnelle d’Haïti.
Dans un communiqué publié samedi, le réseau de journalistes affirme que le chef du gouvernement ne dispose plus de la crédibilité nécessaire pour rétablir la sécurité et organiser les prochaines élections, alors que de nouveaux scandales liés à des contrats jugés opaques continuent d’émerger.

Le RHAJAC rappelle avoir dénoncé à plusieurs reprises l’attribution de plusieurs milliards de gourdes à des proches du pouvoir sous forme de subventions et de contrats accordés à des firmes internationales. Selon l’organisation, ces accords auraient été conclus dans des conditions susceptibles de porter atteinte à la souveraineté de l’État haïtien.
Ces préoccupations ont été renforcées par des révélations publiées le 5 mars 2026 par la Fondasyon Je Klere (FJKL), qui évoquent l’existence de contrats qualifiés de léonins impliquant plusieurs milliards de dollars. Selon ces informations, certaines fonctions régaliennes de l’État, notamment dans les domaines de la sécurité, des prisons, des douanes et du contrôle des frontières, auraient été confiées à des entreprises privées étrangères.
Pour le RHAJAC, cette situation illustre « l’incapacité manifeste » du Premier ministre à assumer les responsabilités fondamentales de l’État. L’organisation déplore notamment que des missions stratégiques soient externalisées alors que des millions de jeunes haïtiens restent confrontés au chômage.
Le réseau rappelle également que Alix Didier Fils-Aimé avait été candidat au Sénat lors des élections de 2015 dans le département de l’Ouest sous la bannière du parti Vérité, aux côtés du professeur Jacky Lumarque. Ce dernier avait été écarté de la course présidentielle par le Conseil électoral provisoire (CEP) en juin 2015 pour absence de décharge dans sa gestion du Groupe de travail sur l’éducation et la formation (GTEF).
Le RHAJAC évoque dans ce contexte un possible conflit d’intérêts, rappelant que trois subventions de 50 millions de gourdes chacune, soit un total de 150 millions de gourdes (plus d’un million de dollars américains), auraient été accordées à Jacky Lumarque.
Face à l’ampleur des accusations et à l’accumulation de décisions jugées contraires aux intérêts nationaux, le réseau estime que la démission du Premier ministre ouvrirait la voie à des enquêtes indépendantes, notamment par l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), afin de faire toute la lumière sur ces contrats et les motivations de leurs signataires.
« Il n’est jamais trop tôt pour dire non afin de prévenir le pire », souligne le communiqué.
Rédaction : RÉALITÉ INFO
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