Marjorie Michel s’inscrit sur la liste électorale et appelle à des élections dans des conditions acceptables

L’ancienne ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Marjorie Michel, s’est inscrite ce lundi 17 août 2026 sur la liste électorale, accompagnée de plusieurs membres de son organisation. À cette occasion, elle a appelé les citoyens haïtiens à mettre à jour leur inscription, tout en plaidant pour la création de conditions sécuritaires et logistiques permettant la tenue d’élections crédibles.

Pour Marjorie Michel, cette démarche constitue avant tout un devoir citoyen. Elle estime que l’actualisation de la liste électorale est devenue indispensable après près d’une décennie sans élections générales, période durant laquelle la population haïtienne a profondément évolué.
« Aujourd’hui, je viens remplir un de mes devoirs de citoyenne », a-t-elle déclaré, invitant les Haïtiens à s’inscrire ou à actualiser leurs informations électorales dans la zone où ils résident actuellement.
L’ancienne ministre a notamment évoqué les déplacements massifs de population enregistrés au cours des dernières années, qu’ils soient internes ou vers l’étranger. Elle a également souligné que des citoyens ont changé de lieu de résidence ou sont décédés depuis l’établissement des listes électorales précédentes.

Selon elle, cette situation rend nécessaire un travail d’actualisation et d’épuration de la liste électorale afin de mieux refléter la réalité démographique du pays.
Marjorie Michel a appelé les citoyens disposant d’une carte d’identification nationale à se rendre dans les bureaux d’inscription afin de mettre à jour leurs informations électorales.
Elle insiste sur le fait que cette démarche ne doit pas être perçue comme un soutien à un candidat ou à un parti politique.

« Il faut s’inscrire non pas pour X ou Y, mais en tant que citoyen », a-t-elle expliqué, estimant que chaque électeur doit pouvoir disposer des moyens nécessaires pour effectuer un choix libre et éclairé au moment du scrutin.
L’ancienne ministre a également mis en garde contre l’achat de votes. Elle encourage les électeurs à ne pas céder à des sommes d’argent proposées en échange de leur voix et à privilégier des choix fondés sur leur appréciation de la situation du pays.
Marjorie Michel a salué le lancement du processus d’inscription et a donné un coup de chapeau au Conseil électoral ainsi qu’à l’État et au gouvernement pour avoir engagé cette démarche.
Mais elle estime que l’organisation des élections ne pourra être crédible sans une amélioration significative de la situation sécuritaire.
Elle demande notamment aux autorités, aux forces de sécurité et à la Police nationale d’Haïti de créer un environnement permettant aux candidats de circuler, de rencontrer les électeurs et de mener leurs campagnes à travers le pays.
« Nous disons oui aux élections, mais nous disons oui à des conditions acceptables pour aller aux élections », a-t-elle insisté.
La responsable politique a également évoqué les difficultés logistiques liées à l’état des routes et aux zones difficiles d’accès. Selon elle, l’organisation d’un scrutin national nécessite de pouvoir transporter les candidats, le matériel électoral et les ressources nécessaires vers les différentes communes et sections communales.
Elle appelle ainsi à un environnement dans lequel les candidats pourront réellement aller à la rencontre de la population, sans dépendre systématiquement de moyens de transport coûteux tels que les avions ou les hélicoptères.
Marjorie Michel se dit favorable à la tenue d’élections, mais rejette l’idée d’un scrutin organisé dans la précipitation ou dans des conditions susceptibles d’aggraver la situation du pays.
Elle appelle notamment les autorités haïtiennes et la communauté internationale à contribuer à la création d’un climat sécuritaire permettant aux acteurs politiques de participer au processus dans des conditions équitables.
Elle insiste également sur la nécessité de respecter les dispositions du décret électoral, notamment celles relatives à la participation des femmes sur les listes de candidats.
Pour l’ancienne ministre, la priorité reste donc double : permettre aux citoyens de régulariser leur situation électorale et garantir les conditions nécessaires à un scrutin crédible.
Après plusieurs années sans élections, le défi ne consiste pas seulement, selon elle, à organiser un vote, mais à faire en sorte que celui-ci puisse se dérouler dans un environnement suffisamment sûr pour permettre une véritable participation citoyenne.


