Élections en Haïti : Gilbert Cicéron alerte sur l’absence de centres d’inscription dans plusieurs communes de l’Ouest

Élections en Haïti : Gilbert Cicéron alerte sur l’absence de centres d’inscription dans plusieurs communes de l’Ouest
À l’approche des prochaines échéances électorales, le journaliste et analyste politique Gilbert Cicéron exprime de sérieux doutes sur la capacité d’organiser un scrutin accessible dans plusieurs zones affectées par l’insécurité. Il appelle le gouvernement et le Conseil électoral provisoire (CEP) à prendre des dispositions pour permettre aux électeurs de plusieurs communes de l’Ouest d’accomplir leur devoir civique.
Dans une déclaration consacrée à la crise sécuritaire et à la situation politique du pays, Gilbert Cicéron estime que les conditions actuelles ne permettraient pas, selon lui, d’organiser des élections dans des conditions normales.
« Dans la situation difficile où se trouve Haïti avec la question de l’insécurité », affirme-t-il, une grande partie des départements de l’Ouest et de l’Artibonite serait, selon son appréciation, sous le contrôle de groupes armés.
Le journaliste dit également envisager une candidature aux élections législatives comme député de la circonscription de Fonds-Verrettes–Ganthier. Mais il estime que la dégradation de la situation sécuritaire pourrait compromettre la tenue effective du scrutin.
Gilbert Cicéron attire particulièrement l’attention sur plusieurs communes de l’arrondissement de Croix-des-Bouquets et des zones avoisinantes.
Il cite notamment Fonds-Verrettes, Fond-Parisien, Ganthier, Thomazeau, Cornillon et Croix-des-Bouquets, qu’il présente comme confrontées à des difficultés liées à l’organisation du processus électoral.
Selon lui, l’absence de centres d’inscription dans certaines de ces communes soulève une question fondamentale : comment garantir la participation des citoyens lorsque les infrastructures électorales nécessaires ne sont pas accessibles ?
« Est-ce que le gouvernement et le Conseil électoral sont prêts à violer les droits de plus de 474 000 habitants ? », s’interroge-t-il.
Ce chiffre, avancé par Gilbert Cicéron, doit être compris comme une donnée issue de sa déclaration et nécessite une vérification indépendante avant d’être présenté comme une statistique officielle.
Pour l’analyste politique, l’organisation d’une élection ne peut pas se limiter à fixer une date et à lancer un calendrier électoral. Elle doit également garantir aux citoyens les moyens matériels et sécuritaires d’y participer.
Il demande ainsi aux autorités gouvernementales et au Conseil électoral provisoire de mettre en place des centres d’inscription dans les communes qu’il considère comme insuffisamment couvertes.
L’objectif, selon lui, est de permettre aux citoyens de s’inscrire et de participer au processus électoral sans que leur lieu de résidence ou les contraintes sécuritaires ne deviennent un obstacle à l’exercice de leurs droits civiques.
Gilbert Cicéron porte également un regard très critique sur la gouvernance du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Il accuse le gouvernement d’être composé, selon ses termes, de « boujwa malonèt » et de responsables politiques davantage préoccupés par la conservation du pouvoir que par la résolution des problèmes du pays.
Ces propos constituent une prise de position politique de Gilbert Cicéron et doivent être attribués comme tels. Ils ne peuvent être présentés comme des faits établis sans éléments permettant de les étayer.
L’analyste estime par ailleurs qu’aucun secteur de la vie nationale n’est épargné par la crise actuelle, qu’il relie notamment à l’insécurité, à la fragilité institutionnelle et aux difficultés économiques.
Au-delà de la question des centres d’inscription, Gilbert Cicéron évoque les difficultés de déplacement à travers le pays.
Il affirme que plusieurs axes routiers permettant de relier les départements seraient bloqués ou difficilement praticables en raison de la situation sécuritaire.
Une telle situation pourrait, selon lui, compliquer davantage l’organisation d’un processus électoral national, notamment pour les électeurs, les agents électoraux et les institutions chargées de l’organisation du scrutin.
Face à ces préoccupations, Gilbert Cicéron demande au gouvernement et au Conseil électoral provisoire d’anticiper les difficultés liées à l’accessibilité du processus électoral.
Il invite notamment les autorités à renforcer la présence des structures d’inscription dans les communes concernées et à prendre en compte les réalités territoriales dans la préparation des élections.
Il appelle également l’attention de la communauté internationale sur ce qu’il considère comme un risque d’exclusion électorale d’une partie de la population.
Au-delà de la déclaration de Gilbert Cicéron, la question soulevée renvoie à un enjeu central pour les prochaines élections en Haïti : la capacité de l’État à garantir un processus électoral accessible, inclusif et sécurisé sur l’ensemble du territoire concerné.
Dans les zones où l’insécurité limite les déplacements ou l’accès aux services publics, l’organisation matérielle des élections constitue un défi majeur.
La question de l’implantation des centres d’inscription, de l’accessibilité des bureaux de vote et de la sécurité des électeurs et du personnel électoral devra donc faire l’objet d’une attention particulière à mesure que le calendrier électoral avancera.
Gilbert Cicéron plaide enfin pour un renouvellement du leadership politique haïtien.
Il appelle à l’émergence de dirigeants qu’il qualifie de « patriotes » et de « nationalistes », capables, selon lui, de proposer de nouveaux projets pour sortir le pays de la crise économique et sécuritaire.
Il mise particulièrement sur les jeunes femmes et les jeunes hommes appelés, estime-t-il, à prendre des responsabilités et à participer aux décisions susceptibles de conduire Haïti vers une nouvelle trajectoire de développement.


