Menu Mobile Scroll
Politique

Haïti : l’Opposition progressiste dit non à la fuite en avant électorale et réclame une rupture politique

L’Opposition progressiste rejette le processus électoral actuel et réclame une refondation politique avant toute nouvelle élection en Haïti.

Pendant que des milliers d’Haïtiens vivent dans la peur, que des familles sont déplacées et que l’insécurité continue de bouleverser le quotidien, le mot « élections » revient avec insistance dans le débat politique. Pour l’Opposition progressiste, ce calendrier ne répond pourtant pas à l’urgence du moment. Elle y voit une « fuite en avant électorale » et accuse les autorités de vouloir avancer vers les urnes sans avoir réglé les conditions minimales permettant à la population de voter librement.

Le message est brutal : on ne peut pas demander aux citoyens de choisir leurs dirigeants alors qu’une partie du pays peine encore à circuler, travailler, vivre et exercer ses droits.

L’Opposition progressiste refuse l’idée d’une élection utilisée pour donner une nouvelle légitimité à une gouvernance qu’elle juge défaillante. Selon elle, modifier certaines dispositions du décret électoral ou changer quelques membres du CEP ne suffira pas à sortir le pays de la crise.

Elle accuse le pouvoir de vouloir traiter une crise politique structurelle avec des ajustements administratifs. Or, pour cette opposition, changer quelques lignes d’un décret ou quelques visages au CEP ne changera pas la réalité vécue par la population.

Et cette réalité est lourde : insécurité, massacres, déplacements forcés, crise humanitaire et perte de confiance dans les institutions.

L’autre inquiétude porte sur les données personnelles.

L’Opposition progressiste affirme avoir reçu des informations faisant état de l’utilisation présumée, sans consentement, des données personnelles et des NINU de citoyens dans le cadre des inscriptions électorales.

Si ces allégations étaient établies, la question dépasserait largement le simple débat électoral.

À qui appartiennent les données d’un citoyen ? Qui peut les utiliser ? Pour quelle finalité ? Et avec quelles garanties ?

L’opposition exige des réponses et réclame des mécanismes capables d’empêcher les inscriptions frauduleuses.

Le NINU, rappelle-t-elle, n’appartient ni au pouvoir, ni au CEP, ni à un parti politique. Il appartient au citoyen.

LIRE AUSSI:  L'Opposition Progressiste rejette le calendrier de la FRSG devant l'ONU et réclame un exécutif bicéphale en Haïti

L’Opposition progressiste conteste certaines dispositions du décret électoral qu’elle considère comme contraires à la Constitution. Elle cible notamment l’article 75 concernant les prérogatives du CEP dans la convocation du peuple en ses comices.

Elle invoque également l’article 136 de la Constitution sur la responsabilité du président de la République de veiller à son respect et au bon fonctionnement des institutions.

Pour cette opposition, une administration électorale ne peut pas s’attribuer des pouvoirs qui relèvent d’institutions constitutionnellement compétentes.

Après environ un mois d’inscription des électeurs, l’Opposition progressiste met également en avant ce qu’elle décrit comme une faible mobilisation.

Dans son analyse, le citoyen qui ne se déplace pas pour s’inscrire ne doit pas automatiquement être considéré comme indifférent à la politique. Il peut aussi exprimer, par son absence, une défiance profonde envers un système auquel il ne croit plus.

Une population qui ne fait plus confiance aux institutions peut-elle réellement adhérer à un processus électoral présenté comme la solution à la crise ?

Face à ce qu’elle considère comme une impasse, l’Opposition progressiste ne réclame pas simplement le report des élections.

Elle propose une autre architecture politique : un Exécutif bicéphale, une feuille de route consensuelle et limitée dans le temps, un mécanisme national de rétablissement progressif de la sécurité, la restauration de la confiance institutionnelle et citoyenne, ainsi qu’une révision des dispositions électorales jugées contraires à la Constitution.

Elle réclame également la protection effective des données personnelles et un dialogue politique inclusif.

Son message final est clair : les élections doivent être l’aboutissement d’un retour à la stabilité, pas un substitut à la stabilité.

Haïti se retrouve ainsi devant un choix politique majeur. Avancer coûte que coûte vers les urnes ou prendre le temps de reconstruire les conditions permettant à une élection d’être véritablement crédible ?

Pour l’Opposition progressiste, la réponse ne fait aucun doute : avant les bulletins de vote, il faut restaurer la sécurité, la confiance et la légitimité institutionnelle.

Réalité Info

RÉALITÉ INFO est un média en ligne haïtien destiné à informer une audience mondiale. Notre priorité est de fournir à nos lecteurs des informations fiables et pertinentes sur les événements culturels, sociaux, économiques et politiques. realiteinfo1@Gmail.com Un média en ligne proposant une approche novatrice centrée sur une information authentique et actualisée en temps réel.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page