Haïti : l’Initiative 14 Dawou appelle à l’unité du secteur populaire et progressiste autour d’un candidat unique

Haïti : l’Initiative 14 Dawou appelle à l’unité du secteur populaire et progressiste autour d’un candidat unique
Pétion-Ville, 25 août 2026 .- Réunis dans le cadre de l’Initiative 14 Dawou pour sauver le secteur populaire et progressiste, plusieurs responsables politiques et militants ont plaidé, ce mardi pour une nouvelle dynamique d’unité. Au cœur des échanges; la construction d’une coalition, l’élaboration d’un programme commun et la possibilité de présenter un candidat unique à la prochaine présidentielle. Gérald Germain a particulièrement insisté sur la nécessité de dépasser les divisions historiques du secteur.

Dans une intervention centrée sur la nécessité de reconstruire l’unité, Gérald Germain a appelé les différentes composantes du secteur populaire et progressiste à dépasser leurs clivages pour construire une véritable « coalition de forces ».
Le responsable a d’abord évoqué la situation de nombreux militants confrontés à des difficultés en raison de leur engagement politique. Il a ensuite placé son intervention dans une perspective historique, rappelant les mobilisations et les expériences organisationnelles qui ont marqué le secteur populaire depuis les années 1980.

Selon lui, l’histoire récente d’Haïti montre que les forces populaires et progressistes ont obtenu leurs avancées les plus significatives lorsqu’elles ont su travailler ensemble. Il a notamment rappelé le rôle joué par les organisations paysannes, syndicales, communautaires, ecclésiales et politiques dans la formation d’une conscience collective et politique.
Pour Gérald Germain, le problème ne peut toutefois pas être réduit à l’appartenance à tel ou tel groupe. Il estime que les différentes organisations doivent reconnaître leurs propres faiblesses et accepter de travailler ensemble.
Son appel porte donc sur une démarche dépassant les intérêts particuliers, réunir les différents candidats et courants, définir un programme commun et rechercher une formule politique permettant au secteur populaire et progressiste de se présenter de manière unifiée.

« Nous avons la capacité de réaliser de grandes choses lorsque nous sommes unis », a-t-il défendu en substance, estimant que l’expérience historique doit servir de fondement à une nouvelle étape de l’engagement politique.
Le coordonnateur de l’Initiative 14 Dawou, James Romain, a expliqué que la rencontre répond à une préoccupation devenue, selon lui, urgente, sauver le secteur populaire et progressiste de la fragmentation.
Il a évoqué les divisions apparues au fil des dernières décennies, notamment après plusieurs grandes crises politiques et électorales. Il a également rappelé les mobilisations liées au dossier PetroCaribe et la répression qui, selon lui, a accompagné certaines formes de contestation populaire.
James Romain estime que la multiplication des candidatures issues du même espace politique risque de reproduire les erreurs du passé.
Il a donc appelé les différents acteurs à passer d’une logique de contestation à une logique de proposition et de construction collective.
Des représentants de plusieurs candidatures à la présidence, notamment Jacky Lumarque et Jude Célestin, étaient également présents à cette démarche.
Maître André Michel a soutenu l’idée d’une candidature unique capable de représenter le secteur populaire et progressiste lors des prochaines élections.
Il a appelé plusieurs responsables politiques à accepter les sacrifices nécessaires à la construction de cette unité, citant notamment Jude Célestin, Dr Shiller Louidor, Nènel Cassy, Antonio Chéramy, Moïse Jean-Charles.
Pour André Michel, l’expérience de 2016 démontre le coût politique de la division. Il souhaite ainsi voir les différentes composantes travailler à l’élaboration d’un programme commun, avant de parvenir à la désignation d’un seul candidat.
L’homme de lois estime qu’aucune élection crédible ne peut être organisée alors que des groupes armés contrôlent encore plusieurs zones du pays. Il a notamment évoqué la situation dans l’Ouest, l’Artibonite et le Centre, ainsi que les violences récemment enregistrées à Kenscoff.
André Michel a appelé le gouvernement à assumer ses responsabilités et à créer les conditions sécuritaires nécessaires à l’organisation d’un scrutin crédible.
L’ancien sénateur Nènel Cassy a de son côté concentré son intervention sur les conditions juridiques d’une éventuelle participation aux prochaines élections.
Se présentant comme un homme attaché au respect de la loi et de la Constitution, il a insisté sur la nécessité pour le futur décret électoral d’être conforme aux dispositions constitutionnelles.
Selon lui, les règles de candidature doivent être clairement établies et appliquées de manière équitable à tous les acteurs politiques.
Nènel Cassy a ainsi averti qu’un processus électoral reposant sur un cadre juridique contestable pourrait contribuer à une nouvelle crise politique.
Au cours de cette rencontre, l’Initiative 14 Dawou a pour objectif d’instaurer un dialogue entre les diverses sensibilités du secteur populaire et progressiste.
L’objectif affiché est désormais de travailler sur trois axes : construire une coalition, élaborer un programme commun et rechercher les conditions d’une candidature unique.
Mais les participants reconnaissent implicitement que le chemin reste long. Les divergences politiques, les ambitions individuelles, les désaccords sur les stratégies électorales et la question de la sécurité constituent autant d’obstacles à surmonter.
Pour Gérald Germain, toutefois, la priorité demeure claire : transformer l’expérience des divisions passées en une nouvelle dynamique d’unité capable de peser sur l’avenir politique d’Haïti.


