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Opinions

TPS ou BIDEN: LES HAÏTIENS PRIS EN SANDWICH ENTRE RÉPUBLICAINS ET DÉMOCRATES

TPS ou BIDEN: LES HAÏTIENS PRIS EN SANDWICH ENTRE RÉPUBLICAINS ET DÉMOCRATES

Le dossier migratoire aux États-Unis tel qu’il se déroule actuellement sous nos yeux est assez complexe dans sa nature, dans son déploiement et dans ses enjeux.

Quel que soit l’angle auquel on approche ce dossier, il devient comme un trou sans fond et d’aucuns diraient chez nous , que cela a bien l’air
d’une vraie patate chaude.

Il devient donc pour ainsi dire un
Calalou – Gombo chaud :
– entre les mains des décideurs politiques américains qui ont pris la décision légalement de mettre fin au TPS et au Programme Biden pour quatre (4) pays ex- bénéficiaires du Programme Biden et pour 12 à 13 pays environ , dont Haïti, le Vénézuela, le Nicaragua, le Yémen, le Honduras, le Népal, la Birmanie, l’Afghanistan, la Syrie, la Somalie, l’Éthiopie, le Soudan du Sud, le Cameroun non protégés désormais sous le label du TPS.

Alors que le Salvador, le Liban, l’Ukraine et le Soudan conservent encore provisoirement leurs protections,
en attendant certaines décisions ultérieures.

À moins d’un projet de réforme migratoire systématique tel que cette idée avait toujours existé aux États-Unis depuis le règne du Président Obama, mais qui n’a jamais lieu gardant les gens souvent avec des liens légaux mais éphémères. Cette réforme migratoire pourrait sans doute permettre de recadrer cette population de près de
1.450. 000 personnes devenues soudainement non protégées en territoire américain. Malgré les déportations massives, le constat démontre pour l’instant qu’il s’agit d’une nouvelle crise migratoire amplifiée, au lieu d’être résorbée, avec des incidences majeures sur l’économie américaine et sur le fonctionnement de divers secteurs importants comme celui de la santé ou celui du Tourisme notamment.
– entre les mains tant des médias que des femmes et des hommes de loi , sur place , aux USA (on les sent perdus) , qui analysent ou tentent d’appréhender ce qui se passe dans ce dossier délicat revêtant en effet un double caractère politique et juridico- légal pas toujours compatible dans la réalité.
– entre les mains des ex- bénéficiaires de Biden ou du TPS surtout , qui , en fin de compte , sont les vraies victimes de ces nouvelles mesures migratoires en vigueur aux États-Unis, même si tout était prévisible …

Historique :

Dès la campagne électorale menée par M. Donald Trump élu en successeur de Monsieur Joe Biden, le 5 novembre 2025, et investi dans ses fonctions présidentielles, le 20 janvier 2025, la problématique migratoire avait déjà bel et bien été placée de manière prioritaire, dans les débats, ciblant ainsi les migrants en général et les migrants illégaux en particulier, c’est- à- dire précisément toutes celles et tous ceux qui sont déjà ciblés par les autorités policières et judiciaires américaines pour une raison ou pour une autre. Ils doivent faire face à la Justice pour connaître leur sort définitif.

Ce dossier, dis-je , dans sa mise en exécution, s’avère une patate chaude pour nos Gouvernements appelés au bout du fil, à recevoir ces milliers de gens en catégorie de déportations. Surtout, lorsque ces pays que nous sommes , ont hélas, une tradition de mauvaise gouvernance, et ne disposent en général , d’aucune infrastructure quelconque pour gérer ces flux migratoires survenus tel qu’on le voit chaque jour à la télévision et sur les réseaux sociaux, dans des conditions d’une flagrante inhumanité, tout devient alors si compliqué…

Peau noire
Masques blancs :

Déjà que
l’une des caractéristiques de la mauvaise gouvernance, c’est avant tout – l’absence d’idées,
– l’absence de sens de service public,
– – l’absence de pensée constructive,
– – l’absence de cohabitation et de coopération entre l’État et sa population,
– – l’absence de capacité inventive,
– – l’absence de créativité pour concevoir, anticiper, pour imaginer vite et pouvoir réagir du tac au tac lorsque la situation se corse ou dégénère.

Dieu seul sait que le meilleur gouvernement reste et demeure celui qui entre en enfer (réf à « la Divine Comédie  » de Dante) et arrive à s’en sortir , sans véritablement laisser sa peau.

À tout cela, s’ajoute notre manque d’autonomie, dans une logique de sous- développement mental, nous restons en général strictement dépendant du
 » Blanc  » qui a le dernier mot.
À noter que le mot « Blanc  » ici est pris plutôt au sens où Frantz Fanon l’a absolument analysé dans son ouvrage célèbre intitulé :

« Peau noire Masques blancs « ….
(Paru aux Éditions du Seuil en 1952).

Contexte :

En 2010, il y avait un séisme ravageur en Haïti.
D’aucuns vont jusqu’à dire que ce séisme a provoqué la mort de près de 300.000 personnes.

Vrai ou faux ?

Si l’on peut se permettre de douter du nombre exact de victimes survenu
le 12 janvier 2010, en Haïti, et même après, car, on a tendance à oublier que les décès liés au séisme de la journée du 12 janvier 2010, ne se comptent pas seulement pour ce mardi, jour J du 12 janvier 2010, on a enregistré aussi par ailleurs, des milliers de morts après le 12 janvier , consécutifs à des cas de traumatismes, voire même, de nombreux cas de crises cardiaques, de AVC mortels survenus le lendemain du séisme, et aussi durant toute la semaine du séisme .
Durant tout le mois du séisme et des mois plus tard. Toujours liés au séisme de janvier 2010, pas de doute qu’il y a eu des morts jamais comptabilisés.

En résumé, des gens sont morts le mardi 12 janvier 2010, des gens sont morts lors des nombreuses répliques qui vont suivre la catastrophe du 12 janvier.
Des gens sont morts deux jours plus tard , ou au cours du weekend du 15 au 17 janvier 2010, suivant le séisme et ceci sans qu’il y ait de réplique cette fois.

Après le séisme, des gens sont partis en province pour fuir les horreurs de la Capitale où des cadavres puants, ici et là , jonchaient le sol de Port au Prince.
Il y en a parmi eux qui sont morts en Province.
Je connais d’ailleurs des cas dans ma famille personnelle.

Des gens sont partis à l’étranger et ont été poursuivis par une sorte de crise traumatique, et ils sont nombreux celles et ceux qui sont morts là-bas, plusieurs semaines ou plusieurs mois, après le mardi 12 janvier 2010.

D’autres en Haïti ou à l’étranger sont restés handicapés toute leur vie , physiquement, psychologiquement, mentalement etc.

De fait,
Je raconte toujours à mes amis (IES) et proches, que si j’ai arrêté , moi , l’auteur de cette modeste réflexion, de prendre le volant et que je suis devenu aujourd’hui dépendant d’un chauffeur pour me conduire à la moindre destination, pour m’accompagner partout où je vais , y compris chez le petit coiffeur du quartier, c’est bel et bien à cause du séisme du 12 janvier 2010 :

Mon traumatisme à moi.

En effet, J’étais dans les hauteurs de l’hôtel Montana quelques jours après le séisme, puis, j’ai vécu à un moment de la durée, avec une brutalité déconcertante, une incroyable réplique sismique extrêmement violente à partir de laquelle, avec la voiture que je conduisais, j’ai failli être basculé ou projeté dans les ravins ou dans les ravines, aux alentours de l’hôtel Montana.

C’est dans ce contexte de chaos sismique, que le Président Barack Obama élu le 4 novembre 2008 , investi dans ses fonctions présidentielles entre le 20 janvier 2009 et le 20 janvier 2017, soit un double règne démocrate. Le Président Barack Obama est intervenu en 2010 , au lendemain du tremblement de terre, et il a pris la décision d’ajouter Haïti sur la liste des pays bénéficiaires du TPS ou Statut de protection temporaire
tel que ce dispositif migratoire existe depuis 36 ans, dans le système d’immigration aux États-Unis, et est créé par une loi adoptée au Congrès américain en novembre 1990.

Le Dossier TPS :

L’objectif du TPS étant globalement de permettre aux ressortissants de pays traversant de graves crises : guerres, catastrophes naturelles, urgences humanitaires et situations exceptionnellement graves etc …de pouvoir travailler aux États-Unis et d’être protégés contre toute expulsion du territoire.

En 2010, il n’y a pas eu seulement les États-Unis dans ce dispositif d’accueil à l’étranger de ressortissants haïtiens qui pensaient que c’était
 » la fin du monde  »
en Haïti, suite au séisme de janvier 2010,
le monde entier s’est de fait mobilisé :
des pays africains comme le Sénégal ont ouvert leurs portes pour laisser entrer de nombreux étudiants haïtiens sans contrainte migratoire.
Le Canada, la France , la République dominicaine, pour ne citer que ces pays dont je maîtrise plus ou moins le dossier à l’époque, ont accueilli nos compatriotes avec humanisme et ferveur.

Il est important de noter que, si le nombre de bénéficiaires haïtiens de TPS, entre 2010 et nos jours, a atteint le chiffre global d’environ 350.000 personnes, le caractère économique bénéfique pour le pays d’accueil (les États-Unis dans ce cas précis) n’est pas à sous-estimer, puisqu’il m’est arrivé une fois , au tout début de cette aventure légale et régulière, de constater que des familles de quatre (4) personnes, par exemple , bénéficiaires du TPS, pouvaient se trouver parfois dans l’obligation de dépenser au moins six ( 6 ) mille dollars us, rien que pour les frais liés au TPS, pour une durée de 18 mois.
Cette durée est passée plus tard de 18 mois à 6 mois.

Sans oublier que pour Haïti, à l’inverse, on a assisté à une véritable fuite de cerveaux aux USA , allant jusqu’à appauvrir les performances de l’administration haïtienne, publique et privée. Ces cerveaux ont dû se recycler, se former, apprendre l’anglais notamment, intégrer le marché de l’emploi qui aux États-Unis , est strict et essentiellement ouvert aux gens qui ont une certification, un diplôme, un master pour être plus ou moins confortables et compétitifs, au niveau salarial.
Si non, les secteurs qui vont exploiter nos cerveaux même bien préparés lorsqu’ils étaient en Haïti, une fois arrivés sur le sol américain, ce sont des petits boulots qui paient 8 à 10 dollars l’heure qui se négocient.
Rares sont celles et ceux qui tombent sur une bonne affaire, s’ils n’ont pas grandi et n’ont pas étudié dans le système éducatif américain.

Ce proverbe français très populaire et attribué à tort au fabuliste français Jean de Lafontaine aurait eu toute sa place aux États-Unis :

Il n’y a pas de sots métiers
Il n’y a que de sottes gens….

Pour ainsi dire,
C’est dans des conditions extrêmement difficiles que de nombreuses personnes , de nombreuses familles haïtiennes travaillent parfois pour pouvoir envoyer de l’argent à leurs proches en Haïti.
Loin de banaliser un petit transfert Western Union de 50 dollars ou de 100 dollars, de la part d’un parent ou d’un proche travaillant aux États-Unis, il faudrait constamment prier pour cette personne et lui dire sans cesse des mots gentils . Lui réserver un merci avec un large sourire sincère, cordial et aimable. Dans certains cas, lui déclamer tout un poème de reconnaissance, puisque les gens crèvent dans la diaspora en général pour aider leurs familles et proches restés bloqués en Haïti.

Je lisais récemment un rapport d’un organisme américain de défense des immigrés , sur les travailleurs haïtiens bénéficiant du TPS aux USA. La contribution des travailleurs haïtiens sous protection du TPS peut tourner autour de six (6) milliards de dollars par année.

Soit dit, au cours des seize (16) dernières années, contrairement à ce qui se faisait durant les époques des boat- people , des années 80, et même plus loin, vers les années 90, où les transferts d’argent s’effectuaient à sens unique (ou presque) des Etats-Unis vers Haïti, il y a eu entre 2010 et nos jours, un certain va et vient financier à part inégale.

Entre les deux (2) pays, les États-Unis, terre d’accueil et Haïti qui
 » s’exile « , les seize ( 16) dernières années ont été une période d’investissements actifs et assez professionnels, des familles haïtiennes établies aux États-Unis, au point qu’il y en a qui, tout en menant une vie légale , correcte, honnête, laborieuse, et régulière, jusqu’au bout des ongles, ils ont oublié parfois le caractère temporaire, pour ne pas dire, éphémère, de leur statut migratoire.
Ils ont oublié aussi que tous les coups étaient permis, en politique, incluant l’arrivée, un jour, au pouvoir, d’un Président républicain qui remettrait tout en question et qui en a le droit en fonction de sa vision des choses.
Or, en voilà bien , un nouveau Président blessé qui entre deux mandats présidentiels, a vécu lui aussi, le traumatisme des tribunaux incluant certaines humiliations subtiles dont les images ont été diffusées parfois en direct.
Il a même parlé un jour, le Président actuel, de « persécutions politiques ».

Un chef d’État doit pouvoir évoluer de transcendance en transcendance.
S’il a des blessures profondes qui l’empêchent de transcender, arrivé à la magistrature suprême, il peut faire beaucoup de dégâts.

Le Dossier Biden :

Il n’y a pas de programme Biden sans l’assassinat de Jovenel Moïse survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, à Pèlerin 7, non loin de Pétion-ville.

Et le lecteur interprétera cette affirmation comme il veut, comme il peut, avec ses limites et ses connexions sensibles :
pas de Biden sans l’assassinat de Jovenel Moïse.

Et pourtant, Rien n’est sûr. Rien n’est garanti.

René Descartes m’a appris à douter de tout et du contraire de tout, dans son
« Discours de la méthode ».
(Paru en 1637)

Une chose est certaine, au lendemain du 7 juillet 2021 , les assassins de Jovenel Moïse qui ont raté le coup connu désormais du grand public, à la fois , d’assassiner le Président élu et d’en installer un autre au Palais national, pour une transition tant fantasmée, ces assassins ont spectaculairement changé de style.

Puisqu’ils maîtrisent on ne peut plus la formule traditionnelle qui veut que

« tous les chemins mènent à Rome « ,

ils ont pris cette fois la Primature en otage. C’est leur butin de guerre.

Or,leur coup a mal tourné parce que, d’une part, ils pensaient que le peuple en foule, allait prendre les rues, le 7 juillet 2021, après plusieurs années de sensibilisation, de matraquage et de diabolisation du Président Jovenel Moïse.
Je ne soutiens nullement que celui-ci était un Saint.
Et d’ailleurs , qui peut se vanter de l’être ?

D’autre part, il y a eu la prise en charge du dossier d’assassinat du Président élu , Jovenel Moïse, par les tribunaux américains qui ont permis de briser la glace ou encore d’enlever du visage de chacun, le masque qui faisait encore d’eux parfois, des enfants de chœur.

Le coup le plus dur enfin est que l’absence de ticket d’entrée au Palais national a été maintenue par le « Blanc  »
(réf F. Fanon ) presque comme une sanction.

Accès interdit :
on aurait dit une sorte de supplice de Tantale….

Mais
Peu importe, les assassins et leurs complices ont réussi quand même à grignoter le pouvoir politique, et à le flairer le temps de l’envahir avec une con/science de légitimité , en attendant les ….
Élections.

L’important c’est la Rose
(Gilbert Bécaud)

Jovenel assassiné, tout ce qu’il avait proposé de son vivant en tant que Président de la République, est adopté finalement par la même opposition qui avait mis K.O. son pouvoir, entre février 2017 et juillet 2021.

Comme par magie, tout est enfin adopté de nos jours , y compris la fameuse carte Dermatologue.

Toutefois, il y a une invention magistrale de la part de cette opposition ; ils ont réussi à mettre le pays sous coupe réglée d’une insécurité dont eux seuls , ont le secret. Toutes les couches sociales en ont eu pour leur gueule. S’il n’y avait pas les réseaux sociaux, certains crimes comme par exemple des tortures infligées à des jeunes gens , filles ou garçons kidnappés, à des entrepreneurs , à des fonctionnaires, à des nationaux comme à des étrangers vivant paisiblement en Haïti, kidnappés, ces crimes ne seraient connus que de la seule petite cachette aménagée par les gangs eux -memes , dans les entrées Sud de Port au Prince, rien que pour humilier leurs victimes ou leurs otages.

Entretemps, Port au Prince, est bloquée du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest .
La vie continue.

Les différents Gouvernements fonctionnent tant bien que mal. La vie continue.

À ce stade, on attend peut-être le héros grec, Héraclès, pour venir débloquer les trois (3) axes routiers principaux, indispensables, à tout projet de développement national, indispensable à la circulation des biens et productions, à la libre circulation des gens.
Ces trois (3) axes routiers dont l’un mène vers le grand Sud , l’autre vers le grand Nord et enfin, le dernier, vers le Plateau central constituent l’épine dorsale de notre économie et de notre survivance alimentaire .

Tout compte fait, quelque part, il y a quelqu’un qui a choisi de nous asphyxier en tant que communauté et ceci, pour son bonheur.
Si notre éloquente passivité ne manque pas de faire de nous, des complices de cette souffrance quasi masochiste infligée à la société haïtienne actuelle, c’est le bourreau et consorts qui continuent encore de jouir au quotidien et même , s’il en faut, de rire de nos malheurs.

Sauf que
Dieu y pourvoira…

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Dans cet enfer moderne, dirait Louis Aragon interprété par Jean Ferrat (Que serais-je sans toi? ), chaque Haïtien se débrouille comme un diable dans un bénitier.
On tourne en rond à travers les 20 ou 25 pour cent restants de route au cœur d’une Capitale dont les artères sont toujours embouteillées, toujours stressantes et exposées constamment sous les menaces à tous les dangers, puisque les gangs dirigent une bonne partie du territoire sans faire de concession avec qui que ce soit.
Même les institutions de l’Etat ont dû courber l’échine et voir ailleurs, dans de nombreux cas, un nouveau logement afin de continuer à faire fonctionner l’administration publique autant que faire se peut.

Tiens.
le baccalauréat d’État a pu se réaliser sans un pétard, tant à Carrefour , sortie Sud de la Capitale , qu’à Savien, dans l’Artibonite .

Et,
Personne ne sait qui a le contrôle exact de la mer, qui a le contrôle de l’air et des Ports maritimes.
Qui a le contrôle des frontières entre Jimani et Pédernales, entre Jimani et Dajabon.

Silence, on tue.

Personne ne sait non plus qui est le vrai patron des gangs devenus avec le temps, plus solides qu’un roc, et d’un jour à l’autre, plus souple qu’une goutte d’eau de pluie.

Personne ne peut nous dire qui kidnappe et pour qui, il kidnappe.
Aux chefs de gangs, de toute évidence, on semble donner de temps en temps, le temps nécessaire pour qu’ils changent de masque.
Ils en profitent eux-mêmes parfois pour devenir , tantôt des stratèges , tantôt des philanthropes, tantôt des bâtisseurs de cathédrales, tantôt enfin, des donneurs de leçons, au pire des cas, pour se projeter eux aussi , dans le paysage politique à venir et manipulé par toutes sortes de rumeurs, comme de potentiels candidats à je ne sais quoi…

Pourtant
Le Génie n’a
qu’un siècle

Mais, entretemps, il y a urgence, et en urgence, tout le monde doit parler le même langage :

Élections générales

Président de la République à élire.
Maires
Asecs
Casecs
Députés
Sénateurs
Etc…
À élire.

Ils ont tué un Président de la République et ils ont réussi à jouir d’une transition de cinq (5) ans.

Maintenant qu’on se rend compte qu’il y a tout ce beau monde à élire pour que l’appareil d’État soit apte enfin à reprendre son fonctionnement normal, il faut faire vite. D’autant que des émissaires de l’ONU, de l’OEA, de la Caricom, des États-Unis etc, mettent la pression. Ces derniers étaient pour ainsi dire, bel et bien là , avant l’assassinat de
Jovenel Moïse. Ils sont toujours là après l’assassinat, tirant les ficelles de nos moindres faits et gestes comme des marionnettes. Ce sont encore eux qui mettent la pression aujourd’hui, car , demain , ils seront encore là comme de fait, on les avait vus opérer soit dans l’ombre, soit ouvertement, depuis les 40 dernières années rien que pour pouvoir accoucher les résultats actuels de notre effondrement total.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Une chose est claire :
On n’entre pas en fonctionnement normal , quand, dans notre tête, non plus, aucun chromosome ne semble être normal….

Et alors, on danse.
On chante.
On parle.
Comme dans une tour de Babel .
Tout le monde gesticule. Tout le monde parle sa propre langue, son propre langage, de sorte que personne ne comprend rien au bout du compte ,
au charabia
de l’autre .

Dans ce cafouillage machiavélique où l’homme ne sait plus ce
que c’est qu’être heureux (je délire), le Président américain, Joe Biden, Démocrate, âgé de 83 ans, aujourd’hui, et dont le mandat s’est échelonné entre le 20 janvier 2021 et le 20 janvier 2025, décida un jour de placer son mot.

Il lance le 5 janvier 2023, pour Haïti, un programme humanitaire dont le dispositif existait déjà en octobre 2022 , sauf que c’était destiné alors essentiellement aux Vénézuéliens.

Ce programme fait pour permettre une entrée légale, par avion, de 30.000 ressortissants par mois , issus de quatre (4) pays dont Cuba, Le Vénézuela, Haïti et le Nicaragua, détient une portée plus courte que son cousin, le TPS.
À l’époque du Programme Biden, même l’institution policière haïtienne
a été formellement réquisitionnée et ceci, administrativement, pour prêter ses locaux, mettre un moment en veilleuse sa mission de protéger et servir, aller elle aussi s’inscrire au Programme Biden et prendre l’avion comme tout le monde.
Ainsi plus d’un millier de policiers sont partis aux USA dans le cadre de ce programme .
Et DE PEU, on les aurait croisés dans les principaux aéroports des États- Unis, en uniforme de la PNH, cherchant un climat sûr et stable.

Deux ans…

Dans un formulaire à remplir, il s’agissait pour tout le monde, de bien noter que, si on est bénéficiaire de ce programme, le contrat passé pour séjourner aux États-Unis avec d’une part , protection contre expulsion du territoire américain et d’autre part, conditions de travail garanties, ce contrat a été définitivement bien trop court d’une durée de seulement deux (2) ans coïncidant avec la fin du mandat du Président Biden qui lui a donné naissance. Il est clair hélas, que notre sort de peuple dépend sans cesse de la nature idéologique du parti au pouvoir aux États-Unis.

Ce qui nous est arrivé en Haïti au lendemain de la mort de Dessalines, au 19e siècle, le mot Dessalines était presque banni du vocabulaire collectif, selon ce que révèlent certains historiens.
Aux États-Unis d’Amérique, le Représentant de l’Exécutif actuel n’a pas hésité à commenter la maladie de son successeur atteint d’un cancer métastasé, avec des mots qui sonnent non , comme ceux d’un adversaire, mais plutôt, comme les mots d’un ennemi, pur et simple, au lieu de passer l’éponge sur les traumatismes…La question demeure :
Qu’ils soient puissants ou misérables, comment changer , un être humain sans changer d’abord son passé, ses traumatismes et ses circonstances ?

Il était bien trop court ….

On vient juste de le noter, il était bien trop court, ce contrat fixant le séjour des bénéficiaires de Biden à 2 ans légalement. Pas de doute, quand on sait que presque tout ce monde qui a pu s’inscrire et voyager , sortait du néant, d’un pays déchiré, du chaos, de la misère humaine la plus ignoble , de la faim, de la soif, de la souffrance, du kidnapping que chacun (e) a vécu, lui (elle) et/ou ses proches.
Or, rien n’a changé entretemps. La situation s’est empirée depuis….

Avec les élections annoncées, le climat général sera encore plus délétère. Tout le monde sait et ceci est une tradition depuis les élections de novembre 1987 en Haïti en passant par les élections de 2010, chaque période électorale amène en Haïti son chaos et ses morts.

On ne change pas une équipe qui gagne.

Pour voyager aux États-Unis grâce au Programme Biden, je connais une famille qui a dû fuir tôt l’enfer de Pernier, royaume du chef de gang redoutable, un certain Vitelhomme. Cette famille a pu faire escale à Delmas et prendre enfin le vol vers l’eldorado des États- Unis.

Je connais une autre famille du quartier de Nazon- Poupelard , cette fois, où l’on tirait chaque jour, à hauteur d’homme, à perte de vue et à perdre haleine, afin de mieux terroriser les riverains. Cette famille pour sa part a réussi à s’enfuir et à prendre un vol vers la Floride , puis vers le Nord des États-Unis où il fait très froid . Mais, il y avait surtout de l’emploi.

Pour d’autres familles, il s’agissait de voir les États Unis et… mourir.
Dans le temps, on disait :
voir Paris et mourir….

Il y a enfin ces gens qui ont tout vendu , même la peau de l’ours, pour pouvoir voyager . L’important ayant été alors de quitter absolument Haïti livré à ses / ces gangs.

De fait, il ne s’agissait pas toujours d’une question d’argent, d’emploi, d’économie familiale, il ne s’agissait pas toujours d’une question de manger et de boire,
il s’agissait souvent et pour tout ce monde réuni en terre étrangère de nos jours, de trouver d’abord un refuge où sa vie n’était plus menacée.

De fait,
Il existerait un peu plus de 200.000 personnes, dit-on, à avoir bénéficié du Programme Biden qui n’a plus droit de cité désormais, autant le TPS est entré lui aussi , dans l’oubli, depuis le 27 juillet dernier.

 » Ma vie a changé
Mes yeux voient le verglas d’une saison qui s’abreuve aux sources de l’amour  »

( Extrait de
« le Passage à l’aube  »
de Pradel HENRIQUEZ,
Grenoble, France 1998)

Le monde a changé. Le monde n’est plus le même. On a dorénavant le sentiment d’un besoin de vengeance permanente, d’un règlement de compte permanent dans une atmosphère de non-dit.

On a le sentiment d’un éclatement du monde.

On a parfois aussi par ailleurs, le sentiment d’une guerre non déclarée d’un peuple à un autre , d’un pays à un autre.

Il n’y a plus de pays amis. Il n’y a plus d’amis. Il n’y a que des rapports de force où chacun se guette, se pille sans état d’âme.

Une ère de suspicion.

Celui qui est le plus vigilant et le plus prompt à se protéger , celui-là possède toutes les chances de survivre.

En matière de Géopolitique, un professeur d’histoire générale me faisait remarquer un jour , en salle de classe, que la Chine n’avait encore jamais colonisé vraiment, militairement, comme l’ont fait l’Angleterre, l’Espagne, la France ou encore, à un autre niveau, les États-Unis d’Amérique qui depuis le 20e siècle, développe toute une manière de colonisation et de déploiement de forces à travers la planète. Or, la Chine qui (entre guillemets) dormait jusque-là, donne de plus en plus l’impression qu’elle s’est réveillée entretemps . L’on a vu ce qu’en Afrique, ils ont réussi à implémenter, elle et la Russie, comme stratégie face à certains pouvoirs occidentaux.
Le Moyen-Orient en mode légitime défense, dit-on, semble décider depuis quelque temps, à faire un bond en arrière comme au temps des Croisades.

Des menaces sur une certaine partie du monde n’ont jamais été aussi fortes , aussi réelles.

Pour le moment, les États-Unis dessinent son petit triangle caraïbéen qui s’étendrait de Cuba au Vénézuela, en passant par Haïti.

D’un côté, c’est le pragmatisme qui fonce tout droit vers une véritable conquête de l’ensemble de la planète. Voire même , de l’espace terrestre tout entier , où l’homme, s’inspirant peut être de Dany Laferrière (comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer) , se demande chaque seconde, désormais, Mais… Seigneur , comment habiter la planète Mars sans se fatiguer ?

De l’autre côté, calmement et sans faire de bruit, ce sont encore des discours à l’état de chantage.

Tout compte fait,
La théorie de Monroe est sans cesse revisitée. On aurait dit tout de même, une bougie allumée aux deux pôles.

Comment vivre dans cet enfer moderne?

Il n’est écrit nulle part qu’un pouvoir, qu’un État, qu’un Gouvernement constitué, qui défend son territoire , mérite un reproche quelconque . Non.
D’autant que c’est la justice qui a tranché dans le cas des bénéficiaires du TPS aux États-Unis , par exemple.
Face à la Justice, personne ne conteste .
J’ai toujours compris toute ma vie que, devant la Justice, notre seule réaction reste et demeure de faire comme si on était en mode confessions , chez un prêtre confesseur qui nous recommanderait au bout du compte :
deux (2) je vous salue
et
trois (3) Au nom du Père, afin de nous faire pardonner nos péchés.

Amen.

Dura lex
Sed lex :
La loi est dure .
Mais, c’est la loi.

Par ailleurs, un bon gouvernement protège d’abord son territoire et ses citoyens. C’est ce qui fait défaut dans notre cité de plus en plus livrée ces derniers temps, aux voyous et aux imposteurs, livrée aux Flibustiers et aux prédateurs de toutes espèces.

Haïti et ses élites n’ont rien appris des leçons de l’histoire….

Par contre, lorsqu’on accueille chez soi, des invités, comme cela a été le cas pour les bénéficiaires du Programme Biden et du TPS qui ne sont pas toujours entrés illégalement sur le sol américain, où ils sont d’ailleurs le plus souvent reçus, j’imagine, pour un problème qui , chez eux , s’aggrave chaque jour parce que justement, nous n’avons jamais su prendre en main , notre destin.

Ces compatriotes qui viennent de l’Amérique latine, Brésil, Chili, Mexique etc…et qui bénéficient tant du TPS que de Biden, ne méritent pas pour autant, ce traitement de chasse à l’homme sauvage qu’on leur inflige à la télévision et sur les réseaux sociaux. Traitement qui avait été bel et bien réservé, il était une fois, aux esclaves des champs ou des habitations, en fuite , par exemple.

Même s’ils doivent partir et rentrer chez eux, on doit les protéger .

Un minimum de respect s’impose à l’endroit de ces gens qui cherchent la vie et qui n’ont pas toujours la chance de mettre leurs compétences au service de leur pays qui n’a nullement besoin de compétences, on dirait.
C’est une terre d’accueil que ces exilés modernes cherchent. Pas une terre d’humiliation d’autant que , ce faisant , les États Unis que moi, j’ai eu le privilège de visiter durant les 30 dernières années avec tellement de plaisirs ou de délices, ne peuvent pas subitement se permettre le luxe de se mettre au même niveau qu’un pays sous-développé qui viole les droits de la personne humaine.

C’est une terre modèle, l’Amérique.
Elle le restera.
Sauf si l’individu viole la loi ou encore qu’il se comporte sans respecter cette hospitalité qu’on lui réserve aimable ment.
Et alors, il devient tout simplement un délinquant à sanctionner dans les règles de l’art.

Depuis 1804, on n’a jamais vu un État haïtien constitué, traiter un ressortissant étranger comme un moins que rien. Qu’il soit légal ou illégal, chez nous, la Constitution de Jean Jacques Dessalines fait de tout étranger qui dépose ses pieds sur notre sol, un citoyen, et toute étrangère, une citoyenne, libre.

Depuis les Taïnos, c’est-à-dire, les premiers habitants de l’île, Haïti est restée ainsi une terre digne, fière, accueillante avec tous ses visiteurs.

Quand on accuse à tort Dessalines d’avoir fomenté le massacre des Français, personne n’a eu par contre, le courage de reconnaître que c’est encore dans l’entourage de Dessalines que les Français étaient protégés et qu’ils ont survécu aux côtés des Polonais de Cazale, par exemple, jusqu’à devenir aujourd’hui des Haïtiennes et des Haïtiens intouchables à part entière. Un petit chapo pour madame Jean Jacques Dessalines et pour madame Alexandre Pétion pour ne citer que ces deux épouses et mères protectrices célèbres rapportées par certains historiens.

Par contre,
Il a fallu attendre l’avènement des gangs criminels sans foi, ni loi, chez nous, récemment, pour oser toucher à un (e) étranger (ère) voire même, à le ou la kidnapper comme tout le monde.
Non.
Il y avait toujours cette exception. Cette valeur aussi se perd hélas.

Le peuple civilisé que nous sommes, en tant que dignes héritiers de Louis Joseph Janvier, d’Anténor Firmin, de Jean Price Mars et j’en passe, doit toujours rester civilisé et opter pour la protection de tout ce qui bouge sur le sol de Dessalines , quelle que soit sa classe sociale, quelle que soit sa couleur de peau, quelle que soit sa langue , quelle que soit son origine anthropologique, qu’il soit par ailleurs , citoyen (e), résident (e) ou visiteur (e), la légende chez nous, veut que l’autre dise :

Honneur.
Et nous,
on répond : Respect .
Honneur/ Respect.

Aussi, nous devons coûte que coûte mettre fin au règne des gangs et des malotrus qui défient cette loi consistant au respect strict des valeurs hospitalières.

Aux États-Unis, il y a près de
1. 500.000 personnes liées de près ou de loin avec Haïti (migrants légaux, illégaux, résidents, haitiano américains etc. ) qui depuis l’indépendance des États-Unis en 1776, jusqu’à la Superpuissance que celle-ci est devenue de nos jours, HAÏTI a joué un rôle majeur dans la grandeur de cette nation américaine attachante. De son côté, celle-ci a toujours été une terre d’accueil pour Haïti , comme beaucoup d’autres pays d’ailleurs, surtout aux temps des dictatures politiques et dans les moments extrêmement difficiles, tout en maintenant sur le territoire américain, un niveau d’équilibre sécuritaire incroyable et capable de mettre en confiance plus de 350 millions de citoyens (es) des États-Unis (es) chez eux / elles, ainsi que de près de 70 millions de touristes internationaux par an qui vont et qui viennent au pays au pays de Ernst Hemingway , de William Faulkner , de Toni Morrison et de Paul Auster.

Il y a un moment pour finir où Haïti doit avoir lui aussi , la chance de se gouverner soi- même , la chance de faire des erreurs, d’avoir son armée, sa police , des lois qu’on respecte, des femmes et des hommes politiques responsables et dignes de ce nom, notre pays doit assumer sa production nationale, son plan de développement.
Bref.
Haïti doit tôt ou tard savoir se gouverner comme un grand.
Il devra apprendre à concevoir, à exercer ses priorités, à agir avec autorité et en peuple responsable de ses actes.

Pradel HENRIQUEZ
20 août 2026

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