Haïti : les syndicats dénoncent l’impôt de 15 % et les pertes d’emplois dans le secteur textile
Impôt de 15 %, pertes d’emplois et droits syndicaux : les travailleurs haïtiens réclament des réponses.
L’Entité syndicale Premye Me – Batay Ouvriye (ESPM-BO) réclame des mesures concrètes pour défendre les droits des travailleurs haïtiens. Ses représentants, Télémarque Pierre et Délices Henry, dénoncent notamment la retenue de 15 % sur les revenus individuels, les pertes d’emplois dans le secteur textile et le manque de protection des ouvriers.
Port-au-Prince, 8 octobre 2026. L’Entité syndicale Premye Me – Batay Ouvriye (ESPM-BO) appelle les autorités haïtiennes à prendre des mesures en faveur des travailleurs. L’organisation dénonce la retenue de 15 % sur les revenus individuels, les suppressions d’emplois dans le secteur textile et les violations des droits syndicaux.
Dans une déclaration, Thélem aque Pierre rappelle que la contestation de cette retenue fiscale figure parmi les principales revendications du syndicat depuis avril 2026. Il estime injuste que les travailleurs contribuent aux recettes de l’État sans bénéficier, en retour, de services publics adéquats, notamment en matière de sécurité et d’infrastructures.
Le syndicaliste souhaite que cette question soit prise en compte dans le budget 2026-2027. Il appelle également les travailleurs à envisager la désobéissance civile pour obtenir des réponses à leurs revendications.
De son côté, Délices Henry critique le renouvellement des avantages commerciaux américains accordés au secteur textile haïtien dans le cadre de la loi HOPE-HELP. Selon lui, ces mesures ne garantissent pas la stabilité de l’emploi et ne permettent pas d’améliorer suffisamment les conditions de vie des ouvriers.
Le responsable syndical affirme qu’environ 3 000 emplois auraient été perdus dans deux usines de la zone métropolitaine en mai 2025. Il évoque également la fermeture de deux autres usines en août et septembre, qui aurait affecté près de 4 000 travailleurs. Ces chiffres n’ont pas été vérifiés de manière indépendante.
Délices Henry dénonce aussi les licenciements de représentants syndicaux et réclame une meilleure application du Code du travail. Il demande notamment aux autorités de contraindre les employeurs concernés à respecter leurs obligations et à verser les arriérés dus aux salariés.
L’ESPM-BO réclame par ailleurs une intervention du ministère des Affaires sociales et du Travail, ainsi qu’une révision des politiques économiques et sociales qui affectent les ouvriers. Le syndicat demande également la suspension du processus de réforme des retraites afin que les travailleurs puissent être consultés.
Dans ce sens, l’organisation appelle l’État à mieux protéger les salariés, à défendre leurs droits et à proposer des réponses durables aux difficultés auxquelles ils sont confrontés.
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