Haïti : Conférence historique en faveur de la Cour de Cassation, vers une transition institutionnelle consensuelle

RÉALITÉ INFO : Le mardi 17 mars 2026, une conférence qualifiée d’historique s’est tenue à la salle Franck de l’hôtel Montana, réunissant des acteurs politiques, économiques et de la société civile favorables à une transition institutionnelle appuyée sur la Cour de Cassation. Cette initiative, portée par la Commission de préparation et d’organisation composée de Serge Jean-Louis, Almidor Breckner et Dor Garry Jean, vise à proposer une alternative crédible à la crise multidimensionnelle que traverse Haïti.
L’événement, largement ouvert à la presse nationale et internationale, s’inscrit dans une dynamique de recherche de consensus autour d’une gouvernance transitoire respectueuse des principes constitutionnels et de la continuité de l’État.

Photographe : Stanley Jaccis
Graphisme : Placide Marc Antoine
Dans son intervention, Fritz Bussreth a salué la mobilisation de dizaines de groupements représentant plusieurs centaines d’organisations issues de divers secteurs. Il a souligné que cette conférence constitue une initiative collective visant à structurer une réponse nationale à la crise.
Selon lui, cette démarche repose sur une déclaration de convergence nationale orientée vers la finalisation de la transition institutionnelle, constitutionnelle et juridictionnelle en Haïti.
« Nous sommes des acteurs politiques, institutionnels, sociaux, économiques et citoyens engagés, réunis face à la crise multidimensionnelle que traverse le pays depuis plusieurs années », a-t-il déclaré.
Fritz Bussreth a insisté sur plusieurs axes majeurs :
la préservation de la continuité de l’État
le rétablissement de l’autorité publique sur tout le territoire national
le respect de la Constitution, de la jurisprudence et des principes républicains
la promotion du dialogue, du consensus et de la responsabilité nationale
Il a également présenté les grandes lignes d’un accord portant sur la mise en place d’un exécutif bicéphale de transition, comprenant :
un Président de la République issu de la Cour de Cassation, garant de l’unité nationale et des institutions
un Premier ministre de consensus, désigné à travers un accord équilibré entre secteurs politiques, économiques et sociaux

Toujours selon Fritz Bussreth, les participants se sont accordés sur des critères rigoureux pour la désignation des dirigeants de la transition :
compétence et qualification avérées
expérience en gestion publique ou institutionnelle
intégrité morale et honnêteté
engagement citoyen reconnu
neutralité politique
attachement aux valeurs démocratiques et à l’État de droit
Un organe de contrôle de la transition est également prévu. Celui-ci aura pour mission de :
surveiller et évaluer l’action gouvernementale
garantir la transparence et la redevabilité
formuler des recommandations publiques
contribuer à la restauration de la confiance citoyenne
Cet organe devra être représentatif de toutes les composantes de la société haïtienne, incluant les départements géographiques, les collectivités locales et la diaspora.
Les participants ont adopté une feuille de route stratégique pour la transition, incluant :
le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire
la restauration de la sécurité publique
la réouverture des axes routiers stratégiques
la relance des institutions républicaines
Fritz Bussreth a insisté sur la nécessité de mettre fin à la fragmentation du pays :
« Il n’y a pas plusieurs Haïti. Nous sommes un seul peuple et nous devons tous contribuer au redressement national. »
L’ancien député Serge Jean-Louis est également intervenu pour replacer cette initiative dans le contexte de l’histoire politique haïtienne. Il a décrit la situation actuelle comme un vide institutionnel prolongé, marqué par le dysfonctionnement des institutions.
« Depuis plusieurs années, aucune institution ne fonctionne normalement. Le pays est plongé dans un chaos généralisé », a-t-il affirmé.
Il a expliqué que cette initiative émane de plusieurs structures politiques, dont la Fondation pour la Démocratie (FND), et vise à proposer une nouvelle gouvernance adaptée à la crise actuelle.
Selon lui, les expériences passées ont démontré les limites des modèles exécutifs existants :
l’échec de l’exécutif monocephale
les insuffisances de l’exécutif bicéphale complexe
Face à ce constat, il défend la mise en place d’un exécutif bicéphale simplifié, articulé autour de la Cour de Cassation.
Serge Jean-Louis a également insisté sur les prérogatives constitutionnelles du Président de la République :
« Seul le Président de la République a la compétence de convoquer le peuple en élections et de publier les résultats électoraux, et non le Premier ministre. »
Il considère ainsi la Cour de Cassation comme un levier institutionnel légitime pour enclencher un processus de transition crédible et conforme aux traditions constitutionnelles haïtiennes.
Cette conférence marque une étape importante dans les tentatives de sortie de crise en Haïti. En misant sur la Cour de Cassation comme pivot institutionnel, les organisateurs entendent proposer une alternative structurée, fondée sur le droit, la légitimité et le consensus.
Reste à savoir si cette initiative parviendra à rallier l’ensemble des forces vives du pays et à s’imposer comme une solution viable dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement complexe.
Rédaction : RÉALITÉ INFO
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