Menu Mobile Scroll
Droits humains

Crise pénitentiaire en Haïti : le RNDDH alerte sur des traitements inhumains au CERMICOL et appelle l’État à agir

Crise pénitentiaire en Haïti : le RNDDH alerte sur des traitements inhumains au CERMICOL et appelle l’État à agir

Port-au-Prince, 9 mars 2026.- Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la situation alarmante qui prévaut au Centre de Rééducation des Mineurs en Conflit avec la Loi (CERMICOL). Dans un rapport rendu public ce 9 mars 2026, l’organisation de défense des droits humains dénonce des traitements « cruels, inhumains et dégradants » infligés aux personnes privées de liberté et appelle les autorités haïtiennes à prendre des mesures urgentes pour restaurer le respect de la dignité humaine dans ce centre carcéral devenu surpeuplé.

Selon le RNDDH, la situation actuelle constitue une violation flagrante des normes constitutionnelles et internationales relatives aux droits fondamentaux des détenus. L’organisation affirme que l’inaction des autorités judiciaires et pénitentiaires contribue à une crise humanitaire silencieuse au cœur du système carcéral haïtien.

Initialement conçu pour accueillir environ 100 mineurs en conflit avec la loi, le CERMICOL a progressivement été transformé en un complexe pénitentiaire accueillant différentes catégories de détenus. Depuis 2023, à la suite d’évasions spectaculaires et d’attaques armées contre plusieurs prisons du pays, notamment celles de Port-au-Prince, Croix-des-Bouquets et Cabaret, les autorités ont décidé d’y transférer plusieurs détenus.

Aujourd’hui, la structure héberge 719 personnes, soit plus de sept fois sa capacité initiale. Parmi elles figurent :

142 femmes, dont la majorité en détention préventive

15 filles mineures

87 garçons mineurs, tous en attente de jugement

475 hommes, dont seulement six condamnés

Selon le RNDDH, cette promiscuité extrême constitue un facteur majeur de violence, de dégradation sanitaire et de vulnérabilité pour les détenus les plus jeunes.

Le rapport décrit une réalité carcérale particulièrement préoccupante. Le centre compte seize cellules, réparties entre hommes, mineurs et femmes. Toutefois, plusieurs espaces initialement destinés à d’autres usages — salles de classe, dispensaire ou zones de loisirs ont été convertis en cellules pour faire face à l’afflux de détenus.

Les conditions sanitaires sont particulièrement alarmantes. Le CERMICOL ne dispose plus de toilettes fonctionnelles, obligeant les détenus à utiliser des sachets ou des seaux pour leurs besoins physiologiques, ensuite évacués par d’autres prisonniers.

Les installations de douche sont également insuffisantes : trois douches seulement servent aux hommes et aux garçons, tandis que les femmes disposent d’un espace rudimentaire sans porte ni toiture.

Le RNDDH souligne que ces conditions violent clairement les normes minimales de traitement des détenus reconnues par les Nations Unies.

LIRE AUSSI:  Cap du 7 février franchi, opérations stoppées : Vladimir Paraison a-t-il joué la montre ?

Autre sujet d’inquiétude : la cohabitation entre mineurs et adultes. Bien que certaines séparations existent, les jeunes détenus évoluent dans un environnement dominé par des adultes incarcérés pour des crimes graves.

Le rapport indique également que les espaces de récréation ont disparu, les anciennes cours et salles de classe ayant été transformées en cellules. Les détenus, y compris les mineurs, passent donc la quasi-totalité de leur temps enfermés.

Selon l’organisation, cette situation compromet gravement toute perspective de rééducation ou de réinsertion sociale pour les jeunes en conflit avec la loi.

Le constat le plus préoccupant concerne le statut juridique des détenus. Sur les 719 personnes incarcérées au CERMICOL, seulement 3 % ont été condamnées, tandis que 97 % attendent encore d’être jugées.

Plusieurs détenus cités dans le rapport sont en détention préventive depuis 7 à 16 ans, sans jugement définitif. Certains ont même été arrêtés alors qu’ils étaient mineurs et ont atteint l’âge adulte en prison.

Le RNDDH considère que cette situation illustre une défaillance profonde du système judiciaire haïtien, incapable de garantir le droit fondamental à un procès dans un délai raisonnable.

La surpopulation et l’insalubrité favorisent également la propagation de maladies. Des cas de malnutrition, de tuberculose, de maladies cutanées et de troubles mentaux ont été signalés parmi les détenus.

Le dispensaire du centre, censé servir aux soins médicaux, est aujourd’hui transformé en cellule pour héberger 36 femmes et un nourrisson, rendant pratiquement impossible toute consultation médicale confidentielle.

Selon le RNDDH, cette situation représente un danger non seulement pour les détenus mais aussi pour le personnel pénitentiaire.

Face à ce tableau préoccupant, le RNDDH formule plusieurs recommandations. L’organisation appelle notamment les autorités à :

réduire la surpopulation carcérale;

accélérer le traitement judiciaire des dossiers;

séparer strictement mineurs et adultes;

garantir un accès adéquat aux soins de santé;

améliorer les conditions de travail du personnel pénitentiaire;

L’organisation estime qu’une réforme urgente du système judiciaire et pénitentiaire est indispensable afin d’éviter que le CERMICOL ne devienne le symbole d’une crise encore plus profonde de l’État de droit en Haïti.

Alors que la situation sécuritaire et institutionnelle demeure fragile dans le pays, le rapport conclut que la dignité des personnes privées de liberté reste un test majeur pour la crédibilité des autorités et leur engagement envers les droits humains.

Rédaction : RÉALITÉ INFO
realiteinfo.com 🌐

Réalité Info

RÉALITÉ INFO est un média en ligne haïtien destiné à informer une audience mondiale. Notre priorité est de fournir à nos lecteurs des informations fiables et pertinentes sur les événements culturels, sociaux, économiques et politiques. realiteinfo1@Gmail.com Un média en ligne proposant une approche novatrice centrée sur une information authentique et actualisée en temps réel.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page