Haïti : REKONSILYE présente son projet politique et appelle à l’unité nationale

Le parti politique REKONSILYE a officiellement présenté sa plateforme politique ce jeudi 27 août 2026, lors d’une activité organisée à dans la commune de Pétion-Ville. La rencontre a réuni plusieurs personnalités publiques et représentants de différents secteurs, autour d’un message axé sur la réconciliation nationale, la jeunesse, la sécurité, la justice et la reconstruction d’Haïti.
Pétion-Ville, 27 août 2026 .- REKONSILYE entend désormais inscrire son action politique dans une dynamique de rassemblement et de réconciliation nationale. La présentation officielle de la plateforme a réuni plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles des journalistes, dont Jimmy VALESCOT, des hommes d’affaires du secteur privé, des syndicalistes, des membres du parti, d’anciens parlementaires, des avocats, des militants ainsi que plusieurs autres personnalités issues de la société haïtienne.

La diversité de l’assistance a marqué cette activité au cours de laquelle plusieurs responsables et représentants de REKONSILYE ont exposé leur vision de la situation du pays et les principales orientations qu’ils souhaitent défendre.
Prenant la parole lors de cette présentation officielle, le président de REKONSILYE, Jean Junior Jiha, a d’abord dénoncé la dégradation de la situation sécuritaire et les violences qui continuent de coûter la vie à des citoyens.
« Nous sommes fatigués des massacres, fatigués de l’impunité », a-t-il lancé, estimant que les pertes en vies humaines et les disparitions enregistrées constituent une véritable tragédie nationale.
Dans son intervention, Jean Junior Jiha a ensuite dressé un bilan critique des quatre dernières décennies. Depuis 1986, a-t-il rappelé, Haïti a connu des changements de gouvernements, de Constitution, de discours politiques, des transitions, des élections, des coups d’État, des accords politiques et plusieurs réformes, sans parvenir à améliorer durablement les conditions de vie de la majorité de la population.
Il a notamment posé une question centrale : les Haïtiens vivent-ils réellement mieux aujourd’hui que leurs parents ou leurs grands-parents il y a quarante ans ? Pour lui, la réponse traduit l’échec des méthodes politiques jusque-là utilisées.
Jean Junior Jiha a également évoqué l’insécurité, le chômage, l’exil forcé des jeunes, l’affaiblissement des services publics et la perte de confiance entre les citoyens et l’État. Il a surtout dénoncé les divisions qui, selon lui, opposent aujourd’hui les Haïtiens alors qu’ils appartiennent à une même nation.
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C’est précisément face à cette réalité que REKONSILYE entend proposer une autre approche. La réconciliation est présentée comme une méthode de travail et une priorité politique, avec la volonté de rassembler les différentes composantes de la société et d’offrir une nouvelle alternative à la jeunesse.
« Si quarante ans ne nous ont pas permis de sortir de cette spirale, il faut changer de méthode », a défendu le président de REKONSILYE, appelant à rompre avec les pratiques qui ont entretenu les divisions politiques et sociales.
Pour Jean Junior Jiha, la nouvelle plateforme doit ainsi permettre aux Haïtiens de regarder l’avenir autrement, de dépasser les clivages et de reconstruire ensemble le pays.
De son côté, l’ancien député Gary Bodeau a livré l’une des interventions les plus critiques sur la situation actuelle d’Haïti.
Selon lui, le pays se trouve à un tournant de son histoire et doit retrouver sa capacité à décider de son avenir. Il estime notamment qu’un pays qui ne contrôle plus sa sécurité, qui dépend de forces étrangères pour répondre à ses problèmes internes et qui ne parvient pas à satisfaire les besoins essentiels de sa population est un pays qui se meurt .

Gary Bodeau a également abordé la situation des Haïtiens présents aux États-Unis dans le cadre de programmes humanitaires, dénonçant ce qu’il considère comme l’absence d’une stratégie diplomatique haïtienne suffisamment efficace pour défendre leurs intérêts.
L’ancien parlementaire a plaidé pour une diversification des alliances diplomatiques et économiques d’Haïti, ainsi que pour de nouveaux partenariats commerciaux avec des pays susceptibles de contribuer au développement national.

Il a également appelé à revoir les relations avec la République dominicaine et à mieux exploiter les possibilités de coopération économique entre les deux pays.
Steevenson Telfort a, de son côté, insisté sur la nécessité de donner une véritable place à la jeunesse dans les décisions publiques.

Pour lui, les jeunes ne doivent plus être considérés uniquement comme un réservoir de voix lors des élections, mais comme des acteurs à part entière de la transformation du pays.
Il a cité plusieurs priorités : éducation, formation professionnelle, emploi, culture, entrepreneuriat, sport et participation citoyenne.
« Un pays qui abandonne sa jeunesse abandonne son avenir », a-t-il soutenu, appelant à créer les conditions permettant aux jeunes de construire leur avenir en Haïti plutôt que d’être contraints de quitter le pays.
Ce dernier a également défendu un processus de réconciliation nationale fondé sur la vérité, la justice et la responsabilité, estimant que la réconciliation ne doit pas être synonyme d’oubli ou d’impunité.


La présidente de la jeunesse de REKONSILYE, Francesse Baptiste, a livré un message principalement destiné aux jeunes.
S’exprimant largement en créole, elle a appelé cette génération à sortir de la marginalisation politique et à participer directement aux décisions concernant l’avenir du pays.
Son intervention s’est articulée autour d’un message simple : la jeunesse doit être à la table des décisions.
Elle a également encouragé les jeunes à s’unir autour du projet de réconciliation défendu par REKONSILYE et à prendre leurs responsabilités dans la vie politique et sociale du pays.
L’ancien député Jean Marcel Lumerant, représentant du KID, a également insisté sur l’importance de l’unité nationale.
Il a précisé que l’unité ne signifie pas que tous les Haïtiens doivent avoir les mêmes opinions, ni qu’il faut oublier les erreurs du passé. Elle doit plutôt permettre aux différents secteurs de travailler ensemble autour de l’intérêt national.
Lumerant a proposé l’idée d’un nouveau contrat national et social, reposant notamment sur le dialogue, le respect mutuel et l’action collective.
Selon lui, la réconciliation doit dépasser le cadre politique pour devenir également une démarche sociale et institutionnelle.
« Haïti doit passer avant tout intérêt politique », a-t-il déclaré, appelant les différents secteurs à identifier ce qui les rassemble plutôt que ce qui les divise.
À travers les différentes interventions, REKONSILYE a cherché à présenter une alternative politique fondée sur le rassemblement, la réconciliation et la participation citoyenne.
La sécurité, la justice, la jeunesse, le développement économique, les relations internationales et la reconstruction de la confiance entre les citoyens et les institutions figurent parmi les principaux thèmes abordés au cours de l’activité.
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Pour ses dirigeants, Haïti ne peut plus se limiter à gérer les crises successives. Le pays doit, selon eux, se doter d’une vision à long terme et mobiliser ses forces vives autour d’un projet national.
La présentation officielle de REKONSILYE constitue ainsi une première étape dans l’affirmation de cette nouvelle plateforme politique, qui devra désormais traduire ses engagements et ses principes en propositions concrètes susceptibles de répondre aux préoccupations de la population haïtienne.
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