Élections en Haïti : des partis politiques sollicitent la suspension du processus électoral et contestent le calendrier

Élections en Haïti : des partis politiques sollicitent la suspension du processus électoral et contestent le calendrier
Pétion-Ville, 27 août 2026 .- Divers partis et groupements politiques sollicitent le Conseil électoral provisoire (CEP) afin de réexaminer, voire de suspendre certains éléments du processus électoral en cours, jugeant que les conditions actuelles ne garantissent pas l’organisation d’élections crédibles et sécurisées. Réunis jeudi à Pétion-Ville, ils ont principalement critiqué le calendrier électoral, les modalités d’inscription des partis et la situation sécuritaire dans plusieurs zones du pays.
Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce jeudi 27 août à Pétion-Ville, les responsables politiques ont formulé d’importantes réserves concernant le processus électoral annoncé par le Conseil Électoral Provisoire (CEP). Ils estiment que plusieurs exigences et échéances prévues ne reflètent ni la réalité politique ni la situation sécuritaire actuelle du pays.
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Me Maxime Augustin estime que les conditions nécessaires à une participation normale des électeurs, des candidats, des agents électoraux et des divers acteurs impliqués dans les prochaines élections ne sont pas réunies.
Il mentionne en particulier les départements de l’Ouest et de l’Artibonite, où une partie de la population continue de faire face à l’insécurité et aux violences des groupes armés. Dans ce contexte, les partis signataires estiment qu’il sera difficile d’assurer l’accès des citoyens aux bureaux de vote et de garantir leur pleine participation au processus électoral.
Les responsables politiques présents lors de la conférence ont exprimé de vives critiques à l’égard du calendrier électoral. Ils estiment que les délais accordés pour l’inscription des candidats sont trop courts, ce qui ne permet pas aux partis de se préparer de manière adéquate. Par ailleurs, ils dénoncent un calendrier qu’ils jugent, de façon plus générale, déconnecté des réalités du pays.
Pour ces formations politiques, le respect des échéances dans les conditions actuelles pourrait engendrer un processus auquel de nombreux acteurs ne pourraient pas prendre part.
Par ailleurs, les modalités d’inscription des partis soulèvent également des préoccupations.
D’après les déclarations formulées lors de la conférence, le CEP prônerait que les formations politiques soumettent un nombre substantiel de membres afin de participer au processus. Les intervenants jugent qu’il est nécessaire de réexaminer ces exigences en tenant compte de la situation démographique, sécuritaire et sociale du pays.
Ils expriment des craintes quant à l’exclusion possible de certaines formations politiques du processus électoral, en raison de contraintes administratives qu’elles considèrent comme difficiles à respecter.
Pour sa part, l’ancien ministre Joiséus Nader a été très clair au sujet de la situation sécuritaire.
« Ce n’est pas envisageable », a-t-il souligné, estimant que l’insécurité actuelle demeure incompatible avec l’organisation d’élections dans des conditions appropriées.
Il a également mentionné la situation des populations touchées par les violences des groupes armés, en particulier celles contraintes de fuir leur domicile ou de vivre dans des zones contrôlées ou menacées par des gangs.
Selon ses déclarations, organiser des élections sans aborder la problématique de la sécurité risque de reproduire les mêmes difficultés et de fragiliser davantage la légitimité des institutions issues de ce scrutin.
Au-delà de leurs critiques concernant le processus électoral, les partis et groupements politiques réunis à Pétion-Ville ont appelé à une réponse politique plus globale face à la crise haïtienne.
Ils suggèrent notamment l’établissement d’un gouvernement de consensus national, rassemblant divers secteurs de la société, afin de s’attaquer aux enjeux liés à la sécurité, à la gouvernance, ainsi qu’à la situation économique et sociale.
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Joiséus Nader souligne que la lutte contre l’insécurité ne peut pas se fonder uniquement sur l’usage de la force. Il met également en avant l’importance de créer des emplois et de diminuer la précarité, qu’il identifie comme des facteurs aggravants de la crise actuelle.
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