7 février 2026 sous tension : des étudiants rejettent une nouvelle transition et misent sur une continuité contrôlée du pouvoir
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7 février 2026 sous tension : des étudiants rejettent une nouvelle transition et misent sur une continuité contrôlée du pouvoir
Port-au-Prince, 3 décembre 2025.- Le mouvement estudiantin Rezo Etidyan pou Aksyon Sivik a organisé, ce mercredi, une matinée de réflexion autour du thème « Regards croisés de la jeunesse sur la conjoncture de crise en Haïti ». À l’issue des échanges, une position claire s’est dégagée : le rejet catégorique d’une nouvelle transition politique à l’échéance du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition.
Réunissant des étudiantes et étudiants issus de plusieurs facultés, la rencontre visait à analyser la situation sociopolitique du pays et à dégager des pistes d’engagement citoyen. Très vite, le débat s’est cristallisé autour de la gouvernance post-7 février et des risques d’un nouveau schéma transitoire.
Lors de son intervention, l’étudiante Jean Louis Wendie Djennyca a fermement dénoncé l’idée d’une nouvelle transition. Selon elle, les multiples propositions évoquant les conditions d’organisation des élections ne sauraient justifier l’installation d’un troisième pouvoir transitoire.
« Cela n’a aucun sens de replonger le pays dans une autre transition coûteuse, qui ne ferait que nous faire perdre davantage de temps », a-t-elle déclaré.
Elle a également critiqué l’éventualité d’un exécutif à tête unique, estimant qu’un tel choix plongerait le pays dans plus d’instabilité. Rappelant l’esprit de la Constitution, elle a insisté sur la nécessité d’un exécutif à deux têtes : un président et un Premier ministre. Toutefois, elle a précisé que le réseau estudiantin propose la poursuite de l’actuelle transition avec un seul président choisi parmi les conseillers présidents.
Expliquant les critères de ce choix, Noël Éden a indiqué que trois conseillers cités dans le scandale de la BNC ne peuvent, selon eux, inspirer la confiance nécessaire pour organiser de prochaines élections. Il a également rappelé que Fritz Alphonse Jean fait l’objet de sanctions de la communauté internationale.
Dans ce contexte, le réseau estime que la meilleure option reste Leslie Voltaire, représentant du parti politique Fanmi Lavalas au sein du Conseil présidentiel.
Selon Noël Éden, ce dernier a déjà démontré son leadership à la tête du Conseil, sa capacité à dialoguer avec tous les secteurs et à exercer l’autorité sans crainte. « C’est un homme capable de regarder tout le monde dans les yeux et d’ouvrir le dialogue sans exclusion », a-t-il soutenu.
Noël Éden a toutefois tenu à préciser que ce soutien ne constitue en aucun cas un « chèque en blanc ». Les étudiants entendent rester mobilisés pour surveiller et contrôler l’action gouvernementale. Il a, par ailleurs, lancé un appel à l’ensemble de la communauté estudiantine pour rejoindre cette dynamique de vigilance citoyenne.
À travers cette prise de position, le mouvement estudiantin affirme sa volonté de peser dans le débat national et de refuser toute solution politique qu’il juge coûteuse, improductive et déconnectée des attentes de la population. La date du 7 février 2026 s’annonce ainsi comme un nouveau point de tension majeur dans l’agenda politique haïtien.
La rédaction.


