RHAJAC accuse l’ONI de risques liés aux données et met en doute le processus électoral en Haïti

Le RHAJAC alerte sur l’utilisation présumée de données personnelles dans le processus électoral et réclame un audit de l’ONI et une vérification des listes d’adhérents.
Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) alerte sur les risques liés à l’insécurité, à la corruption et à l’utilisation présumée de données personnelles dans le processus électoral. L’organisation réclame notamment un audit de l’Office national d’identification (ONI) et une vérification indépendante des listes d’adhérents exigées par le Conseil électoral provisoire (CEP).
Le processus électoral haïtien fait face à de nouvelles accusations. Dans une note de presse publiée le 1er septembre 2026, le RHAJAC estime que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ne dispose pas, dans les conditions actuelles, de la crédibilité nécessaire pour conduire l’organisation d’élections « libres, transparentes et crédibles ».
L’organisation cite trois préoccupations majeures : l’insécurité persistante, la corruption et le risque de vol ou d’utilisation abusive de données d’identité.
Selon le RHAJAC, des informations recueillies auprès de sources au sein de l’Office national d’identification (ONI) feraient état de la collecte de données personnelles de fonctionnaires dans le cadre d’un « recensement administratif ».
L’organisation affirme que certains fonctionnaires disposant déjà d’une carte d’identification valide auraient reçu une nouvelle carte portant le même NIU et la même photographie, mais avec une nouvelle date d’expiration.
Le RHAJAC avance également une accusation plus grave, qui reste à ce stade non établie de manière indépendante.
D’après les informations dont il dit disposer, le directeur général de l’ONI, Reynold Guerrier, aurait transmis les données collectées à des regroupements politiques considérés comme proches du Premier ministre, notamment « Viktwa » et « Rekonsilye ». Certaines données auraient, selon l’organisation, également été vendues à d’autres regroupements politiques.
Ces allégations nécessitent des vérifications indépendantes et les personnes ou structures mises en cause doivent pouvoir répondre à ces accusations.
Le RHAJAC s’inquiète par ailleurs de l’exigence du CEP demandant aux partis et regroupements politiques de présenter 30 000 adhérents.
Pour l’organisation, cette disposition pourrait favoriser la constitution de listes artificielles, l’utilisation de données personnelles sans consentement, l’achat de fichiers ou encore le partage de listes entre différentes formations politiques.
Le réseau demande ainsi que la provenance des listes d’adhérents soumises par plusieurs structures soit examinée. Il cite notamment des organisations liées à Mathias Pierre, à l’ancien président Jocelerme Privert, ainsi que les plateformes Viktwa et Rekonsilye.
Face à ces inquiétudes, le RHAJAC demande la mise en place d’une enquête indépendante, un audit immédiat de l’ONI et une vérification approfondie de l’identité des personnes figurant sur les listes d’adhérents.
L’organisation estime qu’une vérification superficielle pourrait fragiliser davantage la confiance déjà limitée dans le processus électoral.
Pour le RHAJAC, la question dépasse donc la seule organisation des élections. Elle touche directement à la protection des données personnelles, à l’intégrité du fichier électoral et à la confiance des citoyens dans les institutions.
Dans un pays toujours confronté à une forte insécurité, le réseau considère que l’absence de garanties suffisantes sur l’identité des électeurs et la transparence du processus pourrait compromettre la légitimité du prochain scrutin.


