Hausse des prix de carburant : les syndicats durcissent le ton et donnent jusqu’à dimanche au gouvernement pour agir

Delmas, le 16 avril 2026 .- Les principales organisations syndicales du secteur textile haïtien ont haussé le ton jeudi lors d’une conférence de presse tenue à Delmas, après trois journées de grève visant à dénoncer la hausse récente des prix du carburant et la stagnation du salaire minimum. L’Ente Sendikal Premye Me Batay Ouvriye (ESPM-BO) et la Centrale autonome des travailleurs haïtiens (CATH) ont dressé un premier bilan de la mobilisation et lancé un ultimatum clair au gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé.
Les responsables syndicaux réclament une réduction immédiate du prix du carburant à la pompe ainsi qu’un relèvement du salaire minimum journalier à 3 000 gourdes, estimant que les décisions gouvernementales aggravent davantage la précarité des travailleurs déjà confrontés à une inflation persistante et à une dégradation accélérée du coût de la vie.
Selon Télémaque Pierre, dirigeant de l’ESPM-BO, la décision d’augmenter le prix des produits pétroliers a provoqué une flambée généralisée des prix du transport, de l’alimentation et des biens de première nécessité. Il a dénoncé une politique qui, selon lui, « accentue la misère » dans un pays où une grande partie de la population peine déjà à se nourrir quotidiennement.
Le dirigeant syndical a également souligné que, depuis plusieurs années, aucun ajustement salarial significatif n’a été accordé aux ouvriers des zones franches, notamment dans les parcs industriels de Caracol, Codevi et Port-au-Prince, alors que le pouvoir d’achat continue de s’effondrer. Il affirme que la mobilisation de cette semaine a paralysé une large partie des activités dans plusieurs usines du pays.
Pour sa part, Fignolé St-Cyr, secrétaire général de la CATH, a confirmé que le gouvernement dispose jusqu’à dimanche à minuit pour annoncer des mesures concrètes. Faute de réponse favorable, les syndicats annoncent déjà une reprise et un élargissement du mouvement de grève dès lundi, avec l’objectif de rallier d’autres secteurs professionnels au mouvement social.
Les organisations syndicales insistent sur le fait que cette mobilisation dépasse désormais le seul cadre des ouvriers du textile. Elles estiment que la hausse du carburant affecte l’ensemble de l’économie nationale et pèse sur tous les travailleurs, qu’ils soient dans l’éducation, la santé, les médias ou le commerce informel.
En plaçant le gouvernement face à cette échéance, les syndicats ouvrent une nouvelle phase de confrontation sociale dans un contexte économique particulièrement tendu, où la question du pouvoir d’achat devient de plus en plus centrale dans le débat public haïtien.


