Élections en Haïti : le RHAJAC met en doute la capacité du gouvernement à organiser un scrutin crédible

Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) met en doute la capacité du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé à organiser des élections crédibles dans le contexte sécuritaire actuel. Dans une note publiée le 18 août 2026, l’organisation réclame le départ du Premier ministre et l’ouverture d’un dialogue national pour mettre en place un nouvel exécutif.
Port-au-Prince, 18 août 2026.- Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) hausse le ton contre le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé. Dans une note de presse datée du 18 août 2026, l’organisation estime que les conditions actuelles ne permettent pas, selon elle, d’organiser des élections crédibles en Haïti.
Le RHAJAC établit un parallèle entre le déroulement des examens du baccalauréat et la préparation du processus électoral. L’organisation affirme que les autorités ont pu permettre la tenue des examens dans certaines zones affectées par la présence de groupes armés, mais soutient qu’une telle situation ne saurait garantir la crédibilité d’un scrutin national.
Cette affirmation concernant d’éventuels accords entre autorités et groupes armés n’a toutefois pas pu être confirmée indépendamment à ce stade.
Les examens du baccalauréat se sont effectivement déroulés du 13 au 16 juillet 2026. Le MENFP avait annoncé 118 090 candidats et indiqué avoir mobilisé les autorités sécuritaires afin d’assurer le déroulement des épreuves.
Le RHAJAC va plus loin en contestant directement la capacité du gouvernement à conduire le processus électoral. Il affirme que plusieurs communes et départements demeurent sous le contrôle de groupes criminels et estime que l’absence de plusieurs partis politiques traditionnels ainsi que le faible nombre d’électeurs inscrits constitueraient également des obstacles à la crédibilité du scrutin.
Ces affirmations doivent cependant être distinguées des faits vérifiés. Le CEP travaille officiellement à la préparation des prochaines élections et a indiqué, après une rencontre avec le Premier ministre en juin, que les discussions portaient notamment sur les dispositions nécessaires à l’organisation d’élections libres, inclusives, transparentes et crédibles.
Sur le plan sécuritaire, le gouvernement a également engagé des mécanismes de coopération avec la Force de répression des gangs. Un protocole signé le 14 juillet par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Patrick Pélissier, et le représentant de cette force, Jack Christofides, porte notamment sur la remise aux autorités haïtiennes des personnes arrêtées ainsi que des armes et matériels saisis.
Le RHAJAC accuse par ailleurs le gouvernement de financer des élections qu’il considère comme vouées à l’échec et d’utiliser des fonds publics au profit de « firmes bidon » proches du pouvoir. Ces accusations, particulièrement graves, ne sont pas étayées dans la note par des documents financiers ou contractuels permettant à RÉALITÉ INFO de les présenter comme des faits établis.
L’organisation met également en cause le bilan sécuritaire du Premier ministre depuis son arrivée à la Primature. Alix Didier Fils-Aimé a pris officiellement ses fonctions le 11 novembre 2024.
Le RHAJAC demande finalement son départ immédiat et propose l’ouverture d’un dialogue national devant conduire, selon lui, à la formation d’un exécutif bicéphale chargé de rétablir l’ordre et de préparer des élections crédibles.


