Éducation : la FENATEC dénonce l’irresponsabilité de l’État et réclame la nomination des enseignants

Éducation : la FENATEC dénonce l’irresponsabilité de l’État et réclame la nomination des enseignants
Pétion-Ville, 18 août 2026.- La Fédération nationale des travailleurs en éducation et en culture (FENATEC) monte au créneau face à la situation du système éducatif haïtien. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 18 août 2026, son secrétaire général, Hubermane Clermont, a dénoncé ce qu’il considère comme une irresponsabilité de l’État, notamment dans la gestion de l’éducation nationale et dans la préparation de la réouverture des classes pour l’année académique 2026-2027.
À travers cette intervention, la FENATEC entendait également dénoncer la détérioration des conditions d’enseignement et d’apprentissage dans le pays ainsi que ce que le syndicat qualifie de mépris du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) envers les revendications des enseignants.
Pour Hubermane Clermont, la question de la nomination des enseignants qualifiés constitue l’une des principales revendications de la FENATEC.
Le secrétaire général affirme que de nombreux enseignants travaillent depuis trois, quatre, voire cinq ans dans les salles de classe sans disposer d’une lettre de nomination. Selon lui, le processus de nomination continue d’être utilisé par le ministère comme un moyen de capital politique, au profit de personnes liées à des réseaux politiques déterminés.
La FENATEC demande donc au ministère de l’Éducation nationale de nommer tous les enseignants qualifiés qui travaillent actuellement dans les salles de classe.
Le syndicat réclame également la régularisation de la situation des enseignants et l’application des engagements pris dans l’accord du 20 janvier 2025, notamment en matière d’avantages sociaux et de carte de débit, selon les éléments avancés par Hubermane Clermont.
La situation des établissements scolaires constitue un autre sujet majeur de préoccupation pour la FENATEC.
Hubermane Clermont dénonce la transformation de plusieurs écoles en camps pour personnes déplacées. Cette situation, explique-t-il, a entraîné la relocalisation de certains établissements dans des espaces qui n’étaient pas initialement conçus pour accueillir des élèves.
Selon le secrétaire général, des enfants se retrouvent ainsi entassés dans des espaces inadaptés, ce qui complique davantage les conditions d’enseignement et d’apprentissage.
Il évoque également la situation de certains établissements scolaires qu’il présente comme particulièrement préoccupants, notamment l’École nationale Jean-François Govin et l’École nationale Isidore Boisron, citées dans sa déclaration comme des exemples de conditions précaires.
Pour la FENATEC, un enseignement de qualité passe nécessairement par des conditions de travail décentes pour les enseignants et des infrastructures adaptées aux élèves.
Dans sa déclaration, Hubermane Clermont estime que l’État haïtien n’a pas suffisamment fait de l’éducation une priorité nationale au cours des dix dernières années.
Il déplore notamment la faible place du secteur public dans l’offre scolaire. Selon les chiffres avancés par le secrétaire général de la FENATEC, moins de 20 % de l’offre scolaire se trouve dans le secteur public, tandis que plus de 80 % relève du secteur privé.
La FENATEC estime également que les augmentations budgétaires enregistrées au cours des cinq dernières années ne se traduisent pas suffisamment dans les salles de classe.
Le syndicat critique par ailleurs certaines réformes curriculaires qui, selon lui, sont engagées sans que les infrastructures nécessaires et la formation continue des enseignants soient suffisamment prises en compte.
La FENATEC pointe aussi l’absence, selon elle, de programmes d’accompagnement adéquats pour les catégories les plus vulnérables.
Hubermane Clermont cite notamment les familles en situation de déplacement ainsi que les enseignants eux-mêmes confrontés au déplacement. Il estime que ces catégories doivent bénéficier d’un accompagnement permettant leur retour dans des conditions scolaires appropriées.
Le secrétaire général insiste également sur le poids des dépenses scolaires pour les familles haïtiennes. Il appelle ainsi l’État à prévoir un financement adéquat permettant aux parents de mieux supporter le coût de la scolarisation de leurs enfants.


