Éducation : La FENASE exige le départ du ministre Antoine Augustin et dénonce la dérive politique du système scolaire

Éducation : La FENASE exige le départ du ministre Antoine Augustin et dénonce la dérive politique du système scolaire
Pétion-Ville, 20 janvier 2026.- Un an après la signature de l’Acte d’engagement du 20 janvier 2025 entre l’État haïtien et les syndicats d’enseignants, la Fédération Nationale des Syndicats en Éducation (FENASE) hausse le ton. La fédération affirme que les promesses faites aux éducateurs n’ont pas été respectées et exige désormais le départ du ministre de l’Éducation nationale, Antoine Augustin, du gouvernement ainsi que du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
Le président de la FENASE, Me Yvelt Admettre, a livré une déclaration particulièrement ferme sur la situation du secteur éducatif. Selon lui, les autorités ont fait preuve d’un manque total de volonté politique pour redresser l’école haïtienne.
« Depuis un an, nous constatons le vide, l’inaction et l’improvisation dans la gestion de l’éducation nationale. Aucune mesure sérieuse n’a été prise pour améliorer les conditions de travail des enseignants ni pour transformer le système éducatif. Les revendications légitimes des professeurs sont restées sans réponse », a déclaré Me Yvelt Admettre.
Le président de la FENASE rappelle qu’en janvier 2025, après une grève générale ayant paralysé les écoles publiques, l’État avait été contraint d’ouvrir des négociations avec les plateformes syndicales. Ces discussions avaient abouti à la signature d’un Acte d’engagement prévoyant notamment :
La nomination officielle de tous les enseignants en salle de classe ;
Le paiement des arriérés de salaire ;
L’octroi d’une carte de débit comme avantage social ;
L’alignement salarial des enseignants du 1er, 2e et 6e année fondamentale ;
L’amélioration du système d’assurance des fonctionnaires publics.
« Nous avons signé cet accord dans l’espoir que la situation des enseignants serait enfin prise au sérieux. Mais aujourd’hui, nous devons reconnaître que nous avons été trompés. Les engagements n’ont pas été respectés », a martelé Me Admettre.
Le président de la FENASE dénonce une gestion politisée du ministère de l’Éducation nationale. Selon lui, les nominations sont accordées sur des bases partisanes plutôt que sur les compétences professionnelles.
« Le ministère est devenu un espace de règlement de comptes politiques. Si vous n’êtes pas membre du parti au pouvoir, vous n’obtenez pas de lettre de nomination. Pendant ce temps, des personnes sans expérience en salle de classe sont promues, alors que de vrais enseignants restent marginalisés », a-t-il affirmé.
Il accuse également les autorités d’avoir induit en erreur même la Primature sur la question des nominations.
« On a promis au Premier ministre que le problème serait résolu. Aujourd’hui encore, le système reste bloqué. Les nominations continuent d’être distribuées à des personnes qui n’ont rien à voir avec l’éducation », a ajouté Me Admettre.
Pour la FENASE, la soi-disant refondation de l’école haïtienne annoncée par le ministère avant le 7 février ne repose sur aucune base sérieuse.
« On ne peut pas parler de refondation quand les enseignants ne sont pas respectés, quand les salaires ne sont pas payés, quand l’assurance santé ne fonctionne pas et quand les décisions sont dictées par la politique », a dénoncé le président de la fédération.
Le secrétaire général Janvier Estatin a, pour sa part, rappelé les objectifs de la mobilisation.
« Notre démarche vise d’abord à évaluer l’application de l’accord du 20 janvier 2025, ensuite à dresser le bilan du passage du ministre Antoine Augustin et de son équipe, et enfin à clarifier notre position sur la refondation de l’école haïtienne », a-t-il expliqué.
Il reconnaît que des efforts ont été faits concernant la question des cartes de débit, à travers une compensation financière, mais estime que cela ne correspond pas aux engagements initiaux.
« Nous ne réclamions pas une compensation, mais une véritable carte de débit, comme prévu dans l’accord », a-t-il précisé.
Sur la question de l’assurance santé, Janvier Estatin parle d’un système inefficace, incapable de couvrir les besoins réels des enseignants.
Face à ce qu’elle qualifie d’échec total, la FENASE réclame :
La démission du ministre Antoine Augustin ;
Le départ du gouvernement ;
La dissolution du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
« L’éducation ne peut pas être gérée comme une affaire politique. L’avenir du pays se joue dans les salles de classe », a conclu Me Yvelt Admettre.
Un an après la signature de l’accord, les revendications légitimes des enseignants restent sans réponse, selon la fédération.
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