Crise électorale : le CEP sous pression après une contestation juridique majeure

Crise électorale : le CEP sous pression après une contestation juridique majeure
La tension monte autour du processus électoral dans le pays. Plusieurs dirigeants de partis et regroupements politiques ont adressé une mise en demeure au président du Conseil électoral provisoire (CEP), Jacques Desrosiers, pour contester l’éventuelle application de certaines dispositions du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections signé le 23 février 2026.

Dans cette correspondance datée du 5 mai 2026 et reçue officiellement par le CEP, les signataires affirment avoir été informés de l’intention de l’institution électorale d’utiliser certaines clauses du pacte dans l’organisation des prochaines élections.
Les responsables politiques estiment que le CEP doit respecter une “stricte neutralité juridique” et ne peut fonder ses décisions que sur la Constitution et les lois en vigueur.
Dans leur document, les signataires dénoncent particulièrement les dispositions qui accorderaient au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé des prérogatives présidentielles ainsi qu’un pouvoir de modification de la Constitution en dehors du cadre légal établi.
Selon eux, une telle démarche représenterait une violation de la Constitution et engagerait la responsabilité administrative, civile et pénale des membres du CEP.
Les organisations politiques demandent ainsi au Conseil électoral provisoire de s’abstenir de toute application du pacte contesté, de garantir l’égalité de traitement entre les partis politiques et d’assurer la régularité du processus électoral.
Les auteurs de la mise en demeure préviennent également que toute décision prise sur la base de ce pacte sera immédiatement contestée devant les juridictions compétentes.
Le document porte notamment la signature de Jean Paul Bastien, coordonnateur d’Alternative Socialiste (ASO), ainsi que d’autres représentants politiques et syndicaux impliqués dans cette démarche.

Parallèlement, une autre procédure judiciaire a été adressée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé concernant le récent réajustement des prix des produits pétroliers.
Dans cet acte transmis par voie d’huissier, les requérants dénoncent une augmentation des prix à la pompe qu’ils jugent illégale et contraire à la Constitution de 1987 ainsi qu’au décret du 9 mars 1995 relatif à la fixation des prix.
Les signataires estiment que cette décision aggrave davantage le coût de la vie dans le pays, déjà confronté à une crise socio-économique persistante.
Ces démarches interviennent au moment où les débats autour du processus électoral, de la gouvernance politique et de la crise économique continuent d’alimenter les tensions dans le pays.
La multiplication des contestations juridiques pourrait désormais accentuer la pression sur le CEP et sur le gouvernement, alors que plusieurs secteurs réclament davantage de transparence dans les décisions engageant l’avenir politique d’Haïti.


