Sécurité nationale : le Groupe d’initiative pour une Solution Durable à la Crise Haïtienne lance un comité de suivi et un Observatoire

Sécurité nationale : le Groupe d’initiative pour une Solution Durable à la Crise Haïtienne lance un comité de suivi et un Observatoire
Pétion-Ville, 21 janvier 2026.- À l’initiative du Groupe d’initiative pour la Recherche d’une Solution Durable à la Crise Haïtienne, un Colloque sur la sécurité nationale et la Force de répression contre les gangs (FRG) s’est tenu hier dans la commune de Pétion-Ville, réunissant des experts en sécurité, des acteurs politiques et des représentants de la société civile autour de la recherche de solutions durables à la crise sécuritaire qui frappe le pays.
À l’issue des travaux, deux résolutions majeures ont été adoptées, marquant une volonté affirmée de structurer une réponse nationale, technique et pérenne à l’insécurité.
La première résolution porte sur la mise en place d’un comité de suivi, chargé d’assurer la continuité des réflexions et la mise en œuvre des recommandations formulées lors du colloque. Ce comité est composé de :
Déus Déronneth, Ph.D
Dr Mackendy Jacques
Dr Merlande Beauzile
Mme Natacha Salomon
Me Jean Vernet Rubin, avocat
La seconde résolution confie formellement à ce comité la responsabilité de mettre sur pied l’Observatoire national de la sécurité, appelé à jouer un rôle stratégique dans l’analyse, l’accompagnement et l’orientation des politiques de sécurité publique.
Intervenant lors des échanges, Déus Déronneth, Ph.D, a souligné que la sécurité constitue aujourd’hui le problème numéro un en Haïti, devenant une nécessité vitale pour tous les citoyens, sans distinction. Il a dénoncé les approches fragmentées et conjoncturelles, estimant que ni la seule action policière ni la répétition des missions internationales n’ont permis d’apporter des résultats durables.
Selon lui, la crise sécuritaire exige un diagnostic rigoureux, fondé sur des analyses techniques et des expériences comparées, afin de déboucher sur des solutions éprouvées. Il a insisté sur l’importance d’une réponse nationale planifiée, portée par la société civile, afin de garantir neutralité, crédibilité et continuité, indépendamment des cycles politiques.
Pour Déus Déronneth, l’Observatoire national de la sécurité devra fournir des recommandations techniques, assurer un suivi des opérations de répression des gangs et contribuer à l’élaboration d’une stratégie sécuritaire à la fois structurelle et durable.
De son côté, Ashley Laraque a livré une intervention critique sur l’état des forces de sécurité haïtiennes. Il a notamment mis en lumière un paradoxe saisissant : le nombre d’Haïtiens servant aujourd’hui dans l’armée américaine dépasserait celui que l’armée haïtienne a jamais compté depuis 1803.
Il a dénoncé l’absence de valorisation des compétences de la diaspora, les dysfonctionnements dans les mécanismes de recrutement et de formation, ainsi que le manque d’encadrement psychologique des agents engagés dans des opérations armées prolongées. Selon lui, l’exposition continue à la violence, sans accompagnement adéquat, fragilise les forces de l’ordre et alimente des dérives préoccupantes.
Ashley Laraque a également soulevé le flou entourant la chaîne de commandement de la Force de répression contre les gangs, déplorant l’absence de communication claire des autorités sur la répartition des responsabilités, les contrats engagés et les objectifs opérationnels.
Les organisateurs ont rappelé que le colloque a été réalisé par le Groupe d’initiative pour la Recherche d’une Solution Durable à la Crise Haïtienne, qui avait officiellement invité la presse à couvrir l’événement afin de garantir une large diffusion des échanges et des recommandations issues de cette rencontre d’intérêt national.
Au terme des discussions, un consensus s’est dégagé : sans vision nationale cohérente, sans gouvernance claire et sans transparence institutionnelle, aucune stratégie sécuritaire ne pourra produire des résultats durables. La création du comité de suivi et de l’Observatoire national de la sécurité est perçue comme une première étape vers une appropriation nationale de la question sécuritaire.
La rédaction.


