Romel Bell : le RNDDH accuse la justice haïtienne de freiner la lutte contre la corruption
Le RNDDH dénonce une décision de justice controversée dans le dossier Romel Bell, accusé de corruption, blanchiment et enrichissement illicite.
Port-au-Prince,le 8 Mai 2026.- Le dossier de Romel Bell relance les débats sur l’impunité et la corruption en Haïti. Dans un rapport publié le 8 mai 2026, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) accuse ouvertement la justice haïtienne d’être “le plus grand obstacle” à la lutte contre la corruption, après une décision controversée de la Cour d’appel de Port-au-Prince.
L’organisation critique sévèrement l’arrêt rendu le 19 novembre 2025 dans l’affaire impliquant l’ancien directeur général de l’Administration Générale des Douanes (AGD), Romel Bell, son épouse Anna Dorvil Bell et le révérend Duckens Augustin.
Selon le rapport de l’ULCC, Romel Bell aurait dissimulé une importante partie de son patrimoine pendant qu’il dirigeait l’AGD. L’enquête évoque plusieurs comptes bancaires non déclarés, des propriétés immobilières, des stations-service, une station de radio ainsi qu’une hausse jugée “injustifiable” de son patrimoine, évaluée à plus de 748 %.
Le dossier Romel Bell mentionne également des soupçons de blanchiment d’avoirs, de fausse déclaration de patrimoine, de fraude fiscale, d’association de malfaiteurs et même de financement du terrorisme.
L’ULCC affirme aussi que l’organisation “Òganizasyon Renmen Timoun”, dirigée par Anna Dorvil Bell, aurait servi à effectuer des transactions financières suspectes. Une partie des fonds collectés aurait notamment servi à payer la scolarité des enfants du couple aux États-Unis.
Le RNDDH estime que la Cour d’appel de Port-au-Prince a accordé aux accusés “plus que ce qu’ils demandaient”. Les juges ont invalidé l’ordonnance du juge instructeur Jean Wilner Morin en évoquant des irrégularités procédurales, sans approfondir le fond du dossier.
Pour l’organisation, la justice haïtienne aurait dû ordonner un complément d’enquête afin d’examiner les accusations liées au blanchiment d’argent, aux fraudes fiscales et à l’enrichissement illicite.
Le RNDDH considère que cette décision affaiblit considérablement la lutte contre la corruption dans l’administration publique haïtienne et risque d’encourager l’impunité.
Le rapport rappelle également que le Groupe d’experts des Nations Unies sur Haïti avait déjà pointé du doigt Romel Bell dans un document publié en septembre 2023.
Les experts onusiens estimaient que l’ancien responsable des douanes avait facilité un système de corruption ayant affecté les recettes douanières et favorisé des activités illicites, notamment le trafic d’armes et de produits psychotropes.
En décembre 2022, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor américain avait aussi sanctionné Romel Bell pour corruption et abus de fonction publique.
Le dossier Romel Bell devient aujourd’hui un symbole des difficultés de la justice haïtienne à traiter les affaires de corruption impliquant de hauts responsables publics.
Le RNDDH affirme que les faits révélés dans cette affaire étaient suffisamment graves pour justifier un procès criminel. L’organisation appelle implicitement à une justice plus indépendante et plus engagée dans la lutte contre les crimes financiers.
Alors que les accusations continuent d’alimenter les débats dans l’opinion publique, cette affaire pourrait encore accentuer la méfiance envers les institutions judiciaires du pays.


