Passeports en Haïti : un réseau de corruption démantelé, le RHAJAC exige des poursuites jusqu’au sommet de l’État

Port-au-Prince, 23 mars 2026 . – Un nouveau scandale éclabousse l’administration publique haïtienne. Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a salué, ce lundi, l’arrestation du directeur général de l’Immigration, Antoine Simon Fénelon, ainsi que de plusieurs cadres, dont Jean Osselin Lambert. Ces interpellations ont été menées par Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) dans le cadre du démantèlement d’un réseau de vente illicite de passeports.
Selon le RHAJAC, cette opération confirme des révélations publiées depuis plus d’un an par ses journalistes. L’organisation affirme que les preuves désormais réunies attestent de l’existence d’un système structuré de trafic de documents officiels, impliquant la délivrance frauduleuse de passeports à des ressortissants étrangers.
D’après les premières informations, certains bénéficiaires de ces documents seraient liés à des circuits de criminalité transnationale cherchant à masquer leur identité. Une situation jugée particulièrement préoccupante par le RHAJAC, qui évoque une menace directe pour la sécurité nationale.
« Cette affaire dépasse largement le cadre administratif », souligne l’organisation, qui estime que les ramifications du réseau pourraient remonter jusqu’aux plus hautes sphères de l’État.
Dans son communiqué, le RHAJAC appelle explicitement à l’implication de hauts responsables dans l’enquête, notamment le ministre de l’Intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, ainsi que son directeur de cabinet, Jean-Claude Telasco.
L’organisation affirme disposer « d’indices graves et concordants » suggérant des faits de corruption, d’association de malfaiteurs et de falsification de documents publics.
Face à la gravité des accusations, le RHAJAC exhorte les autorités judiciaires, notamment le Parquet de Port-au-Prince, la DCPJ et Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), à mener une enquête approfondie et indépendante afin de démanteler l’ensemble du réseau.
L’organisation réclame également des mesures conservatoires immédiates à l’encontre de toutes les personnes impliquées, afin d’éviter toute tentative d’entrave à la justice.
En conclusion, le RHAJAC, par la voix de son secrétaire général Djovany Michel, réaffirme sa détermination à poursuivre ses investigations. Le réseau promet de continuer à collaborer avec ses journalistes affiliés pour exposer les circuits de corruption et défendre l’intérêt public.
Ce dossier, désormais entre les mains de la justice, pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la corruption en Haïti, à condition que les enquêtes aillent jusqu’au bout.
Rédaction : RÉALITÉ INFO
realiteinfo.com 🌐


