Haïti : Messe requiem pour les victimes de l’insécurité, l’Initiative du 10 février accuse frontalement le gouvernement d’Alix Didier Fils Aimé

Ce jeudi 26 février 2026, une messe requiem a été célébrée à l’église Sainte-Thérèse en mémoire des victimes de l’insécurité enregistrées au cours des quinze derniers mois, correspondant à la période de gouvernance du Premier ministre Alix Didier Fils Aimé.
Organisée sur recommandation de plusieurs organisations et partis politiques membres de l’Initiative du 10 février 2026, la cérémonie a pris une dimension résolument politique, les intervenants imputant directement au gouvernement d’Alix la responsabilité de la dégradation continue du climat sécuritaire.
Prenant la parole, Jean Renald Nau, président de l’Initiative du 10 février 2026, a dénoncé ce qu’il qualifie de bilan dramatique des quinze derniers mois sous l’administration d’Alix Didier Fils Aimé.
Il a vivement critiqué certaines déclarations du chef du gouvernement, estimant qu’elles traduisent un manque d’empathie face aux drames humains. Selon lui, l’attitude des autorités démontre une absence de considération pour la souffrance du peuple haïtien. « Nos dirigeants portent une lourde responsabilité dans la situation actuelle », a-t-il martelé, appelant à une prise de conscience nationale.
Jean Renald Nau a également remercié les organisations et responsables religieux présents, tout en exhortant les citoyens à s’unir pour provoquer un véritable changement. « C’est au peuple haïtien de se lever et de conjuguer ses forces pour sortir du chaos », a-t-il lancé.
Garry Rivière, membre de l’Initiative, a pour sa part mis l’accent sur la responsabilité structurelle de l’État au cours de ces quinze mois. Il a souligné que la sécurité repose d’abord sur la prévention et le renseignement, deux mécanismes qui, selon lui, ont été négligés sous le gouvernement actuel.
Il a dénoncé la mauvaise gestion présumée des ressources destinées aux services d’intelligence, estimant que l’absence d’informations fiables empêche toute stratégie efficace de démantèlement des réseaux criminels.
Garry Rivière a également critiqué certaines opérations sécuritaires menées sans travail approfondi de renseignement, affirmant que ces interventions peuvent entraîner des pertes parmi des citoyens innocents. Il a plaidé pour des actions ciblées, fondées sur l’exploitation méthodique des informations recueillies lors des arrestations afin de neutraliser durablement les groupes armés.
De son côté, Jacques Jose Nicolas, président du COACHDHA, a rappelé que parmi les victimes figurent de nombreux enfants, écoliers et étudiants tombés durant cette période de violence.
Il a dénoncé « l’inconscience des dirigeants » et le manque d’organisation des structures étatiques, estimant que toute une génération paie aujourd’hui le prix d’une gouvernance inefficace. « Nous côtoyons chaque jour ces familles endeuillées. Nous devons honorer la mémoire de ces victimes », a-t-il déclaré.
Si la messe requiem se voulait d’abord un moment de recueillement, elle s’est transformée en véritable acte d’accusation contre le gouvernement d’Alix Didier Fils Aimé.
À travers leurs interventions, les responsables de l’Initiative du 10 février 2026 ont clairement établi un lien entre les quinze mois d’insécurité persistante et la gestion actuelle de l’État, appelant à une mobilisation citoyenne pour rompre avec ce qu’ils considèrent comme une spirale d’inaction et d’irresponsabilité.
Par Wilgins VALESCOT


