Il est temps de faire place à la dignité nationale : le Front Commun lance un ultimatum au CPT

Il est temps de faire place à la dignité nationale : le Front Commun lance un ultimatum au CPT
Port-au-Prince, 8 janvier 2026.- Le Front Commun vers la Cour de Cassation (FCC) a tenu, ce jeudi à Pétion-Ville, une importante activité politique visant à proposer une alternative institutionnelle au Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et au gouvernement actuel.
L’événement a rassemblé plusieurs figures politiques, religieuses et intellectuelles autour d’un objectif commun : réclamer une transition fondée sur la Cour de cassation, conformément à la Constitution haïtienne.

Dans une déclaration très critique, le coordonnateur général du FCC, Fritz Bissereth, a dénoncé l’échec du processus actuel de transition, qu’il juge « inutile et inefficace ».
Selon lui, la crise multidimensionnelle que traverse Haïti, insécurité, famine, effondrement des institutions, banditisme, est le résultat d’une gouvernance déconnectée du peuple et de l’histoire nationale.
Il a appelé à une rupture totale avec le système actuel, plaidant pour :
Le respect strict des institutions
Le retour à l’esprit de la Constitution de 1987
Une transition dirigée par des personnalités intègres
« Il est temps de faire place à la dignité nationale, à la conviction et à l’honnêteté », a-t-il martelé, en invitant la communauté internationale à cesser de soutenir des solutions qu’il juge nuisibles à la souveraineté haïtienne.

Pour sa part, le Pasteur Destiné St Pierre a livré une analyse constitutionnelle détaillée. Selon lui, les articles 136, 149, 173 et 59 de la Constitution de 1987 prévoient clairement que, en l’absence d’un président élu, la transition doit être assurée par le juge le plus ancien de la Cour de cassation.
Il a présenté la vision du FCC pour une transition structurée :
Un président issu de la Cour de cassation
Un gouvernement de 15 ministres compétents
Un contrôle institutionnel renforcé
Un calendrier électoral précis entre 2026 et 2027
Il a insisté sur trois priorités :
1. La sécurité
2. L’apaisement social
3. La relance économique
Le Professeur Victor Benoît a dressé un constat alarmant sur la situation de l’État haïtien, qu’il décrit comme « en crise profonde ».
Selon lui, la disparition du Parlement, l’effondrement de l’Exécutif et l’isolement international du pays ont plongé la population dans la confusion et la misère.
Il a rappelé que les expériences passées de transition fondées sur la Cour de cassation ont déjà permis un retour à l’ordre constitutionnel, citant notamment les périodes post-1996 et post-2004.
Il a rejeté toute idée de renouvellement du mandat actuel, estimant qu’il s’agirait d’une violation grave de la Constitution.
De son côté, Serge Jean-Louis, ancien député et coordonnateur national du FCC, a dénoncé l’échec total de l’accord politique du 3 avril 2024 et de l’exécutif bicéphale.
Il a affirmé que :
L’insécurité persiste
La gouvernance est inefficace
La population est abandonnée
Il a soutenu la tenue d’une conférence nationale, la réforme de la gouvernance et l’organisation d’élections crédibles pour restaurer la légitimité du pouvoir.
Le FCC entend poursuivre sa mobilisation pour imposer une transition institutionnelle fondée sur la Cour de cassation, qu’il considère comme la seule voie légale et patriotique pour sortir Haïti de la crise.
La rédaction.


