Haïti : l’UTL exige la publication urgente du 8e rapport du CSS et une revalorisation du salaire minimum

À Port-au-Prince, l’Union des Travailleurs Libres (UTL) hausse le ton face aux autorités haïtiennes. Dans une série de correspondances officielles datées du 6 avril 2026, l’organisation syndicale appelle à la publication urgente du 8e rapport du Conseil Supérieur des Salaires (CSS), tout en alertant sur la détérioration continue des conditions de vie des travailleurs.
Adressées notamment au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et au ministre des Affaires sociales et du Travail Marc-Élie Nelson, ces lettres mettent en lumière une situation économique jugée préoccupante. L’UTL y dénonce le silence entourant un rapport pourtant transmis depuis mai 2025, et qui, selon elle, reste « volontairement écarté » malgré son importance stratégique.
Dans ses correspondances, le syndicat dresse un constat alarmant de la conjoncture actuelle. Inflation persistante, hausse continue des prix des produits de première nécessité, augmentation du coût du carburant et insécurité généralisée constituent, selon l’organisation, un ensemble de facteurs qui fragilisent davantage les travailleurs haïtiens. L’UTL estime que cette situation entraîne une érosion accélérée du pouvoir d’achat, particulièrement chez les ouvriers du secteur textile, déjà vulnérables.
S’appuyant sur des données issues notamment de l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique, du Conseil National de la Sécurité Alimentaire, de la Banque de la République d’Haïti et de la Banque Interaméricaine de Développement, l’organisation insiste sur l’insuffisance du salaire minimum actuel pour couvrir les besoins essentiels. Alimentation, transport, logement, éducation et soins de santé deviennent de plus en plus inaccessibles pour une grande partie de la population salariée.
Au-delà du constat, l’UTL formule une demande claire : la publication sans délai du rapport du CSS, considéré comme un outil indispensable pour orienter une éventuelle révision du salaire minimum. L’organisation exhorte également les autorités à engager des discussions urgentes afin d’adopter des mesures d’accompagnement adaptées à la réalité économique du pays.
Dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions sociales, cette prise de position vient raviver le débat sur la question salariale en Haïti. Pour l’UTL, le maintien du salaire minimum à son niveau actuel constitue non seulement une injustice économique, mais aussi une menace directe pour la stabilité sociale.
Rédaction : RÉALITÉ INFO
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