Haïti : plus de 1 200 morts dans des frappes de drones contre les gangs, dont 60 civils révèle un rapport de Human Rights Watch
Des opérations anti-gangs menées avec des drones explosifs
Port-au-Prince, le 10 Mars 2927.- Les frappes de drones explosifs menées par les forces de sécurité haïtiennes contre les gangs ont fait plus de 1 200 morts, dont 60 civils, selon un rapport publié ce mardi par l’ONG Human Rights Watch. L’organisation affirme que ces opérations se sont intensifiées ces derniers mois, soulevant de graves préoccupations sur la protection des civils.
Selon l’enquête relayée par l’agence Reuters, ces opérations utilisent des drones quadricoptères équipés d’explosifs, déployés dans des zones urbaines densément peuplées de Port-au-Prince.

Depuis mars dernier, les forces de sécurité haïtiennes mènent des opérations ciblées contre les groupes armés, souvent dans les quartiers contrôlés par les gangs.
Ces opérations sont menées avec le soutien de la société militaire privée américaine Vectus Global, dirigée par Erik Prince, fondateur de Blackwater.
Selon Human Rights Watch, les drones utilisés sont capables de se déplacer entre les bâtiments et les véhicules, tandis que les opérateurs suivent leurs cibles grâce à des flux vidéo en direct.
Les autorités haïtiennes, dont la Primature, le ministère de la Défense et la Police nationale n’ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires.
Le rapport de Human Rights Watch estime que 1 243 personnes ont été tuées par ces frappes de drones entre mars 2025 et le 21 janvier 2026.
Parmi les victimes recensées :
43 civils adultes
17 enfants
738 personnes blessées, dont au moins 49 civils présumés
L’ONG s’appuie sur des entretiens avec des médecins, des familles de victimes, des leaders communautaires, ainsi que sur des vidéos des frappes pour établir ces chiffres.
Human Rights Watch affirme avoir identifié plusieurs cas d’usage illégal de la force létale.
« Les autorités haïtiennes doivent urgemment encadrer les forces de sécurité et les contractants privés qui travaillent pour elles avant que davantage d’enfants ne meurent », a déclaré Juanita Goebertus, directrice de la division Amériques de Human Rights Watch.
Le rapport indique également que le nombre d’opérations de drones a presque doublé entre novembre et janvier, comparé aux trois mois précédents.
Dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince, des habitants affirment vivre dans la peur constante des drones.
Selon certains témoignages recueillis par Human Rights Watch, des résidents hésitent à sortir de chez eux, craignant d’être pris dans une frappe.
L’un des épisodes les plus tragiques rapportés par l’ONG concerne une attaque survenue en septembre dans un centre sportif.
Plus de la moitié des enfants tués âgés de 3 à 12 ans, auraient été victimes d’une frappe alors qu’un gang local distribuait des cadeaux dans ce lieu.
Malgré le soutien international, notamment du United Nations, des États-Unis et d’une mission de sécurité dirigée par le Kenya, les gangs continuent d’étendre leur influence bien au-delà de la capitale haïtienne.
Ces groupes armés sont accusés d’avoir :
tué des milliers de personnes,
déplacé plus d’un million d’habitants,
et gravement paralysé l’économie haïtienne.
Jusqu’à présent, les forces de sécurité n’ont capturé aucun chef majeur de gang, souligne le rapport.
Rédaction : RÉALITÉ INFO
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