Haïti : Pierre Espérance rejette toute négociation avec les gangs et dénonce une campagne de désinformation sur les soldats salvadoriens

Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, s’oppose à toute négociation avec les groupes armés, après la diffusion d’une lettre attribuée à Lanmò San Jou, chef de gang de 400 Mawozo affilié à la coalition criminelle Viv Ansanm, adressée aux Nations unies. Il dénonce également des informations qu’il qualifie de mensongères, selon lesquelles les soldats salvadoriens déployés en Haïti utiliseraient des bombes faisant des victimes parmi les civils.
Port-au-Prince, 3 novembre 2026.- Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, rejette catégoriquement toute perspective de négociation avec les chefs de gangs armés en Haïti. Réagissant à une lettre attribuée à Lanmò San Jou, chef de gang de 400 Mawozo associé à la coalition criminelle « Viv Ansanm », qui solliciterait une médiation des Nations unies, le défenseur des droits humains estime qu’il s’agit d’une stratégie visant à obtenir un répit face à la pression des forces de l’ordre.
Pour Pierre Espérance, les groupes armés ont régulièrement recours aux appels au dialogue lorsqu’ils se retrouvent sous pression. Il rappelle que, selon les observations documentées par le RNDDH, ces groupes ont déjà formulé à plusieurs reprises des demandes de négociation ou annoncé leur volonté de déposer les armes, avant de reprendre leurs activités lorsque la pression diminue.
Le responsable du RNDDH évoque notamment les violences enregistrées depuis novembre 2018, en particulier le massacre de La Saline des 13 et 14 novembre de cette année-là.
Selon les données qu’il avance, l’organisation aurait documenté au moins 64 attaques et massacres impliquant des groupes armés entre 2018 et aujourd’hui. Il décrit des exactions comprenant des meurtres, des viols, des enlèvements, des incendies de maisons et des attaques contre des personnes tentant de fuir les quartiers contrôlés par les gangs.
Pierre Espérance affirme également que les violences ont touché différents espaces de la vie collective, notamment des églises, des écoles, des hôpitaux et des marchés.
À ses yeux, les appels au dialogue formulés par les chefs de gangs ne doivent pas faire oublier les victimes de ces violences ni conduire à banaliser les crimes commis contre la population.
Le directeur exécutif du RNDDH évoque également un lourd bilan humain dans les violences survenues entre le samedi 31 octobre et le lundi 2 novembre. Il avance un bilan d’au moins 30 personnes tuées dans les zones concernées.
Il considère que ces événements illustrent la gravité de la situation sécuritaire et la nécessité pour les autorités de maintenir la pression sur les groupes armés.
Pierre Espérance estime que la réponse des autorités ne doit pas passer par des négociations avec les chefs de gangs. Il réclame plutôt leur arrestation, leur neutralisation ou leur reddition devant la justice.
Tout en défendant une politique de tolérance zéro à l’égard des groupes armés, Pierre Espérance insiste sur la nécessité de protéger les populations civiles pendant les opérations policières et sécuritaires.
Il rappelle que les habitants des quartiers contrôlés par les gangs ne sont pas nécessairement membres de ces organisations. Certains y vivent simplement parce qu’ils n’ont pas les moyens de quitter leur environnement.
Le responsable du RNDDH demande donc aux forces de l’ordre de planifier leurs interventions de manière à éviter les dommages collatéraux, tout en poursuivant les groupes armés et en démantelant leurs infrastructures.
Il appelle également les partenaires internationaux qui soutiennent Haïti dans la lutte contre l’insécurité à accompagner les opérations sans considérations d’ordre politique ou économique.
Pierre Espérance dénonce par ailleurs des informations circulant sur les réseaux et dans certains milieux, selon lesquelles les soldats salvadoriens récemment arrivés en Haïti utiliseraient des bombes qui provoqueraient la mort de civils.
Il qualifie ces informations de mensongères et parle d’une campagne de désinformation. Selon lui, les militaires salvadoriens venaient à peine d’arriver dans le pays et n’étaient pas encore opérationnels au moment de ses déclarations.
Il estime que la diffusion de ces accusations vise à discréditer le soutien international apporté aux autorités haïtiennes dans la lutte contre les groupes armés.
Le responsable du RNDDH maintient toutefois une exigence – les opérations contre les gangs doivent être conduites avec fermeté, mais aussi dans le respect de la vie et de l’intégrité des populations civiles.
Pour Pierre Espérance, la lutte contre l’insécurité ne saurait justifier que les habitants des quartiers défavorisés deviennent les victimes des interventions censées les protéger.
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