Haïti : la CFR réclame une nouvelle gouvernance pour relancer le processus électoral

La Coalition des Forces Républicaines (CFR), qui regroupe 44 partis et organisations, appelle à revoir la conduite de la transition politique en Haïti. Dans une position publiée le 20 septembre 2026, elle met en avant l’insécurité, les enlèvements et la crise humanitaire comme principaux obstacles aux élections prévues avant la fin de l’année.
La Coalition des Forces Républicaines (CFR) veut une inflexion dans la conduite de la transition haïtienne. Dans une prise de position rendue publique le 20 septembre, cette structure politique estime que la dégradation de la situation sécuritaire compromet les conditions nécessaires à la poursuite du calendrier électoral.
La coalition revient notamment sur la multiplication des enlèvements et exprime sa solidarité avec les familles touchées. Pour la CFR, la situation sécuritaire et humanitaire actuelle pèse directement sur les perspectives d’organisation d’un scrutin dans les délais annoncés.
La coalition porte également ses critiques sur l’action du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Elle considère que l’exécutif n’est pas parvenu, selon son appréciation, à créer un environnement sécuritaire permettant d’envisager des élections libres, honnêtes et démocratiques avant la fin de 2026.
La CFR conteste aussi le choix du Premier ministre de mettre en place sa propre plateforme politique. Elle estime que cette démarche nourrit des réserves parmi des acteurs engagés dans le processus électoral. Des membres de la coalition ont déjà publiquement critiqué cette initiative, estimant qu’elle modifie les rapports entre les différents acteurs de la transition.
Le déplacement d’Alix Didier Fils-Aimé à New York, dans le cadre de la 81e Assemblée générale des Nations unies, figure également parmi les points soulevés par la CFR.
Face à cette situation, la CFR met sur la table plusieurs propositions. Elle préconise notamment une gouvernance politique qu’elle souhaite plus équilibrée, ainsi qu’un renforcement de la sécurité sur les principales routes nationales.
Le maintien de l’actuel Conseil électoral provisoire fait également partie de ses propositions. La coalition souhaite par ailleurs la tenue d’un sommet politique réunissant les différents acteurs haïtiens avec l’appui ou la participation de la CARICOM, de l’ONU, de l’OEA et de l’OIF.
La question de la gouvernance s’inscrit dans des consultations politiques déjà engagées entre plusieurs acteurs. Le 17 septembre, des représentants de la CFR et de Tèt Ansanm pou Ayiti avaient notamment échangé sur la sécurité, la gouvernance et les conditions à réunir pour les prochaines élections.


