Droits humains : le KPTSL lance une formation sur les droits de l’homme avec l’appui de l’ONU et de l’Union européenne

Pétion-Ville, 13 mars 2026. Le Komite Pwoteksyon Timoun Site Letènèl (KPTSL) a procédé, ce vendredi, au lancement officiel d’un programme de formation aux droits de l’homme en Haïti, lors d’une cérémonie organisée à dans la commune de Pétion-Ville. L’initiative, soutenue par le Haut‑Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et financée par l’Union européenne, vise à renforcer les capacités des acteurs communautaires, des agents de la Police nationale d’Haïti et des organisations de défense des droits humains.

Plusieurs personnalités ont pris la parole lors de cette activité, notamment le bâtonnier du barreau de Port-au-Prince, Patrick Pierre‑Louis, ainsi que la représentante du Haut-Commissariat, Yoo Jin Son.
Selon les organisateurs, ce programme de formation vise principalement à améliorer les connaissances et les pratiques des acteurs impliqués dans la protection des droits humains, particulièrement dans un contexte marqué par l’insécurité et les déplacements forcés.
Dans son intervention, Hermanie Jean Louis, psychologue et formatrice au sein du KPTSL, a souligné que cette initiative répond à une nécessité urgente.

« Aujourd’hui, nous évoluons dans un contexte où la sécurité, la justice et la dignité humaine représentent des enjeux majeurs pour nos communautés. Il devient indispensable de renforcer les capacités des acteurs qui sont en première ligne pour protéger et servir la population », a déclaré Hermanie Jean Louis.
Elle a expliqué que le projet s’adresse notamment aux agents de la Police nationale d’Haïti (PNH), aux brigadiers de sécurité, aux organisations communautaires et aux leaders locaux, particulièrement dans les zones à risque de Port-au-Prince.
Le programme ne se limite pas à des séances de formation théoriques. Selon Hermanie Jean Louis, le projet comprend également des visites dans les centres de détention, en particulier ceux accueillant des mineurs en conflit avec la loi.
« L’objectif est d’améliorer les connaissances et les pratiques opérationnelles des acteurs afin qu’ils puissent dénoncer et prévenir les violations des droits humains, notamment celles observées dans les lieux de détention », a-t-elle précisé.
Les activités débuteront dès la semaine prochaine avec la participation d’agents provenant notamment de commissariats de la région métropolitaine, dont Canapé-Vert, Delmas et Port-au-Prince.
Prenant la parole au nom du Haut‑Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Yoo Jin Son a insisté sur le rôle essentiel des organisations de la société civile dans la défense des droits fondamentaux.
« Dans un contexte marqué par des défis sociaux, économiques et institutionnels, les organisations de la société civile jouent un rôle déterminant dans l’information de la population, la sensibilisation aux droits fondamentaux et la mobilisation citoyenne », a déclaré Yoo Jin Son.
Elle a précisé que le programme soutenu par l’Union européenne vise 22 organisations haïtiennes engagées dans la promotion des droits humains, afin de leur offrir des espaces de formation, de réflexion et de partage d’expériences.
Selon elle, cette approche permettra également de diffuser les connaissances acquises dans différentes communautés, à travers des activités de sensibilisation et de formation.
Le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Patrick Pierre-Louis, a salué l’initiative tout en rappelant la gravité de la situation des droits humains en Haïti.
« Je salue cette initiative qui démontre l’engagement de jeunes acteurs intéressés par la cause du pays et par le sort des plus vulnérables », a déclaré Patrick Pierre-Louis.
Dans son intervention, il a notamment évoqué le recrutement d’enfants dans les gangs armés, qu’il associe à plusieurs facteurs structurels.
Selon lui, la faillite du système scolaire, l’exclusion sociale et la faiblesse de l’État contribuent à aggraver cette situation.
« La faillite de l’école est aussi la faillite de l’intégration de la population. Beaucoup d’enfants se retrouvent en dehors du système éducatif et deviennent vulnérables aux pratiques des gangs », a-t-il expliqué.
Le bâtonnier a également dénoncé les difficultés du système judiciaire, notamment en matière de justice des mineurs et de conditions de détention.
> « Dans les prisons, la majorité des détenus proviennent des couches les plus vulnérables de la population. Beaucoup attendent longtemps avant d’être jugés », a-t-il souligné.
Pour les organisateurs, ce programme constitue une étape importante dans le renforcement de l’État de droit en Haïti, grâce à la coopération entre institutions publiques, organisations de la société civile et partenaires internationaux.
Dans sa conclusion, Yoo Jin Son a insisté sur l’importance de cette collaboration.
« Les progrès en matière de droits humains reposent sur la coopération entre de nombreux acteurs : institutions publiques, organisations de la société civile et partenaires internationaux », a-t-elle affirmé.
Elle a également exprimé la reconnaissance du Haut-Commissariat envers l’Union européenne et les 22 organisations partenaires, dont le KPTSL, pour leur contribution à la mise en œuvre de cette initiative.
Les responsables du programme espèrent que cette initiative permettra de renforcer la culture des droits humains en Haïti, en améliorant la capacité des acteurs locaux à prévenir les abus et à défendre les libertés fondamentales.
Les participants seront appelés à transmettre les connaissances acquises dans leurs communautés, afin d’élargir l’accès à l’information et de promouvoir le respect des droits fondamentaux dans le pays.
Rédaction : RÉALITÉ INFO
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