Haïti – Bwa kale: Un agent de la BSAP lynché à Limonade par les membres de la population
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Un agent de la Brigade de Sécurité des Aires Protégées (BSAP), identifié comme Ricardo Bastien, a été tué par des membres de la population à Limonade, lundi 3 novembre, après avoir été surpris transportant deux bœufs sur une motocyclette à trois roues sans pouvoir prouver leur propriété. Le phénomène du « bwa kale » refait ainsi surface, alimenté par la méfiance croissante envers des autorités armées accusées de dérives.
Limonade, le 4 novembre 2025.- La commune de Limonade, dans le département du Nord, a été le théâtre d’un acte de justice populaire le lundi 3 novembre. Selon les informations recueillies, des habitants ont intercepté Ricardo Bastien, agent de la BSAP, alors qu’il transportait deux bœufs à bord d’une moto à trois roues.
Face aux interrogations de la population, l’agent n’aurait présenté aucun document justifiant l’origine légale des animaux. Rapidement soupçonné de vol, il a été violemment agressé par la foule avant de succomber à ses blessures.
Ce nouvel épisode de lynchage survient dans un contexte où plusieurs cas similaires ont été enregistrés dans le pays, malgré les appels des autorités à privilégier la voie judiciaire. Le mouvement « bwa kale », né comme réaction citoyenne contre le banditisme, continue de dériver, touchant désormais aussi des agents de l’État accusés d’abus ou de comportement illégal.
Cet incident ravive les critiques envers la BSAP, une unité placée sous tutelle du ministère de l’Environnement et dont plusieurs membres ont récemment été accusés de comportements déviants, exploitation de pouvoir et implication présumée dans des activités illégales. De nombreux observateurs appellent à une réforme structurelle ou à une redéfinition du rôle de cette force.
Si la population exprime sa frustration face à l’insécurité et aux abus présumés des agents en uniforme, des organisations de défense des droits humains rappellent que la justice populaire ne saurait remplacer les institutions judiciaires. Elles exhortent l’État à renforcer les mécanismes de contrôle interne, à sanctionner les agents fautifs, mais aussi à restaurer la confiance citoyenne dans l’appareil sécuritaire.
La rédaction.


