Champ de Mars : des journalistes violemment battus et menacés de mort par des agents de la BOID

Champ de Mars : des journalistes violemment battus et menacés de mort par des agents de la BOID
Port-au-Prince, le 9 janvier 2926.- Une scène d’une extrême gravité s’est produite le jeudi 8 janvier au Champ de Mars, où plusieurs journalistes de médias en ligne ont été violemment agressés par des agents de la Brigade d’Opération et d’Intervention Départementale (BOID). Les faits ont été révélés par le journaliste Theriel Thelus dans une publication sur son compte Facebook et confirmés par les témoignages directs des victimes.
Selon les journalistes contactés par notre rédaction, ils étaient en train de filmer une opération policière au cours de laquelle des agents forçaient des véhicules de transport en commun à faire demi-tour. Après avoir terminé leurs prises d’images, ils se sont installés au Champ de Mars pour se reposer.
C’est à ce moment qu’un véhicule blindé de la police, identifié sous le numéro P-04 selon les victimes, s’est approché d’eux. Des agents de la BOID, armes pointées, leur ont ordonné de se coucher à même le sol. Les policiers ont ensuite exigé les téléphones des journalistes, avant de les agresser physiquement.
Toujours selon les victimes, les agents les ont frappées à plusieurs reprises, notamment au niveau des oreilles avec leurs armes. L’un des journalistes aurait saigné abondamment après avoir reçu un coup violent à l’oreille. Les coups ont été portés sur différentes parties du corps, provoquant blessures, douleurs et traumatismes.
Des témoins affirment que les policiers impliqués, lourdement armés et visiblement agressifs, ont menacé de tirer sur les journalistes s’ils osaient dénoncer les faits. Cette intimidation armée a plongé les victimes dans un climat de peur extrême, les contraignant au silence.
Cet acte constitue une violation grave de la liberté de la presse et du droit à l’information. Dans un pays déjà fragilisé par l’insécurité, les journalistes se retrouvent de plus en plus exposés à des violences, y compris de la part de ceux qui sont censés assurer la protection des citoyens.
Jusqu’à présent, aucune note officielle n’a été publiée par la Police nationale d’Haïti pour expliquer ou justifier le comportement de ses agents. Les organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse sont appelées à exiger une enquête sérieuse, indépendante et des sanctions exemplaires contre les responsables.
Cet incident rappelle l’urgence de garantir la sécurité des professionnels des médias afin qu’ils puissent exercer leur mission sans être battus, menacés ou réduits au silence par la force.
Roseline Lindor


