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Daryl Balthazar : au lieu de ramasser les ordures, il veut chasser les petits marchands du Marché Résistance

Marché Résistance : le SNGRS veut déposséder les petits marchands de leur espace à Petite Place Cazeau

Petite Place Cazeau, 5 octobre 2026.- Le dossier du Marché Résistance prend une tournure de plus en plus conflictuelle. Alors que des dizaines de petits commerçants cherchent à consolider leur activité dans un espace organisé, le Service national de gestion des résidus solides (SNGRS) se retrouve au centre d’une contestation qui dépasse désormais la simple question de l’aménagement d’un terrain.

La controverse porte sur l’avenir d’un espace investi par des marchands de Petite Place Cazeau, de Gérald Bataille et de Caradeux. Ces derniers affirment vouloir transformer leur présence en une structure commerciale capable de sortir les vendeurs de la précarité et, surtout, de réduire leur occupation des rues et des trottoirs.

Mais leur projet se heurte à une opposition que l’avocat Arnel Rémy attribue notamment à la direction du SNGRS.

Lors d’une prise de parole samedi 3 octobre 2026 devant les commerçants mobilisés, Me Arnel Rémy a adopté un ton particulièrement ferme. Il accuse le directeur général du SNGRS, Daryl Balthazar, et son équipe de chercher à récupérer l’espace occupé par les marchands.

Selon l’avocat, cette démarche ne saurait être dissociée de la situation sociale des vendeurs qui tentent de préserver leur activité économique.

«« Nous apprenons que le directeur du SNGRS, Daryl Balthazar, avec toute son équipe, fait toutes les tentatives pour venir prendre l’espace », a notamment déclaré Me Rémy.»

Derrière cette confrontation se trouve une réalité souvent négligée : celle de travailleurs qui tentent de créer eux-mêmes un cadre pour exercer leur activité.

Les commerçants du Marché Résistance soutiennent que leur démarche vise précisément à organiser un secteur commercial aujourd’hui dispersé dans les espaces publics. Leur ambition est de disposer d’un lieu identifié, de mieux encadrer les activités et de permettre aux vendeurs de travailler sans devoir constamment se déplacer.

Cette volonté d’organisation soulève alors une question embarrassante pour les pouvoirs publics : que propose-t-on aux petits marchands lorsqu’on leur demande de quitter les rues ?

Si l’État veut combattre l’occupation anarchique des trottoirs, encore faut-il offrir des espaces alternatifs viables. Dans le cas contraire, la politique de dégagement risque simplement de déplacer le problème d’un quartier à un autre.

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C’est précisément sur ce terrain que les critiques visant le SNGRS deviennent plus politiques.

L’institution, chargée de la gestion des résidus solides, se retrouve accusée par les défenseurs des marchands de vouloir intervenir sur un espace que ces derniers considèrent désormais comme le socle de leur activité économique.

La question est donc simple : sur quelle base le SNGRS entend-il intervenir sur cet espace et quel projet entend-il y réaliser ?

Une clarification publique de la direction permettrait de sortir des accusations croisées et d’établir les faits : statut juridique du terrain, droits des occupants, éventuelles décisions administratives, projet envisagé par le SNGRS et calendrier d’une quelconque intervention.

Sans ces explications, le silence institutionnel risque de nourrir davantage la méfiance.

Face à cette situation, Me Arnel Rémy affirme avoir choisi de défendre les commerçants jusqu’au bout. Il présente leur combat comme une question de dignité économique et de justice sociale.

« Dans cette bataille, Maître Arnel Rémy ne vous lâchera pas », a-t-il lancé devant les marchands, promettant de poursuivre la mobilisation.

L’avocat estime également que la création d’un marché organisé pourrait servir l’intérêt collectif en permettant aux petits vendeurs de travailler dans un environnement plus structuré.

Son intervention donne ainsi une nouvelle dimension au dossier : ce qui pouvait apparaître comme un simple différend autour d’un terrain devient désormais un affrontement entre une institution publique et des travailleurs qui revendiquent le droit de préserver leur espace économique.

Le dossier du Marché Résistance met finalement le SNGRS devant une obligation de pédagogie.

Si l’institution dispose d’un fondement légal ou administratif pour intervenir sur le site, elle devra l’expliquer publiquement. Si un autre projet est prévu, les personnes concernées méritent d’en connaître les contours. Et si une opération vise effectivement à récupérer l’espace, la question du devenir des petits commerçants devra nécessairement être posée.

Pour l’heure, les marchands restent mobilisés et leur avocat promet de poursuivre la contestation.

À Petite Place Cazeau, le véritable enjeu n’est donc plus seulement de savoir qui occupera le terrain. Il est désormais de déterminer si une administration publique peut prétendre réorganiser un espace fréquenté par des centaines de petits travailleurs sans répondre clairement à leurs revendications.

Par Roseline Lindor

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