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Soupçons de détournement, indemnités introuvables : le scandale financier du CNE éclate au grand jour

Delmas, 7 avril 2026 . – La crise autour du Centre National des Équipements (CNE) prend une tournure explosive. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi à Delmas, le Syndicat des Employés du CNE (SECNE) a dénoncé avec vigueur l’inapplication d’un décret gouvernemental majeur, tout en brandissant la menace de mobilisations radicales, dont le blocage de la Primature.

Prenant la parole, le président du SECNE, Wildrick Séjour, a clarifié le fond du litige : il s’agit du décret adopté sous le gouvernement de Garry Conille, qui acte la suppression du CNE tout en encadrant le sort des employés. Selon lui, ce texte prévoit explicitement trois mesures essentielles : le transfert des employés vers d’autres institutions publiques, le paiement des arriérés de salaire, ainsi que leur indemnisation.

« Aucun employé n’a été révoqué dans ce décret. L’État a l’obligation de continuer à payer ces travailleurs », a insisté Wildrick Séjour, dénonçant une violation flagrante des dispositions légales en vigueur.

Le syndicaliste a rappelé qu’en dépit de la publication de ce décret dans Le Moniteur, son application reste au point mort depuis septembre 2024. « Nous ne devrions pas être ici en 2026 à rappeler à l’État ses propres décisions », a-t-il déclaré, visiblement indigné.

Dans la foulée, il a également évoqué une circulaire du Ministère de l’Économie et des Finances, publiée à l’époque où Alfred Metellus occupait le poste de ministre. Ce document, selon lui, confirmait que les employés du CNE devaient recevoir non seulement leurs arriérés de salaire, mais aussi leurs indemnités.

Or, la réalité est toute autre. « Depuis 2025, les employés n’ont reçu que huit mois d’arriérés de salaire, sans aucune indemnisation. Où est passé l’argent destiné aux employés ? », s’est interrogé Wildrick Séjour, laissant planer de graves soupçons sur la gestion de ces fonds publics.

Le président du SECNE a une nouvelle fois interpellé les institutions concernées, notamment le Ministère des Travaux publics, le Ministère de la Défense dirigé par Mario Andrésol, ainsi que le Ministère de l’Agriculture (MAH), rappelant que le décret leur confère des responsabilités dans le processus de transfert et de régularisation des employés.

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Il a également pointé du doigt l’inaction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, soulignant que l’article 7 du décret prévoit son intervention en cas de blocage. « Il y a un silence incompréhensible au sommet de l’État », a-t-il dénoncé.

De son côté, Pierre-Vil Cinéas a livré un témoignage poignant sur la détresse des employés du CNE. Il a rappelé que certains travailleurs ont consacré plus de 25 ans de leur vie à l’institution, souvent pour des salaires oscillant entre 10 000 et 18 000 gourdes.

« Après 26 ans de service, ces employés n’ont aucune sécurité. Ils vivent dans la précarité totale », a-t-il déclaré, dénonçant une injustice sociale majeure.

Il a également mis en avant le rôle stratégique du CNE dans le développement du pays, notamment dans la construction d’infrastructures routières et la gestion des catastrophes naturelles. « Le CNE a été un pilier pour Haïti, et aujourd’hui ses travailleurs sont traités comme s’ils n’avaient jamais existé », a-t-il regretté.

Face à ce qu’ils qualifient de « mépris de l’État », les employés du CNE haussent désormais le ton. Leurs revendications sont claires : transfert immédiat vers d’autres institutions publiques, paiement intégral des arriérés de salaire, et versement des indemnités prévues par le décret.

Mais au-delà des revendications, la menace est désormais explicite. « Si rien n’est fait, nous allons passer à l’action », a averti Pierre-Vil Cinéas.

Dans cette optique, le SECNE envisage des mouvements de protestation d’envergure, incluant notamment le blocage de routes stratégiques, avec un point de pression majeur : l’entrée de la Primature, résidence officielle du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Une montée de tension qui place les autorités face à leurs responsabilités, alors que la crise du CNE pourrait rapidement se transformer en un conflit social d’ampleur nationale.

Rédaction : RÉALITÉ INFO
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