Droits des femmes en Haïti : 40 ans après, les organisations féminines dénoncent un recul et interpellent l’État

Quarante ans après la première grande mobilisation des femmes haïtiennes en 1986, les organisations féminines tirent la sonnette d’alarme. À l’occasion de la Journée nationale des femmes haïtiennes, célébrée le 3 avril, une marche revendicative a été organisée à Delmas pour dénoncer la dégradation des conditions de vie des femmes et l’inaction des autorités.

Portée entre autres par Fanm Angaje pou Ayiti, cette mobilisation s’inscrit dans le cadre du 40e anniversaire de cette date emblématique, rappelant l’engagement historique des femmes haïtiennes pour la justice sociale, l’égalité des droits et la consolidation de la démocratie.
S’exprimant devant le ministère à la Condition féminine, à Delmas 48, Marjory Michel a dressé un constat préoccupant. « Aujourd’hui encore, les droits des femmes sont menacés, voire bafoués », a-t-elle affirmé, évoquant un contexte marqué par l’insécurité, les crises institutionnelles et l’effondrement des services sociaux.
La militante a insisté sur le fait que, dans un système en crise, les femmes demeurent les premières victimes. Elle a soulevé plusieurs questions essentielles : accès au logement, respect des droits fondamentaux, sécurité, participation aux espaces décisionnels. Autant de préoccupations qui, selon elle, témoignent d’un recul inquiétant.

Au cœur des revendications, la dénonciation des violences sous toutes leurs formes : violences physiques, économiques, verbales, mais aussi cyberviolence et misogynie dans l’espace numérique. Marjorie Michel a également critiqué le manque d’action concrète du ministère à la Condition féminine, rappelant que cette institution a été créée précisément pour lutter contre ces fléaux.
« Il ne peut y avoir de démocratie sans le respect des droits des femmes », a-t-elle martelé, appelant les autorités à assumer leurs responsabilités et à prendre des mesures urgentes.
La mobilisation s’est conclue par la remise d’un tableau symbolisant les violences faites aux femmes, accompagné d’un message clair : les organisations féminines exigent des actions concrètes, des politiques publiques efficaces et un engagement réel de l’État.
À travers cette manifestation, les participantes ont réaffirmé leur détermination à ne pas rester silencieuses face aux injustices, et à poursuivre le combat pour l’égalité et la dignité des femmes en Haïti.
Rédaction : RÉALITÉ INFO
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