Pétition explosive contre Pierre Espérance : le directeur du RNDDH brise le silence et met en cause de hauts responsables de la sécurité
Pétition explosive contre Pierre Espérance : le directeur du RNDDH brise le silence et met en cause de hauts responsables de la sécurité
Visé par une pétition réclamant sa sanction, le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), Pierre Espérance, rejette les accusations et contre-attaque. Dans une interview accordée à notre rédaction ce vendredi 16 janvier 2026, il met en cause le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, le directeur de la DCPJ, Marc Justin, le responsable de l’organisation de droits humains GAD, Marc-Arthur Mésidor, ainsi que des acteurs liés à la coalition criminelle Viv Ansanm, dans un climat de fortes tensions institutionnelles.
RÉALITÉ INFO,le 16 janvier 2026.- La polémique s’intensifie autour de la pétition visant à faire sanctionner le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance. Portée par Bolivar Jean Anderson et attribuée à des membres de la Convention Bois Caïman, du Gwoupman Libète Pou sa Chanje et de la Vision sociale pour l’Avancement de la Jeunesse, cette initiative est vivement contestée par l’intéressé.
Selon Pierre Espérance, cette pétition ne relève pas d’une démarche citoyenne indépendante. Il affirme qu’elle serait financée, selon lui, par une « coalition » impliquant le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, le directeur central de la Police judiciaire (DCPJ), Marc Justin, le chef de la coalition criminelle Viv Ansanm, Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », ainsi que des intermédiaires opérant depuis l’étranger.
S’agissant du fonctionnement de la DCPJ, le directeur du RNDDH soutient que les enquêteurs ne travaillent plus avec la sérénité requise depuis l’arrivée de Marc Justin à la tête de l’institution, une nomination qu’il attribue à une demande directe de Mario Andrésol. Selon lui, cette situation aurait entraîné une perte de confiance généralisée au sein de la Direction centrale de la police judiciaire, compromettant le traitement impartial de dossiers sensibles et fragilisant la crédibilité des enquêtes.
Pierre Espérance se montre particulièrement critique à l’égard de Marc-Arthur Mésidor, responsable de l’organisation de droits humains GAD. Il qualifie cette structure de « soi-disant organisation de droits humains », estimant que sa participation à une démarche visant à faire sanctionner le directeur du RNDDH constitue une dérive grave et inédite dans le secteur.
Selon Pierre Espérance, il est rare, voire inédit, de voir une organisation se réclamant de la défense des droits humains s’aligner sur une initiative qu’il juge politisée, visant une autre organisation du même champ. Il considère que cette posture affaiblit la crédibilité du mouvement des droits humains et soulève des interrogations sur l’indépendance réelle de certaines structures.
Concernant le cadre institutionnel, le directeur du RNDDH précise que le décret adopté en Conseil des ministres le 18 décembre 2025 porte exclusivement sur la Haute Cour de justice. Il affirme souhaiter connaître clairement la position de Marc-Arthur Mésidor et de l’organisation GAD sur ce dossier précis, mais aussi sur la question plus large de l’impunité en Haïti, qu’il estime centrale dans la crise actuelle.
Dans ses déclarations, Pierre Espérance évoque également le nom de Louis Saint Jean Max, alias Ralph Laurent, un ressortissant haïtien vivant aux États-Unis. Il affirme que la Police nationale d’Haïti disposerait d’un avis de recherche à son encontre pour des liens présumés avec des groupes armés. Selon Pierre Espérance, cet individu ferait partie des personnes impliquées, en coulisses, dans la mobilisation et le financement de la pétition dirigée contre lui.
Pierre Espérance estime que les attaques dont il fait l’objet s’inscrivent dans une stratégie visant à affaiblir les voix critiques qui dénoncent les dérives au sein de l’appareil sécuritaire et judiciaire. Il soutient que la persistance de la violence armée serait facilitée par des complicités au sein de l’État, tant au niveau de la police que de la justice.
Il réitère par ailleurs ses accusations selon lesquelles Mario Andrésol entretiendrait des liens étroits avec Jimmy Chérizier. Il affirme que le secrétaire d’État à la Sécurité publique aurait informé le chef de Viv Ansanm d’opérations policières projetées contre sa base à Delmas 6, rappelant que ce dernier aurait assuré par le passé la sécurité de Mario Andrésol lors d’une campagne politique.
Face à la pétition et aux critiques, Pierre Espérance affirme ne pas se sentir intimidé et assure que le RNDDH poursuivra son travail de documentation et de dénonciation des violations des droits humains. Il appelle à un débat public fondé sur la cohérence, la transparence et la lutte effective contre l’impunité, estimant que la crise sécuritaire actuelle est indissociable des défaillances institutionnelles.
À ce stade, les personnes et institutions mises en cause n’ont pas officiellement réagi. L’affaire met en lumière les profondes divisions qui traversent le secteur des droits humains et les institutions de sécurité, dans un pays confronté à une insécurité persistante et à une crise de confiance envers l’État.
La rédaction.


