Massacre de Jean Denis : le rapport accablant du RNDDH dénonce collusion policière et faillite sécuritaire dans l’Artibonite
Le rapport du RNDDH sur le massacre de Jean Denis révèle une collusion entre policiers et gangs armés dans l'Artibonite. Plus de 70 morts et une attaque annoncée mais non empêchée.

Le rapport du RNDDH sur le massacre de Jean Denis révèle des accusations graves de collusion entre policiers de l’UDMO et gangs armés, ayant conduit à l’une des attaques les plus meurtrières en Artibonite. Plus de 70 morts, une attaque annoncée mais non empêchée, et une population abandonnée : l’enquête met en lumière une crise sécuritaire profonde en Haïti.
Dans la nuit du 28 au 29 mars 2026, la localité de Jean Denis, dans la commune de Petite-Rivière de l’Artibonite, a été le théâtre d’un massacre d’une extrême violence perpétré par le gang armé Gran Grif.
Selon le rapport du RNDDH sur le massacre de Jean Denis, des rumeurs persistantes annonçaient depuis plusieurs semaines une attaque imminente. Pourtant, aucune intervention préventive n’a été menée par la Police nationale.
Cette inaction soulève de sérieuses interrogations sur la capacité de l’État à anticiper et prévenir les violences armées dans les zones rurales.
L’enquête du RNDDH met en cause des agents de l’Unité Départementale de Maintien d’Ordre (UDMO), accusés d’entretenir des relations directes avec des groupes criminels, notamment :
Kokorat San Ras
Gran Grif
Le gang des Talibans
Selon les informations documentées, ces agents auraient :
Vendu des armes et des munitions aux gangs
Transmis des informations stratégiques sur les opérations policières
Participé à des systèmes de rançonnement avec les groupes armés
Malgré une correspondance adressée dès le 22 décembre 2025 à l’Inspection générale de la Police nationale d’Haïti (IGPNH), aucune mesure corrective n’aurait été prise.
L’attaque a débuté vers 2 heures du matin à Pont Benoît avant de s’étendre à plusieurs localités, dont Jean Denis.
Dans un premier temps, une coalition d’autodéfense locale a tenté de résister. Mais rapidement débordée par la puissance de feu des assaillants, elle a dû se replier, laissant la population sans protection.
Les témoignages recueillis décrivent une scène de terreur :
Civils exécutés à bout portant
Maisons incendiées avec leurs occupants
Commerces pillés puis brûlés
Familles entières décimées
Le bilan du massacre de Jean Denis, bien que non exhaustif, fait état d’au moins 70 personnes tuées, dont 53 identifiées.
Parmi les victimes figurent :
Des enfants
Des personnes âgées
Des femmes
Des personnes en situation de handicap
Plusieurs victimes ont été tuées en tentant de fuir, tandis que d’autres ont péri brûlées dans leurs maisons.
Des corps ont été déposés dans des morgues à Saint-Marc, confirmant l’ampleur du drame.
Le rapport évoque trois hypothèses principales expliquant cette attaque :
L’interception de bœufs volés par une coalition locale aurait déclenché des représailles du gang Gran Grif.
Des confiscations répétées d’armes destinées aux gangs auraient exacerbé les tensions.
Une rivalité pour le contrôle des postes de rançonnement sur la Route Nationale #1 aurait également contribué à l’escalade.
Le rapport RNDDH à l’Artibonite met en évidence une dégradation progressive de la sécurité dans la région depuis plusieurs années.
L’organisation dénonce :
L’impunité persistante
L’inaction des autorités policières
La pénétration des gangs dans les structures étatiques
Ce massacre illustre, selon le RNDDH, une crise systémique de gouvernance sécuritaire en Haïti.
Le massacre de Jean Denis constitue un tournant alarmant dans la crise sécuritaire haïtienne. Entre accusations de collusion, défaillance institutionnelle et montée en puissance des groupes armés, la situation en Artibonite apparaît hors de contrôle.
Le rapport du RNDDH appelle à des mesures urgentes pour restaurer l’autorité de l’État et protéger les populations civiles.
Rédaction : RÉALITÉ INFO
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