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Lundi, mardi et mercredi : les syndicats lancent trois jours de grève nationale contre la vie chère, l’insécurité et le prix du carburant

Pétion-Ville, 9 avril 2026 .- L’annonce est tombée comme un coup de massue. À l’issue d’une conférence de presse tenue dans la commune de Pétion-Ville ce jeudi, plusieurs centrales syndicales du pays ont officialisé un mouvement de grève de trois jours, à partir de lundi prochain, pour dénoncer la hausse du prix du carburant, l’insécurité et exiger une revalorisation urgente du salaire minimum.

Derrière cette mobilisation, une colère sociale qui ne cesse de grandir dans un contexte économique déjà asphyxiant pour la majorité des travailleurs.

Face à la presse, Télémaque Pierre n’a pas mâché ses mots. Le ton est grave, parfois dur, mais surtout révélateur d’un ras-le-bol généralisé.

Selon lui, la décision d’augmenter les prix du carburant ne fait qu’enfoncer davantage la population dans la précarité.

« Aujourd’hui, un travailleur est obligé de sacrifier une journée entière de travail juste pour acheter un gallon d’essence. Ce n’est pas viable », a-t-il déclaré.

Il décrit un quotidien devenu presque impossible à gérer pour les ouvriers de la zone métropolitaine. Entre transport, nourriture et autres dépenses essentielles, certains déboursent près de 2 000 gourdes par jour, alors que le salaire minimum reste largement en dessous.

Dans ce contexte, les syndicats montent d’un cran et posent une revendication claire :

« Nous exigeons que le salaire minimum soit fixé à 2 500 gourdes. »

Mais au-delà des chiffres, c’est un appel à la mobilisation générale que lance Télémaque Pierre. Usines, zones industrielles, stations-service, transports : tous les secteurs sont appelés à se mettre à l’arrêt.

« À partir de lundi 13 avril 2026, les ouvriers doivent quitter les ateliers, occuper les espaces publics et maintenir la pression jusqu’à ce que le gouvernement recule. »

Autre voix forte de cette conférence, Yvelt Admettre a préféré illustrer la crise à travers des scènes du quotidien. Des histoires simples, mais qui en disent long sur la gravité de la situation.

Il raconte notamment le cas d’une mère incapable de payer le transport pour ses enfants après l’école, contraint de compter sur la compréhension d’un chauffeur.

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« Ce genre de situation devient banal. La vie devient trop dure pour trop de gens », a-t-il confié.

Selon lui, la hausse du carburant a déclenché une réaction en chaîne : augmentation des frais de transport, tensions entre chauffeurs et passagers, aggravation des conditions de vie dans presque tous les secteurs.

Les enseignants, rappelle-t-il, avaient déjà tiré la sonnette d’alarme depuis 2025, sans réponse concrète des autorités.

« Rien n’a changé. Les promesses sont restées des promesses. »

Les syndicats ne comptent pas limiter le mouvement aux ouvriers des usines. L’appel est large :

Travailleurs du secteur informel

Agents de sécurité

Employés domestiques

Chauffeurs et motocyclistes

Personnel des stations-service

Tous sont invités à rejoindre le mouvement.

« Même ceux qui travaillent dans les pompes à essence doivent rester chez eux. Sans travailleurs, il n’y a pas de fonctionnement possible », a insisté Yvelt Admettre.

Au-delà de la hausse des prix, c’est aussi un sentiment d’incohérence qui alimente la frustration. Les syndicats pointent du doigt la baisse du prix du pétrole sur le marché international, qui ne se reflète pas dans les prix locaux.

« Quand les prix baissent ailleurs, pourquoi augmentent-ils ici ? » s’interrogent-ils.

Pour eux, la réponse est claire : la population paie le prix de décisions politiques déconnectées de la réalité.

À quelques jours du lancement du mouvement, l’incertitude est totale. Si les syndicats assurent vouloir maintenir une mobilisation pacifique, ils préviennent aussi que la détermination est réelle.

« Le peuple doit se lever. Sinon, rien ne changera. »

Reste à savoir si cet appel sera massivement suivi… et surtout, si le gouvernement choisira d’ouvrir la voie au dialogue ou de maintenir le cap.

Une chose est sûre : les trois prochains jours pourraient peser lourd dans l’évolution de la crise sociale dans le pays.

Rédaction : RÉALITÉ INFO
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