Le SDE/OAVCT interpelle la direction sur les conditions de travail et le fonctionnement de l’institution

Delmas, le 30 janvier 2026.- Le Syndicat pour la Défense des Employés de l’OAVCT (SDE/OAVCT) a tenu une conférence de presse afin de mettre en lumière les difficultés persistantes rencontrées par les employés de l’institution. L’objectif déclaré de cet événement était de solliciter des réponses concrètes de la part de la direction générale.
Au cœur des échanges, deux voix ont particulièrement marqué les esprits : celle du porte-parole du syndicat, Chrismyker Bourgouin, et celle du président du SDE/OAVCT, Alexis Bathol. Tous deux ont dressé un tableau préoccupant de la situation interne de l’Office d’Assurance Véhicules Contre Tiers (OAVCT).
Lors de son intervention, Chrismyker Bourgouin, porte-parole du SDE/OAVCT, a rappelé que le syndicat s’appuie sur les dispositions constitutionnelles relatives aux droits des travailleurs, notamment l’article 35. Il a souligné qu’il y a près d’un an, un document détaillé avait été remis à la direction générale, listant de nombreuses revendications jugées essentielles au bon fonctionnement de l’institution et au bien-être des employés.
Parmi les points soulevés figuraient :
Le renforcement des annexes régionales et des bureaux de province
L’amélioration des conditions matérielles de travail
La modernisation des services clés tels que la sécurité, les archives, l’intendance et la logistique
Le renforcement du service de constat, crucial pour la prise en charge rapide des assurés en cas d’accident
Selon le porte-parole, aucune réponse satisfaisante n’a été apportée à ces demandes. Il a également dénoncé l’état du dossier de l’assurance santé des employés, affirmant que des prélèvements mensuels sont effectués sur les salaires sans que les travailleurs ne bénéficient réellement des prestations attendues.
Le SDE/OAVCT dénonce aussi des irrégularités dans le système de promotion, que Chrismyker Bourgouin qualifie de pratiques marquées par le favoritisme. Le syndicat réclame l’établissement de critères clairs et équitables, notamment pour les employés comptant 5, 10, 20 voire 25 années de service, mais qui n’ont toujours pas bénéficié d’avancement.
Autre point sensible : la situation des employés ayant 25, 30 ou 40 ans de service, dont certains dossiers de régularisation ou de liquidation restent, selon le syndicat, sans suite.
Le porte-parole a également insisté sur les écarts de traitement salarial entre employés occupant des fonctions similaires, appelant à un alignement des salaires basé sur les compétences et les responsabilités, et non sur des considérations arbitraires.
Dans une interpellation directe, Chrismyker Bourgouin s’est adressé au directeur général, Pierre-Jean Raymond André, rappelant que ce dernier avait évoqué des ajustements qui se feraient “graduellement”. Un terme qui, selon le syndicat, suscite aujourd’hui impatience et frustration chez les employés.
« Les travailleurs attendent des actes concrets. Cela fait près d’un an que le mot “graduellement” est évoqué, sans changement tangible dans leurs conditions », a-t-il fait comprendre, appelant la direction à transformer cette promesse en mesures réelles et rapides.
Le syndicat a également évoqué des cas d’abus administratifs et même physiques contre des employés, affirmant compiler des dossiers en vue de suites légales.
De son côté, Alexis Bathol, président du SDE/OAVCT, a élargi le débat à la mission même de l’institution. Il a insisté sur la nécessité de rendre le service de constat pleinement opérationnel sur tout le territoire, afin d’éviter que les assurés victimes d’accidents ne soient contraints de payer de leur poche pour obtenir un constat.
Selon lui, cette situation pénalise à la fois les employés et les clients, et va à l’encontre du rôle fondamental de l’OAVCT : garantir un accompagnement adéquat aux assurés en cas de sinistre.
Le président du syndicat a également évoqué des enquêtes internes en cours sur des cas d’ingérence et de dysfonctionnements administratifs. Il promet que la presse sera prochainement invitée à nouveau pour la présentation d’un rapport détaillé.
En conclusion, les deux dirigeants syndicaux ont lancé un appel à la solidarité entre employés et à l’unité au sein de l’institution. Le SDE/OAVCT affirme vouloir privilégier les voies légales et le dialogue, tout en se réservant le droit d’intensifier ses actions si aucune avancée concrète n’est observée.
Le message du syndicat est clair : la situation des employés de l’OAVCT n’est plus seulement une affaire interne, mais une question d’intérêt public touchant la qualité des services offerts aux assurés haïtiens.
La rédaction.


