Le RHAJAC appelle à une réforme après avoir recensé plusieurs dossiers de corruption au point mort

Le RHAJAC affirme que plusieurs dossiers de corruption restent sans jugement en Haïti et appelle à une réforme pour lutter contre l’impunité.
Dans son rapport annuel publié le 17 juillet 2026, couvrant la période du 1er janvier 2025 au 31 juillet 2026, le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) dresse un constat préoccupant sur le fonctionnement de la justice haïtienne. L’organisation affirme que plusieurs dossiers de corruption demeurent sans issue judiciaire, malgré des enquêtes, des rapports officiels et des avis de recherche émis par les autorités compétentes.
Selon le rapport, des affaires impliquant d’anciens hauts responsables de l’État restent bloquées malgré les investigations de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) et de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).
Le RHAJAC cite notamment le dossier de la Banque Nationale de Crédit (BNC), dans lequel les anciens conseillers-présidents Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire et Louis Gérald Gilles sont visés par des présomptions de corruption liées à une demande présumée de 100 millions de gourdes. Bien que des mandats de comparution aient été émis en décembre 2024, aucune décision judiciaire sur le fond n’aurait été rendue à la date de clôture du rapport.
Le rapport revient également sur les avis de recherche visant l’ancien Protecteur du citoyen Renan Hédouville, soupçonné de détournement présumé de plus de 16 millions de gourdes à l’Office de la Protection du Citoyen (OPC). Le RHAJAC affirme qu’aucune arrestation, inculpation ou ouverture d’information judiciaire n’a suivi.
L’organisation évoque aussi les dossiers concernant Jean Ronald Joseph, ancien directeur général du FNE, ainsi que ceux de Jemley Marc Jean-Baptiste, Phanese Laguerre, Magalie Habitant et Elionor Devallon, pour lesquels elle dénonce la lenteur des procédures et l’absence de jugement définitif.
Le Réseau cite en outre les cas de Nenel Cassy et Alfredo Antoine, estimant que leur remise en liberté sans jugement sur le fond illustre une rupture dans la chaîne pénale et soulève des interrogations sur l’application du principe d’égalité devant la loi.
Au-delà des dossiers de corruption, le RHAJAC attire également l’attention sur les enquêtes liées au financement présumé des groupes armés et au narcotrafic. L’organisation rappelle notamment les déclarations du président colombien Gustavo Petro, selon lesquelles Haïti servirait de zone de transit de cocaïne vers les États-Unis.
Le rapport estime que l’absence de réponse judiciaire ou institutionnelle à ces allégations renforce les inquiétudes concernant la capacité des institutions à lutter efficacement contre la criminalité organisée.
Par ailleurs, le Réseau souligne que plusieurs affaires ouvertes en 2025 demeurent au stade de la détention préventive, sans décision définitive, une situation qui, selon lui, risque de fragiliser la crédibilité du système judiciaire.
Face à ce constat, le RHAJAC recommande au ministère public de publier régulièrement l’état d’avancement des dossiers sensibles, de respecter les délais judiciaires, d’assurer une plus grande transparence des procédures et de relancer les poursuites dans les affaires de corruption.
L’organisation propose également une réforme législative permettant à l’ULCC de saisir directement un juge d’instruction lorsque le Parquet demeure inactif.
Pour le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption, la lutte contre la corruption ne pourra produire des résultats durables que si les enquêtes, les avis de recherche et les arrestations aboutissent à des procès équitables et à des décisions de justice rendues dans un délai raisonnable. Le rapport conclut qu’une justice indépendante, transparente et appliquée de manière égale à tous demeure une condition essentielle pour restaurer la confiance des citoyens dans les institutions de la République.


