Le Groupe Alternatif pour un Nouvel Haïti rejette l’option d’un gouvernement bicéphale et exhorte le Premier ministre à ne conclure aucun accord avec des partis politiques

Le Groupe Alternatif pour un Nouvel Haïti rejette l’option d’un gouvernement bicéphale et exhorte le Premier ministre à ne conclure aucun accord avec des partis politiques
Delmas, le mercredi 18 février 2026.- Le Groupe Alternatif pour un Nouvel Haïti a tenu, ce mercredi à Delmas, une conférence de presse au cours de laquelle son coordonnateur général, Monsieur Beev Chery, a rendu publique une déclaration officielle sur la conjoncture nationale. À ses côtés, le secrétaire général, Cambel Pierre, a répondu aux questions des journalistes et détaillé la position de la structure sur les enjeux politiques et institutionnels du moment.
La rencontre s’est articulée autour de plusieurs objectifs majeurs : réaffirmer le soutien au Premier ministre Alix Didier Fils Aimé, l’exhorter à ne conclure aucun accord politique susceptible de compromettre la transition, rejeter catégoriquement l’idée d’un gouvernement bicéphale, prioriser la lutte contre l’insécurité et organiser, dans les meilleurs délais, des élections crédibles et inclusives.
Dans sa déclaration liminaire, le coordonnateur général a rappelé que, depuis le 7 février, « le peuple haïtien a exprimé un choix clair ». Selon lui, les mobilisations populaires ont consacré une orientation précise : confier au chef du gouvernement la responsabilité de conduire le pays vers le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections générales.
Intervenant pour répondre aux médias, le secrétaire général Cambel Pierre a insisté sur l’ampleur de la crise humanitaire et sécuritaire. Il a évoqué près d’un million de déplacés internes et plusieurs millions de compatriotes vivant à l’étranger, dont beaucoup souhaiteraient retourner au pays si les conditions de sécurité étaient réunies.
« Le Premier ministre a un seul mandat : rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire, reconnecter les zones isolées, permettre la libre circulation des biens et des personnes et créer les conditions du retour des déplacés », a-t-il martelé.
Le responsable a également dénoncé les difficultés d’approvisionnement des marchés, les entraves à la production agricole et la flambée des prix, qu’il attribue en grande partie à l’insécurité persistante dans les axes stratégiques et les zones de production.
Le Groupe Alternatif pour un Nouvel Haïti s’est montré ferme sur la question institutionnelle. Pour ses dirigeants, la Constitution ne prévoit pas de formule de gouvernance bicéphale en dehors du cadre clairement établi par le texte fondamental.
Cambel Pierre a rappelé que la continuité de l’État impose au Premier ministre d’assumer pleinement ses prérogatives, notamment celle d’organiser des élections en vue de doter le pays d’un président élu, légitime et reconnu.
« Nous ne sommes pas dans une logique de partage politique ni dans des négociations d’accords parallèles. La seule voie de sortie durable, c’est l’élection », a-t-il déclaré, appelant les partis politiques à se préparer à la compétition électorale plutôt qu’à rechercher des arrangements transitoires.
Les responsables ont également évoqué le rôle de la communauté internationale, tout en rejetant toute idée d’ingérence ou de mise sous tutelle. Ils ont souligné que la solution doit demeurer haïtienne, portée par des institutions nationales renforcées.
Le message adressé au chef du gouvernement se veut sans ambiguïté : assumer la responsabilité historique de restaurer l’autorité de l’État, démanteler les foyers d’insécurité, rouvrir les axes routiers stratégiques et créer les conditions matérielles et sécuritaires permettant la tenue d’élections libres, honnêtes et transparentes.
En clôture, le Groupe Alternatif pour un Nouvel Haïti a réaffirmé sa conviction que la stabilité politique passe par la légitimité issue des urnes. Pour ses dirigeants, seule une consultation populaire crédible permettra de sortir durablement de l’impasse institutionnelle et de relancer l’économie.
Le mot d’ordre lancé à Delmas résume l’état d’esprit affiché lors de cette conférence : remettre le pays sur pied, restaurer l’ordre républicain et conduire la nation vers des élections capables de refonder la confiance entre l’État et les citoyens.
Rédaction Réalité Info

