RNDDH dénonce des pressions et soulève des interrogations autour d’un contrat public de 84 millions de dollars

RNDDH dénonce des pressions et soulève des interrogations autour d’un contrat public de 84 millions de dollars
Port-au-Prince, le mardi 27 janvier 2026.- Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, a affirmé lors d’une interview accordée à notre rédaction faire face à des actes de persécution qu’il attribue à ses prises de position publiques contre la corruption et l’impunité au sein de l’État.
Selon ses déclarations, des ministres et des personnalités occupant des postes stratégiques au sein de l’administration publique seraient impliqués dans des actions visant à l’intimider en raison de ses dénonciations. Pierre Espérance soutient que toute personne qui s’attaquerait à lui en raison de son travail s’exposerait, tôt ou tard, à des conséquences.
Le responsable de la RNDDH affirme que l’une des principales sources de ces pressions serait liée à la dénonciation d’un présumé cas de corruption et de détournement de fonds publics. Il s’agit d’un contrat de 84 millions de dollars américains attribué à une firme pour la construction de trois prisons. D’après lui, cette entreprise aurait été créée en avril 2025 et aurait obtenu, en juin 2026, un contrat signé par l’actuel ministre de la Justice, Patrick Pélissier, pour la réalisation de ces infrastructures sur une période de onze mois.
Toujours selon Pierre Espérance, deux des prisons seraient prévues dans la commune de la Croix-des-Bouquets et une autre à Source Matelas, des zones réputées à haut risque sécuritaire et largement sous le contrôle du groupe armé 400 Mawozo. Il s’interroge sur la faisabilité d’un tel projet dans des territoires où, selon lui, les autorités elles-mêmes peinent à se rendre.
Le directeur exécutif de la RNDDH affirme également que, depuis ses dénonciations, il serait devenu la cible d’hostilités de la part de plusieurs hauts responsables, dont l’ancien secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, ainsi que d’autres figures du secteur judiciaire. Il évoque notamment des tentatives de discrédit à travers l’organisation et le financement présumés de pétitions dirigées contre sa personne.
Ces déclarations relancent le débat sur la transparence dans la gestion des fonds publics, la sécurité des projets d’infrastructures en zones sensibles et la protection des défenseurs des droits humains en Haïti. À ce stade, aucune réaction officielle des autorités concernées n’a été enregistrée.
La rédaction.


