Grève dans l’administration publique : la CSAPN maintient ses revendications et dénonce les prélèvements salariaux de 15 %

Au terme de trois journées de grève, la Confédération des syndicats de l’administration publique nationale (CSAPN) réaffirme ses revendications salariales et dénonce plusieurs mesures gouvernementales qu’elle juge préjudiciables aux fonctionnaires. Lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi 21 octobre 2026 au ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), ses représentants ont notamment réclamé l’abrogation d’une disposition prévoyant un prélèvement de 15 % sur les rémunérations brutes, le versement du quatorzième mois et un ajustement salarial.
Port-au-Prince, 21 octobre 2026.- La Confédération des syndicats de l’administration publique nationale (CSAPN) entend maintenir la pression sur les autorités haïtiennes. Après trois journées de grève, l’organisation syndicale a présenté, ce mercredi, un bilan de son mouvement et réitéré ses principales revendications, notamment en matière de rémunération et de protection sociale des employés de l’État.
Réunis au ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), à l’avenue Charles Summer, plusieurs représentants syndicaux ont dénoncé les conditions de travail dans l’administration publique et appelé le gouvernement à apporter des réponses concrètes à leurs demandes.
Vergaire Espady, intervenant au nom de la confédération, a salué la participation des employés des différents services publics, en particulier ceux du MAST, ainsi que la mobilisation des travailleurs dans les différentes régions du pays. Il a également exprimé le souhait de voir se renforcer les relations entre les syndicats de l’administration publique et ceux du secteur privé.
La CSAPN articule son mouvement autour de quatre principales revendications. Elle réclame notamment l’abrogation de la disposition prévoyant un prélèvement de 15 % sur les rémunérations brutes des employés concernés, le versement du quatorzième mois, un ajustement salarial et une augmentation des salaires.
Sur le premier point, Vergaire Espady a vivement critiqué l’application de l’article 3 du décret du 6 juin, relatif au budget de la République. Selon lui, cette disposition porte atteinte aux revenus des fonctionnaires et doit être abrogée par les autorités compétentes.
Le responsable syndical a également contesté les explications avancées par le secrétaire d’État à la communication concernant les mécanismes de compensation et de réajustement salarial. Il estime que ces arguments détournent l’attention de la revendication centrale des syndicats.
La confédération affirme avoir déjà exprimé son désaccord auprès des autorités. D’après les déclarations de son représentant, elle avait adressé une correspondance au gouvernement le 25 juin, puis organisé plusieurs conférences de presse pour dénoncer les mesures contestées avant de préparer les trois journées de grève.
Le versement du quatorzième mois constitue une autre priorité de la CSAPN. Ses représentants estiment que cette revendication doit faire l’objet d’une réponse des autorités, alors que de nombreux employés publics font face à des difficultés économiques.
La confédération réclame également un ajustement salarial tenant compte de la situation des travailleurs les moins rémunérés. Vergaire Espady a évoqué les employés de soutien dont les revenus, selon les exemples avancés pendant son intervention, se situent à 15 000, 25 000 ou 40 000 gourdes.
Pour les responsables syndicaux, la hausse du coût de la vie et les difficultés socioéconomiques du pays rendent indispensable une révision des salaires. Ils appellent les autorités à tenir compte de la réalité quotidienne des fonctionnaires, particulièrement ceux qui disposent de revenus modestes.
De son côté, Junior Léo, représentant syndical du secteur de l’éducation nationale au sein de la confédération, a dénoncé les difficultés rencontrées par les employés publics en matière d’accès aux soins.
Il a notamment critiqué la situation des fonctionnaires qui, selon lui, subissent déjà des prélèvements liés aux dispositifs d’assurance sans bénéficier d’une couverture médicale suffisamment accessible ou adaptée à leurs besoins.
Le syndicaliste a évoqué les dépenses importantes que peuvent représenter les soins hospitaliers et les difficultés rencontrées par des employés lorsqu’ils doivent financer eux-mêmes leurs traitements.
Il a également dénoncé ce qu’il considère comme une contradiction entre les prélèvements effectués sur les revenus des fonctionnaires et le recours de certains d’entre eux à des assurances privées.
Junior Léo a appelé à un réexamen du système de couverture médicale des agents publics, en particulier ceux qui disposent de faibles revenus. Il a aussi exprimé des préoccupations concernant la gestion des contrats liés aux services d’assurance.
Duvert Jean-François a, pour sa part, dénoncé les pressions que subiraient des employés de l’administration publique, notamment ceux qui travaillent sous contrat.
Il a évoqué le cas de fonctionnaires qui, selon ses déclarations, exercent depuis plusieurs années sans bénéficier d’une situation professionnelle suffisamment stable. Le syndicaliste a également exprimé des inquiétudes concernant les menaces de révocation et les difficultés auxquelles certains employés seraient confrontés lorsqu’ils participent à des mobilisations syndicales.
Il a appelé à une réforme de la fonction publique et à une meilleure application des dispositions légales encadrant le statut des agents de l’État.
Au cours de son intervention, il a également critiqué les obstacles que rencontreraient les journalistes dans l’exercice de leur travail, notamment lorsqu’ils cherchent à accéder aux locaux du ministère de la Planification. Il a appelé les responsables concernés à garantir un meilleur accès à l’information.
Au terme de ces trois journées de grève, la CSAPN affirme vouloir poursuivre son combat pour la défense des intérêts des employés de l’administration publique nationale.
Ses représentants demandent aux autorités de se prononcer sur les quatre revendications soumises au gouvernement, tout en dénonçant les difficultés salariales, sociales et professionnelles auxquelles les travailleurs sont confrontés.
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