Sécurité/Insécurité

Force internationale en Haïti: Washington cherche l’aide du Brésil

Force internationale en Haïti: Washington cherche l'aide du Brésil

Plus de six mois après l’appel du Premier ministre haïtien relayé par l’ONU à envoyer une force internationale pour lutter contre les gangs, le monde cherche de nouvelles idées alors qu’aucun pays n’est volontaire pour prendre la tête d’une telle intervention.

Dernier effort en date, une haute responsable américaine a tenté de faire bouger les choses lors d’une visite au Brésil, pays qui siège en ce moment au Conseil de sécurité et qui avait commandé une précédente mission, sous le drapeau de l’ONU, en Haïti.

Le Brésil du président Lula « se sent concerné par Haïti », a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU Linda Thomas-Greenfield.

Les Brésiliens « veulent que quelque chose soit fait, et ils se sont engagés à travailler avec nous au Conseil de sécurité pour trouver une voie à suivre », a-t-elle déclaré à l’AFP dans l’avion la ramenant de Brasilia.

« Nous faisons des progrès, mais nous sommes tous frustrés de ne pas avoir été capables de faire des progrès plus rapidement », a-t-elle ajouté.

La crise sécuritaire, politique et humanitaire qui frappe Haïti s’est aggravée ces derniers mois, avec une propagation de la violence des gangs qui contrôlent une grande partie de la capitale.

Le pays est « suspendu au-dessus du précipice », a résumé cette semaine le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Volker Türk.

Les efforts diplomatiques, notamment de Washington, visaient d’abord à trouver un autre pays pour mener cette force non onusienne d’intervention et aider une police haïtienne dépassée.

Mais personne ne s’est porté volontaire, alors selon des diplomates, d’autres options sont sur la table, y compris une mission plus conventionnelle de maintien de la paix de l’ONU.

Le président américain Joe Biden a clairement indiqué qu’il ne mettrait pas des Américains en danger, même si son administration a promis son soutien si un autre pays prenait la tête d’une mission.

Et le Premier ministre canadien Justin Trudeau, vers qui tous les yeux étaient tournés, semble également juger l’opération trop risquée.

La nouvelle émissaire de l’ONU pour Haïti, Maria Isabel Salvador, espère toujours qu’un pays se proposera, ou un groupe de pays de la région, des Caraïbes ou d’Amérique Latine.

Mais il est aussi peut-être temps pour l’ONU d’être « novatrice » et de « trouver d’autres moyens de fournir cette force », a-t-elle déclaré il y a quelques jours.

« C’est simple, personne ne veut le faire. Il n’y a aucun pays aujourd’hui qui ressente une responsabilité ou une contrainte », a commenté Keith Mines, de l’Institut américain pour la paix.

Il y a certes eu certaines avancées politiques avec l’accord en décembre entre plusieurs représentants politiques, économiques et de la société civile pour un gouvernement de transition vers des élections d’ici fin 2023.

« Mais c’est le problème de la poule et de l’oeuf. Il est difficile de voir comment un processus politique pourrait avancer tant qu’il y a cet effondrement de la sécurité », a-t-il indiqué.

Et certains responsables américains sont pessimistes. « Il ne semble pas que ça puisse s’améliorer de sitôt », a estimé jeudi la directrice du renseignement américain, Avril Haines.

Le Premier ministre Ariel Henry, qui avait lancé l’appel à l’aide en octobre, fait face de son côté à des questions de légitimité alors qu’il a été nommé seulement 48 heures avant l’assassinat du dernier président Jovenel Moïse en juillet 2021 et qu’aucune élection n’a été organisée depuis 2016.

Dans une lettre ouverte, des groupes de la société civile haïtienne s’étaient d’ailleurs opposés à une force internationale, qui « perpétuerait et renforcerait la main d’Henry sur le pouvoir et ferait peu pour améliorer les racines de la crise ».

Certains craignent l’opposition de la population à une nouvelle intervention, alors que lors d’une précédente mission, des Casques bleus de l’ONU ont apporté le choléra, provoquant une épidémie qui a fait plus de 10.000 morts.

Mais ce discours de « catastrophes constantes » dans les opérations en Haïti est trompeur, rejette Keith Mines, estimant notamment que les troupes brésiliennes, canadiennes et chiliennes ont été efficaces sur le terrain.

« Il y a des outils qui ne vont pas être utilisés alors qu’une nation comme Haïti s’effondre », déplore-t-il.

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