Exécutions de civils par des policiers : cinq morts en six semaines, dont deux mineures selon le RNDDH

Exécutions de civils par des policiers : cinq morts en six semaines, dont deux mineures selon le RNDDH
Port-au-Prince, 20 février 2026.- Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) tire la sonnette d’alarme et interpelle frontalement l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Dans une correspondance officielle adressée à l’Inspecteur général en chef, Frederic LECONTE, l’organisation de défense des droits humains réclame des sanctions immédiates contre des agents impliqués dans des cas de bastonnade et d’exécutions sommaires.
Dans un document daté du 19 février 2026, dont copie a été acheminée aux autorités concernées, le RNDDH évoque une série d’incidents survenus entre le 21 décembre 2025 et le 4 février 2026. En moins de deux mois, cinq personnes, dont deux mineures âgées de sept et quatorze ans, ont été tuées par des policiers dans des circonstances qualifiées « d’inacceptables » par l’organisation.
Selon les faits reconstitués, plusieurs drames seraient nés de situations banales : une altercation à une barrière, un différend lié à un fil électrique endommagé, une panne de courant lors d’une fête familiale ou encore un accrochage routier impliquant une motocyclette.
Le RNDDH dénonce une « facilité déconcertante » avec laquelle certains agents auraient fait usage de leurs armes à feu dans des conflits où ils étaient personnellement impliqués.
Ephésien Poux, 33 ans, mortellement atteint par balle le 21 décembre 2025 à Nazon après qu’un policier eut ouvert le feu sans sommation suffisante, selon les proches.
Fédorard Anne Elisabeth Vite, 14 ans, tuée d’une balle au thorax le 11 janvier 2026 à Delmas 95, alors qu’elle dénonçait des violences infligées à sa mère.
Elisa Yamiley Colin, 7 ans, atteinte mortellement le 4 février 2026 à Delmas 48 lors de tirs visant un motocycliste.
Deux autres victimes exécutées à Delmas 40 A dans un différend lié à des dommages matériels.
Dans plusieurs cas, les policiers mis en cause se seraient rendus aux autorités après les faits et auraient été entendus par l’Inspection Générale. Toutefois, aucune communication publique n’a, à ce jour, confirmé des mesures disciplinaires ou judiciaires fermes.
Dans sa lettre, le RNDDH rappelle que l’article 7.1 de la loi du 29 novembre 1994 portant création et organisation de la PNH stipule que les agents doivent « assurer la protection et le respect des libertés des personnes, des vies et des biens ».
« Les policiers ne sont pas investis d’un mandat pour bastonner, blesser ou exécuter des membres de la population », insiste l’organisation.
Les signataires du document, Rosy Auguste Ducena et Pierre Esperance, exigent que les résultats des enquêtes en cours soient transmis à la Direction Générale de la PNH en vue de l’éviction des agents concernés et que leurs dossiers soient transférés devant les juridictions répressives compétentes.
Ces nouvelles accusations surviennent dans un contexte sécuritaire déjà fragile, où la population réclame davantage de professionnalisme et de retenue de la part des forces de l’ordre.
Pour le RNDDH, l’enjeu dépasse les cas individuels : il s’agit d’envoyer « un signal clair » au sein de l’institution policière que les exécutions sommaires et violences arbitraires ne seront pas tolérées.
À présent, tous les regards sont tournés vers l’Inspection Générale de la PNH. Sa réponse et les suites judiciaires éventuelles détermineront si l’État entend réellement rompre avec l’impunité dénoncée par les défenseurs des droits humains, ou laisser s’installer une dérive aux conséquences déjà tragiques.
Rédaction Réalité Info


