Crise ouvrière : les syndicats mettent le gouvernement sous pression avec une nouvelle mobilisation
Les syndicats ont annoncé une nouvelle mobilisation des travailleurs en Haïti les 29, 30 avril et 1er mai pour revendiquer une revalorisation du salaire minimum.

Delmas, 27 avril 2026 .- La crise sociale se renforce dans le secteur industriel en Haïti. Suite à plusieurs semaines de mobilisation dans diverses régions du pays, plusieurs organisations syndicales annoncent un nouvel appel à la mobilisation des travailleurs afin d’inciter le gouvernement à répondre aux revendications concernant le salaire minimum, le coût de la vie et les conditions de travail dans les usines.
D’après Télémaque Pierre, porte-parole syndical, les travailleurs considèrent que les autorités n’ont jusqu’à présent fourni aucune réponse tangible, en dépit de la multiplication des manifestations. Il reproche à l’État de rester inactif alors que la situation économique des ouvriers ne cesse de se dégrader.

Dans le contexte des tensions actuelles, les syndicats soulignent également la situation préoccupante de plusieurs employés de Codevi, situés dans le Nord-Est du pays. Selon les déclarations des représentants syndicaux, plusieurs travailleurs, ainsi que certains de leurs délégués, auraient été mis en disponibilité ou licenciés à la suite de leur participation aux mouvements de revendication.
Pour les organisations syndicales, ces décisions constituent une tentative de fragiliser le mouvement à un moment où la contestation s’intensifie dans plusieurs zones industrielles.
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Télémaque Pierre souligne que ces mesures sont perçues comme des sanctions à l’encontre des travailleurs qui revendiquent simplement une amélioration de leurs conditions de vie.
Les syndicats ont annoncé la tenue de trois journées de mobilisation, prévues les 29 et 30 avril ainsi que le 1er mai, afin d’intensifier la pression sur les autorités.
Le rassemblement débutera devant la SONAPI, située sur la route de l’aéroport à Trois Mains, à partir de 7 heures du matin, selon les organisateurs.
Le parcours établi doit ensuite se diriger vers l’autoroute de Delmas, avant d’arriver devant la résidence officielle du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, où les manifestants ont l’intention de présenter directement leurs revendications au chef du gouvernement.
Les syndicats demeurent fermement attachés à leur principale demande : l’instauration d’un salaire minimum de 3 000 gourdes par jour, qu’ils estiment nécessaire pour faire face à l’augmentation constante du coût de la vie.
Ils réclament également :
– la réintégration immédiate des travailleurs licenciés ;
– une réduction du prix du carburant ;
– la mise en place de mesures sociales d’accompagnement ;
– une protection renforcée des travailleurs dans les zones industrielles.
Selon les représentants syndicaux, une augmentation salariale isolée ne sera pas suffisante si des mesures adéquates ne sont pas mises en place pour compenser la dégradation du pouvoir d’achat.
En optant pour une marche vers la résidence officielle du Premier ministre, les syndicats positionnent désormais le gouvernement au cœur du conflit social.
Les organisateurs estiment que le gouvernement ne peut plus se contenter de surveiller la situation sans prendre d’initiatives concernant un enjeu qui impacte de nombreuses familles dépendantes du secteur industriel.
Cette nouvelle stratégie constitue un tournant dans le mouvement, qui ne s’attaque plus seulement aux entreprises privées, mais appelle également à une prise de responsabilité directe de l’État dans la gestion de la crise.
À l’approche de ces nouvelles mobilisations, la tension s’intensifie entre les travailleurs, les entreprises et les autorités publiques.
Les syndicats annoncent qu’ils ne mettront pas fin à leur mouvement tant qu’aucune décision officielle ne sera adoptée concernant le salaire minimum et les autres revendications sociales.


